« Mort au sionisme » : La police disperse une manifestation à Bâle 129 ans après le congrès de Herzl
Quelque 200 à 300 personnes ont participé au rassemblement interdit ; les autorités, qui avaient dénoncé des « appels explicites à la violence », ont bouclé les lieux, procédé à des contrôles d’identité et fait usage de spray au poivre.
Selon la RTS, la police suisse a dispersé ce samedi 29 août à Bâle une manifestation anti-sioniste organisée sous le slogan « Mort au sionisme », exactement 129 ans après l’ouverture du premier Congrès sioniste convoqué par Theodor Herzl.
Entre 200 et 300 personnes se sont retrouvées vers 14 heures sur la Theaterplatz, malgré l’interdiction du rassemblement par les autorités du canton de Bâle-Ville. Selon la RTS, les manifestants ont notamment scandé « Free Palestine » et brandi des pancartes portant l’inscription « End to Zionism ».
Un important dispositif policier avait été déployé, avec notamment un canon à eau et des renforts venus de cantons voisins. Les forces de l’ordre ont bouclé la place avant d’encercler progressivement les manifestants, de procéder à de nombreux contrôles d’identité, et de faire usage de spray au poivre.
Une manifestation repérée plusieurs jours auparavant
Les autorités avaient été alertées plusieurs jours avant la manifestation, après la diffusion sur les réseaux sociaux de visuels annonçant pour le 29 août un rassemblement à la Theaterplatz sous les mots d’ordre « Free Palestine » et « Death to Zionism ».
Le 24 août, le site d’information JNS rapportait que la police de Bâle examinait l’appel à manifester, alors que l’identité des organisateurs n’était pas encore connue. Aucune demande d’autorisation n’avait été déposée. Les manifestations dans l’espace public doivent faire l’objet d’une demande auprès des autorités, en principe au moins deux semaines à l’avance.
« C’est sérieux et les autorités sont en alerte », avait alors déclaré à JNS Jonathan Kreutner, secrétaire général de la Fédération suisse des communautés israélites.
Le Combat Antisemitism Movement (CAM) a ensuite identifié le collectif pro-palestinien « basel4palestine » comme étant à l’origine du rassemblement.
Les visuels diffusés pour promouvoir la manifestation représentaient notamment un char israélien surmonté d’un triangle rouge inversé. Ce symbole est notamment utilisé dans des vidéos de propagande du Hamas pour désigner des cibles attaquées.
La police invoque des « appels explicites à la violence »
Avant la date prévue du rassemblement, les autorités bâloises avaient annoncé qu’elles ne l’autoriseraient pas. Outre l’absence de demande de permis, elles estimaient que la manifestation, sous la forme annoncée, n’était « pas compatible avec les droits fondamentaux et ne peut donc pas être autorisée ».
La police avait souligné que les libertés d’expression et de réunion protégeaient également les prises de position politiques « tranchées et controversées », mais qu’elles trouvaient leur limite dans l’incitation à la violence.
« Au vu des appels explicites à la violence, la manifestation prévue ne peut pas être autorisée », avait-elle indiqué, ajoutant que « la communauté juive de Bâle doit pouvoir se sentir en sécurité à tout moment ».
Les organisateurs ont néanmoins maintenu leur appel à se rendre samedi à la Theaterplatz.
« À Bâle, j’ai fondé l’État juif »
Le choix de la date et de la ville était hautement symbolique.
Le 29 août 1897, Theodor Herzl ouvrait à Bâle le premier Congrès sioniste, réunissant des représentants du mouvement sioniste naissant. Le congrès adopta notamment le programme de Bâle, qui formulait l’objectif du mouvement sioniste, et posa les bases de l’Organisation sioniste, devenue par la suite l’Organisation sioniste mondiale.
Herzl écrivit après le congrès dans son journal : « À Bâle, j’ai fondé l’État juif. »
Cent vingt-neuf ans jour pour jour après son ouverture, c’est donc dans cette même ville que les organisateurs de la manifestation ont choisi d’appeler à la « mort » et à la « destruction » du sionisme.