Mort de Quentin à Lyon, antisémitisme : LFI sous un tir croisé de critiques

L'étudiant de 23 ans a succombé à ses blessures survenues en marge d'une conférence de Rima Hassan ; le président Macron a dénoncé les 'expressions antisémites' d'un parti qu'il classe 'à l'extrême gauche'

À Montpellier, dans le sud de la France, le 15 février 2026, un manifestant brandit une pancarte « Justice pour Quentin » lors d'un rassemblement organisé après le passage à tabac mortel de Quentin, un jeune homme de 23 ans, à Lyon. (Crédit : SYLVAIN THOMAS / AFP)

La pression s’accentuait dimanche sur La France insoumise, accusée d’avoir nourri la « violence politique » à l’origine de la mort de Quentin à Lyon et ciblée par Emmanuel Macron lors d’une interview accordée à Radio J – le président ayant dénoncé les « expressions antisémites » d’un parti qu’il classe « à l’extrême gauche ».

La sentence est venue du ministre de la Justice en personne : « C’est manifestement l’ultragauche qui a tué » le jeune Quentin, a déclaré Gérald Darmanin dimanche au Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6.

Le Garde des sceaux a dans la foulée pointé « une complaisance de La France insoumise (…) pour la violence politique », et estimé que « des discours politiques, notamment ceux de LFI, mènent malheureusement (…) à une violence extrême, sur les réseaux sociaux et dans le monde physique ».

Auparavant, d’autres responsables politiques dont Marine Le Pen, Bruno Retailleau, ou Gabriel Attal, avaient fait le lien entre l’extrême gauche et le décès du jeune Quentin.

Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant de 23 ans était selon le collectif identitaire Némésis chargé d’assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes, venues manifester contre une conférence de l’eurodéputée très controversée LFI Rima Hassan.

La présence de membres du groupe antifasciste la Jeune Garde – fondé par le député LFI tout aussi controversé Raphaël Arnault – parmi ses agresseurs a été pointé dans les rangs de l’extrême droite sans que le parquet n’ait – à ce stade – établi pour sa part un tel lien.

« La France insoumise crée le terreau fertile pour cette ultra-violence », a estimé le secrétaire général des Républicains, Othman Nasrou, sur franceinfo.

Au contraire, « la France insoumise ne porte aucune responsabilité » dans ce drame, a assuré M. Bompard sur LCI, certifiant que les membres du service d’ordre présents avec Mme Hassan « n’ont eu aucun contact avec aucun des groupes qui se trouvaient à l’extérieur ».

« Nous ne sommes pas impliqués, ni de près ni de loin avec ce qui s’est passé », a estimé son collègue Eric Coquerel sur Cnews et Europe 1.

Le député LFI de Seine-Saint-Denis a même affirmé que « la Jeune Garde n’est pas le groupe qui a agi », puisque ce groupement a été dissous par le gouvernement en juin 2025 – cette décision fait toutefois l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat.

Sur la défensive, les Insoumis doivent en outre se défendre face aux critiques venues du sommet de l’Etat. Dans un entretien à Radio J diffusé dimanche matin, M. Macron a en effet rappelé qu' »il n’y a pas tellement de mystère pour dire qu’ils sont à l’extrême gauche ».

Manière d’avaliser le nouveau classement des partis politiques, établi début février par le ministère de l’Intérieur en vue des élections municipales de mars – et que les Insoumis entendent aussi contester devant le Conseil d’Etat.

M. Bompard a répliqué qu’il ne revenait « pas au président de la République de classer ses opposants politiques », et accusé l’exécutif « d’utiliser ces étiquettes comme un moyen de stigmatisation ».

Mais le chef de l’Etat a surtout relancé l’accusation récurrente d’antisémitisme contre LFI dans le contexte des vingt ans de l’assassinat d’Ilan Halimi, commémoré vendredi à l’Élysée.

Sur ce sujet, les Insoumis « contreviennent à des principes fondamentaux de la République » et il y a « clairement des expressions antisémites qui émergent » dans leurs rangs, a souligné M. Macron.

Une attaque « inqualifiable » pour M. Coquerel qui « regrette vivement » que l’Elysée « utilise cet épouvantail pour nous diaboliser définitivement ».

« Aucun militant de La France insoumise n’a jamais été condamné pour antisémitisme, aucun d’entre eux n’a jamais eu d’expressions antisémites », a de son côté répliqué M. Bompard, répétant un argument très répandu parmi les partisans de LFI.

Interrogé sur la volonté du chef de l’Etat d’instaurer une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables « d’actes et propos antisémites, racistes et discriminatoires », M. Bompard a assuré que les députés LFI pourraient voter une telle loi.

« Plutôt oui », a-t-il répondu, assurant que les Insoumis ne se considèrent « évidemment pas ciblés par cette possibilité, parce que les programmes (et) les propositions politiques que l’on porte sont à l’exact opposé de toute forme de racisme ou de discrimination »…

Or, le parti de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon est – largement – accusé de flirter avec l’antisémitisme, surtout depuis le pogrom du 7-Octobre en Israël mené par des terroristes palestiniens que le parti refuse de classer comme tels.

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