Mort d’un nourrisson palestinien à Hébron : une ONG contredit la version de l’armée

Selon B’Tselem, ces images contredisent la déclaration initiale de Tsahal selon laquelle le soldat aurait cru que le véhicule accélérait vers les troupes, qui feraient l’objet d’une enquête de la police militaire pour avoir quitté les lieux

Une vidéo qui montrerait le moment où un soldat aurait ouvert le feu sur une voiture dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, tuant Sam Abu Haikal, âgé de 7 mois, le 5 juin 2026. (Crédit : Capture d'écran X/B'Tselem)

L’organisation israélienne de gauche B’Tselem a publié mardi une courte vidéo qui montrerait le moment, le 5 juin, où un soldat israélien a tiré sur une voiture circulant dans le quartier de Tel Rumeida, à Hébron, tuant Sam Abu Haikal, âgé de 7 mois, qui se trouvait dans le véhicule avec ses parents.

Dans la vidéo, on voit deux soldats se tenir à quelques mètres du véhicule, alors qu’il ralentit puis s’arrête tout près d’eux. On voit ensuite les soldats s’éloigner des lieux. La vidéo est muette et il est difficile de déterminer précisément à quel moment le soldat a tiré sur la voiture.

Une autre séquence filmée après la fusillade montre la famille sortant le nourrisson blessé du véhicule, une fois les soldats vraisemblablement repartis.

Vendredi, l’armée israélienne a « exprimé sa profonde tristesse pour tout préjudice causé à des personnes non impliquées ».

Selon le communiqué initial de Tsahal, un soldat aurait ouvert le feu sur une voiture après l’avoir perçue comme accélérant en direction des troupes.

« Les images montrent clairement que les tirs du soldat sur la voiture ont eu lieu alors que le conducteur ralentissait et s’apprêtait à s’arrêter, à une distance des soldats qui ne représentait aucun danger pour eux », a écrit l’organisation sur le réseau social X.

ATTENTION : IMAGES CHOQUANTES


Dimanche, la police militaire a ouvert une enquête sur le soldat qui a ouvert le feu sur le véhicule. À l’issue de l’enquête, les conclusions seront transmises au bureau du procureur général militaire en vue d’une éventuelle mise en accusation.

Selon le site d’information Ynet, la police militaire cherche à déterminer si les soldats ont quitté les lieux après les tirs sans porter secours à la famille ni appeler des renforts médicaux.

Fahd Abou Haikal, 41 ans, montrant une photo de son fils Sam, âgé de 7 mois et tué, dans un hôpital de Hébron le 6 juin 2026, au lendemain de la mort par balle du petit garçon dans cette ville du sud de la Cisjordanie. L’armée israélienne a exprimé sa « profonde tristesse » face à cette tragédie. (Crédit : Mahmoud Illean/AP Photo)

Lors des funérailles de Sam, samedi, Fahd Abu Haikal a déclaré rejeter les affirmations selon lesquelles les tirs étaient une erreur.

« Quand on tire plus d’une balle, quand il n’y a ni tir d’avertissement ni avertissement du tout, ça ne peut pas être une erreur », a-t-il affirmé.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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