MSF dit refuser de communiquer les noms de ses employés à la « puissance occupante »

Israël a demandé à Médecins Sans Frontières de quitter Gaza d'ici fin février après avoir refusé de lui transmettre la liste de ses collaborateurs palestiniens pour des raisons de sécurité

Un Palestinien marche avec ses béquilles, le soir du réveillon du Nouvel An, vers la clinique de Médecins Sans Frontières (MSF) dans le quartier d'al-Rimal de Gaza-City, le 31 décembre 2025. (Crédit : Omar AL-QATTAA / AFP)

À Gaza, Médecins Sans Frontières (MSF) se retrouve au cœur d’une crise à la fois humanitaire et diplomatique. L’ONG française a été sommée par Israël, avec 36 autres organisations étrangères, de quitter le territoire d’ici début mars après avoir refusé de fournir la liste de ses employés palestiniens pour des raisons de sécurité.

Selon MSF, transmettre ces informations reviendrait à livrer à ce qu’elle appelle, lors d’une interview accordée à France info, la « puissance occupante » l’identité de citoyens vivant sur un territoire sous contrôle militaire, exposant, selon lui, collaborateurs et patients à des risques graves.

Israël reproche à MSF de ne pas être neutre, d’avoir utilisé le terme « génocide » pour Gaza et d’employer des collaborateurs supposément liés à des groupes armés. L’ONG dément ces accusations et assure ne jamais recruter intentionnellement de membres de groupes armés, ce qui mettrait en danger ses équipes et les patients qu’elle soigne.

La décision de MSF intervient dans un contexte sécuritaire tendu. En novembre dernier, une quinzaine de membres du Hamas ont surgi de tunnels à deux endroits distincts dans l’est de Rafah, une zone du sud de Gaza placée sous contrôle israélien. L’armée israélienne a frappé six d’entre eux, tandis que cinq ont été capturés et emmenés en Israël pour être interrogés par le Shin Bet. Tsahal a diffusé des images des frappes et des combattants capturés, et a indiqué poursuivre la surveillance de la zone pour localiser d’éventuels autres hommes armés. Ces incidents rappellent la volatilité de la situation et les risques auxquels les habitants et les équipes humanitaires sont confrontés.

MSF assure la prise en charge d’au moins 20 % des lits de la bande de Gaza et a réalisé plus de 800 000 consultations et 10 000 accouchements en 2025.

« Il n’est pas réaliste de partir d’ici deux mois sans provoquer des conséquences sanitaires graves », indique Claire Nicolet, coordinatrice urgence sur place. Les défis sont nombreux : impossibilité de faire entrer de nouveaux personnels internationaux, risques de pénuries et menace de fermeture des centres de santé.

Cette photographie montre le logo de MSF (Médecins sans frontières) lors de l’exposition de MSF « Nous avons fait ce que nous avons pu » dans le cadre de l’édition 2024 du « Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre », à Bayeux, dans le nord-ouest de la France, le 10 octobre 2024. (Photo de LOU BENOIST / AFP)

Pour l’avenir immédiat, MSF affirme qu’elle continuera de travailler « aussi longtemps que possible ».

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