Municipales à Paris : Rachida Dati met en cause Emmanuel Grégoire sur l’antisémitisme

À moins de deux mois du scrutin, la candidate LR critique le rapprochement du candidat de l'union de la gauche (hors LFI) avec certaines figures de gauche jugées ambiguës face à l’antisémitisme

Rachida Dati, ministre française de la Culture et candidate de la droite à la mairie de Paris, sur le plateau de Radio J (capture d’écran YouTube).

À cinquante jours du premier tour des municipales à Paris, la campagne s’envenime entre les deux favoris, Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, qui cherchent plus que jamais à imposer l’idée d’un duel pour succéder à Anne Hidalgo. Et tandis que les sondages les donnent au coude-à-coude pour le second tour, la candidate Les Républicains (LR) a choisi d’accentuer la pression en portant ses attaques sur un terrain explosif : celui de l’antisémitisme.

Invitée dimanche de Radio J, Rachida Dati a accusé frontalement son adversaire socialiste de s’être « allié avec les promoteurs de l’antisémitisme », visant notamment le ralliement à sa liste de Danielle Simonnet. L’ex-élue insoumise avait été soutenue en 2024 par le britannique Jeremy Corbyn, l’ancien chef du Labour, exclu de son parti pour sa gestion jugée ambiguë des accusations d’antisémitisme. « Elle-même et ses colistiers n’ont jamais été très clairs », a insisté la ministre de la Culture, estimant que cette alliance politique constitue « une faute morale et une faute pénale » de la part d’Emmanuel Grégoire.

Ces accusations s’inscrivent dans une séquence où la droite parisienne reproche à une partie de la gauche d’avoir « désinhibé » l’expression de la haine antijuive en France, en érigeant la cause palestinienne en étendard depuis l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023, et la riposte militaire d’Israël à Gaza. Pour Rachida Dati, certains discours tenus au sein de la gauche ont entretenu une rhétorique antisioniste qui franchit, selon elle, la ligne rouge. « Ce n’est pas un débat d’idées, (…) c’est un délit », a-t-elle martelé.

Ces mises en cause interviennent alors qu’Emmanuel Grégoire et Rachida Dati s’efforcent de marginaliser les autres candidats. Le socialiste avait lui-même déclenché une vive controverse à la mi-janvier en affirmant que sa rivale ambitionnait de faire de Paris un « labo facho », l’accusant de collusions avec la conseillère zemmouriste Sarah Knafo. Une charge à laquelle Rachida Dati répond désormais en déplaçant le débat vers un thème hautement sensible.

La ministre française de la Culture Rachida Dati sourit lors d’une audition sur le projet de loi de finances 2026, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 29 octobre 2025. (Crédit : Thibaud MORITZ / AFP)

La candidate LR voit dans le rapprochement entre socialistes et ex-insoumis l’illustration d’un schéma qu’elle juge récurrent : « La gauche s’est toujours alliée à l’extrême gauche. Ils l’ont fait en 2022, en 2024, et ils le feront en 2027. C’est dans leur ADN. » Une accusation destinée à fragiliser Emmanuel Grégoire sur un terrain où la droite estime avoir un avantage moral et politique.

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