Netanyahu annonce un méga-contrat gazier de 34,7 Mds de $ avec l’Égypte
L’accord, encouragé par les États-Unis, avait été gelé en octobre en raison d’inquiétudes de l’Énergie sur l’absence de garanties de prix équitables pour le marché israélien
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé mercredi soir avoir approuvé le plus grand accord énergétique de l’histoire d’Israël avec l’Égypte voisine, un projet qui devrait stimuler l’économie israélienne de plusieurs milliards de shekels dans les années à venir.
Dans une déclaration vidéo aux côtés du ministre de l’Énergie Eli Cohen, Netanyahu a indiqué que l’accord sur le gaz naturel conclu avec Le Caire s’élevait à 112 milliards de shekels, dont 58 milliards devraient alimenter les caisses publiques. Au cours des quatre premières années, a-t-il précisé, environ 500 millions de shekels seraient versés chaque année à l’État, un montant qui devrait atteindre 6 milliards de shekels par an d’ici 2033.
« L’accord a été conclu avec la société américaine Chevron, avec des partenaires israéliens qui fourniront du gaz à l’Égypte », a déclaré Netanyahu.
« Ces fonds permettront de renforcer l’éducation, la santé, les infrastructures, la sécurité et l’avenir des générations futures », a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait approuvé cet accord, bloqué depuis octobre, qu’après s’être assuré qu’il répondait aux besoins vitaux d’Israël, notamment en matière de sécurité.
« Cet accord renforce considérablement la position d’Israël en tant que superpuissance énergétique régionale et contribue à la stabilité de la région », a-t-il encore affirmé, ajoutant qu’il encouragerait d’autres pays à explorer le potentiel gazier dans les eaux israéliennes.
Netanyahu a souligné que les entreprises seraient tenues de vendre du gaz naturel aux consommateurs israéliens « à un bon prix ».
« Nous avons apporté une nouvelle cruche d’huile à la nation d’Israël », a déclaré Netanyahu, faisant allusion au miracle de Hanoukka, lorsqu’une cruche d’huile a brûlé pendant huit jours.
Présent à ses côtés, Cohen a qualifié l’accord de « moment historique pour Israël », soulignant qu’il s’agissait du plus important contrat d’exportation jamais conclu par le pays.
Le gaz naturel « est un atout stratégique » pour Israël, a-t-il insisté.
La société israélienne NewMed Energy avait annoncé en août la signature d’un accord de 35 milliards de dollars pour fournir du gaz naturel à l’Égypte. Cet accord, pourtant économiquement avantageux pour les deux parties, avait été bloqué après un premier refus de Cohen, en raison de l’absence de garanties concernant des « prix équitables » pour le marché israélien.
Cohen avait également exprimé des inquiétudes quant au risque que ces exportations n’épuisent les réserves nationales de gaz naturel et ne compromettent la sécurité énergétique d’Israël.
Les États-Unis auraient joué un rôle clé en exerçant des pressions sur Cohen et Netanyahu afin de les pousser à finaliser l’accord. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, avait annulé en octobre une visite de six jours en Israël après le refus initial de Cohen de signer le contrat.
Selon Axios, l’intérêt de Washington pour cet accord s’inscrit dans une volonté de favoriser un rapprochement entre Israël et l’Égypte à travers des intérêts économiques communs.
Les relations entre les deux pays se sont tendues ces deux dernières années à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. L’administration Trump chercherait à inverser cette dynamique, dans l’espoir de favoriser d’autres avancées diplomatiques entre Israël et ses voisins, a rapporté Axios.
Le média a également indiqué que le président américain Donald Trump souhaitait organiser un sommet entre Netanyahu et son homologue égyptien, le président Abdel-Fattah el-Sissi.
Afin d’inciter Sissi à participer à une telle rencontre, Axios a rapporté qu’Israël serait appelé à consentir une série de concessions, dont la signature d’un accord stratégique sur le gaz avec Le Caire.
Dans un communiqué publié mercredi soir, NewMed Energy a confirmé avoir reçu « l’autorisation d’exporter du gaz vers l’Égypte, ouvrant la voie à la conclusion d’un accord estimé à environ 35 milliards de dollars ».
« C’est un jour historique pour le secteur du gaz naturel, qui garantit la poursuite des investissements en Israël et assure une stabilité réglementaire pour les années à venir », a déclaré Yossi Abu, PDG de NewMed Energy.
Israël et l’Égypte sont devenus des exportateurs de gaz ces dernières années à la suite d’importantes découvertes offshore. Le gaz israélien représente environ 15 à 20 % de la consommation égyptienne, selon les données de la Joint Organisations Data Initiative.
Plus tôt cette année, le ministère des Finances avait averti qu’Israël pourrait faire face à une pénurie de gaz naturel au cours des 25 prochaines années, les besoins énergétiques nationaux augmentant plus rapidement que prévu tandis que les exportations restent soutenues. Une telle pénurie entraînerait une hausse des prix de l’électricité pour les consommateurs.
Le gaz naturel issu du gisement de Leviathan, l’un des plus importants gisements offshore en eaux profondes au monde, alimente le marché intérieur israélien depuis décembre 2019.
Les partenaires de Leviathan ont commencé à exporter du gaz vers l’Égypte en janvier 2020, après la signature d’un accord portant sur 60 milliards de mètres cubes, devant être livrés d’ici le début des années 2030.
En septembre 2025, Leviathan avait déjà fourni 23,5 milliards de mètres cubes de gaz au marché égyptien.
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