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Netanyahu assume une part de ses responsabilités dans le 7 octobre – une première

Le Premier ministre a été poussé à reconnaître le rôle qu'il a tenu dans le désastre au cours d'une interview - après avoir longtemps insisté sur le fait qu'il attendrait les conclusions d'une commission d'enquête qui sera formée après-guerre

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu interviewé dans l'émission en Prime-Time du Dr. Phil sur le média Merit Street, depuis Jérusalem, le 9 mai 2024. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu interviewé dans l'émission en Prime-Time du Dr. Phil sur le média Merit Street, depuis Jérusalem, le 9 mai 2024. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a semblé, pour la toute première fois, assumer une part de responsabilité concernant l’attaque qui a été commise par le Hamas, le 7 octobre – un assaut terroriste sanglant que son gouvernement avait été dans l’incapacité d’anticiper ou de prévenir – lors d’une émission avec le Docteur Phil, psychologue et animateur de télévision.

Netanyahu a été interrogé sur un éventuel manquement de sa part susceptible d’avoir ouvert la voie à l’attaque lors d’un entretien qu’il a accordé à une personnalité américaine du monde des médias, Phil McGraw, dans le cadre de l’émission « Dr. Phil Primetime » qui a été diffusée jeudi.

« Il y a certaines personnes, et notamment certains Israéliens, qui veulent une explication sur la manière dont le 7 octobre a pu arriver. Certains autres ont donné des explications. Des gens appartenant à l’armée, des gens qui appartiennent à la sphère politique. Est-ce qu’on leur doit des explications ? Avez-vous vous même expliqué aux gens quel est votre point de vue ? », a interrogé le Docteur Phil.

« Je pense que nous allons devoir donner une explication approfondie. Nous allons devoir examiner avec beaucoup de minutie, une fois que la guerre sera terminée, ce qui est arrivé très exactement, comment c’est arrivé, ce qui a permis que cela arrive. C’est quelque chose qu’il faut faire », a répondu Netanyahu.

« Mais je pense que pour le moment, notre objectif est de remporter la victoire », a-t-il ajouté.

Alors que son interlocuteur lui demandait s’il y avait eu des échecs militaires et politiques, Netanyahu a rétorqué : « Il y a eu des échecs ».

« Le premier devoir du gouvernement est de protéger la population. C’est l’ultime responsabilité du gouvernement. La population n’a pas été protégée. Nous devons l’admettre », a-t-il ajouté.

« Considérez-vous que vous-même n’avez pas été à la hauteur, que vous avez échoué, d’une façon ou d’une autre ? », a demandé son interlocuteur.

« Moi et tout le monde. Je pense que nous devons examiner comment tout cela est arrivé. Quel a été l’échec en matière de renseignement ? », a riposté Netanyahu, ce qui semble indiquer qu’il attribue en particulier la responsabilité du 7 octobre au chef des services d’espionnage.

« Nous pouvons nous plonger là-dedans. Mais je pense que l’important, aujourd’hui, est de nous assurer que nous ne connaîtrons pas un nouvel échec parce que le plus grand échec serait… si nous ne parvenions pas à terminer [la contre-attaque], si nous autorisions ces meurtriers à rester là et à prendre à nouveau le contrôle de Gaza… Je me focalise, pour le moment, sur la nécessité d’obtenir cette victoire », a-t-il continué.

Netanyahu est allé beaucoup plus loin dans cette émission qu’il avait pu le faire lorsque des journalistes lui avaient posé la même question.

Au mois de novembre, il avait dit à CNN : « Est-ce que les gens ont posé cette question à Franklin Roosevelt, après Pearl Harbor ? Est-ce que les gens ont posé cette question à George Bush après l’attaque surprise du 11 septembre ? »

Le kibboutz Reim détruit par les terroristes du Hamas, le 7 octobre. (Crédit : Facebook/ Our Kibbutz Re’im)

De hauts responsables de la Défense avaient choisi de s’exprimer dans le sillage de l’attaque commise par le Hamas, le 7 octobre – les terroristes avaient tué près de 1200 personnes sur le sol israélien et ils avaient kidnappé 252 personnes, prises en otage dans la bande de Gaza – en disant qu’ils assumaient la responsabilité du désastre. Le chef des renseignements militaires a été l’officiel de plus haut-rang a démissionner, le mois dernier, une initiative qui devrait ultérieurement être suivie par d’autres responsables de la sécurité.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant a aussi reconnu qu’il avait manqué à son devoir. Il a été l’un des rares politiques à le faire depuis le 7 octobre, Netanyahu insistant sur le fait qu’il fallait attendre les conclusions d’une commission d’enquête qui déterminera le degré de culpabilité du gouvernement – une commission qui, a-t-il répété, ne pourra pas être formée tant que la guerre sera encore en cours.

Un positionnement qui lui a valu les critiques des députés de l’opposition, des membres de la formation HaMahane HaMamlahti – la faction a rejoint la coalition en urgence après l’attaque du Hamas – et des personnalités des médias. L’un des slogans qui interpellent directement Netanyahu lors des mouvements de protestation des opposants au gouvernement est : « Vous êtes aux commandes. Vous êtes coupable ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle au Docteur Phil dans une émission diffusée le 10 mai 2024. (Capture d’écran/YouTube)

Le Premier ministre a aussi été interrogé, jeudi, sur les dernières tensions dans sa relation avec le président américain Joe Biden qui a menacé, mercredi, de suspendre des livraisons d’armes à Israël au moment où l’État juif lance une opération majeure à Rafah, un raid annoncé depuis longtemps et auquel la Maison Blanche s’est opposée avec ferveur.

« Je connais Joe Biden depuis de nombreuses années – depuis 40 ans et plus. Nous avons souvent été d’accord mais nous avons aussi eu des désaccords. Nous avons pu les dépasser. J’espère que nous pourrons les dépasser encore maintenant », a dit Netanyahu.

« Nous ferons ce que nous devons faire pour protéger notre pays, et cela signifie aussi protéger notre avenir. Et cela signifie que nous vaincrons le Hamas, notamment à Rafah. Nous n’avons pas d’autre choix », a-t-il dit.

Jeudi soir, le cabinet de sécurité aurait approuvé l’expansion des opérations de l’armée israélienne à Rafah. La presse israélienne a évoqué un élargissement « mesuré » de l’offensive – ce qui pose toutefois un risque de collision avec l’administration Biden.

Des manifestants se prennent par le bras après avoir battu en retraite, quittant le camp qu’ils avaient dressé sur le campus de l’université de l’Arizona sous la pression des policiers, le 10 mai 2024. (Crédit : Kelly Presnell/Arizona Daily Star via AP)

Lançant une pique apparente à Biden et à d’autres, Netanyahu a dit au Docteur Phil que certains leaders mondiaux lui avaient confié, en privé, que le Hamas devait être détruit mais « lorsqu’ils font face à toute cette propagande, à toute cette folie sur les campus… ils commencent à craquer, c’est le cas de certains. Mais je ne craquerai pas. Nous ferons ce que nous avons à faire pour nous protéger ».

Alors qu’il était interrogé sur les manifestations anti-israéliennes qui balaient les universités américaines, Netanyahu a déclaré que l’objectif poursuivi par le Hamas, qui est de détruire Israël, « n’est pas de la résistance ».

« Vous avez beaucoup d’ignorants – et je suis désolé de le dire – dont le sens de l’Histoire remonte à leur petit-déjeuner, parfois moins loin encore. Ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le Hamas », a déploré le Premier ministre, citant le traitement réservé par le groupe terroriste aux membres de la communauté LGBTQ et aux femmes.

« Quand ils disent ‘Du fleuve jusqu’à la mer’, ils effacent l’État d’Israël. Ils soutiennent le génocide. Maintenant, c’est le triste état de l’éducation américaine… Il y a une pourriture profondément ancrée et une faillite ici », a-t-il ajouté.

Le Docteur Phil a aussi parlé à Netanyahu de la recrudescence de l’antisémitisme aux États-Unis, un essor qui, selon le Premier ministre, est entraîné « par une fusion entre l’islam radical et la gauche ultra-anarchiste ».

« La seule chose sur laquelle ils s’entendent, c’est qu’Israël doit être détruit et que les États-Unis doivent l’être aussi », a-t-il noté.

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