Netanyahu aurait dissuadé Graham de presser Trump pour qu’il se joigne à la guerre contre le Hezbollah – WSJ

Sur une séquence inédite, le défunt sénateur républicain se vante de l’enthousiasme du président à la suite des premières frappes américano-israéliennes sur l’Iran et exprime ses doutes sur Steve Witkoff et Jared Kushner

Le sénateur Lindsey Graham (à gauche) faisant un geste tandis que le président américain Donald Trump s’adresse aux journalistes à bord de l’Air Force One, alors qu’ils rentraient à la base interarmées d’Andrews, dans le Maryland, le 4 janvier 2026. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Une séquence inédite consultée par le Wall Street Journal révèle que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dissuadé le défunt sénateur républicain Lindsey Graham de convaincre le président américain Donald Trump de se joindre à la lutte d’Israël contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

Farouchement pro-Israël et ami de longue date de Netanyahu et de Trump, le sénateur de Caroline du Sud a été suivi par une équipe de tournage de documentaire pendant les premiers jours de la guerre américano-israélienne contre la République islamique d’Iran de cette année. Des images de ce documentaire ont été obtenues par le Wall Street Journal, qui a publié un extrait sur son site.

Dans cet extrait, Graham affirme à son équipe que Trump était ravi après avoir lancé, en coordination avec Israël, des frappes de grande envergure contre l’Iran le 28 février.

« J’ai parlé à Trump ce matin. Il est surexcité. Il a dit : ‘C’est la meilleure chose que j’aie jamais faite.’ Il adore tout faire exploser », déclare Graham.

« Depuis combien de temps on fait pression là-dessus ? », demande Graham à son équipe, de manière rhétorique, faisant allusion à ses nombreuses années passées à faire pression pour que les États-Unis entrent en guerre contre la République islamique d’Iran.

Graham affirme qu’il était en conflit avec « beaucoup de gens au sein » de l’administration Trump qui s’opposaient à cette guerre, et que les républicains ne la soutenaient pas avec suffisamment de fermeté.


Graham a également semblé suggérer que Jared Kushner et Steve Witkoff, hauts conseillers de la Maison-Blanche, n’étaient pas dignes de confiance pour les efforts diplomatiques au Moyen-Orient.

« Très peu de membres de l’administration défendent cette guerre. Je suis choqué », déclare-t-il.

« Je ne peux pas le faire avec Jared, et je ne peux pas le faire avec Witkoff. Ils sont trop en conflits. Ça doit être [le secrétaire d’État américain Marco] Rubio », a-t-il déclaré à Jake Sullivan, le conseiller à la Sécurité nationale de Joe Biden, selon l’article.

On ignore s’il faisait référence à des conflits d’intérêts ou s’il voulait simplement dire qu’ils étaient en proie à des conflits internes.

En mars, Graham avait prévu de se rendre en Floride pour convaincre Trump de soutenir la campagne d’Israël contre le Hezbollah, mais Netanyahu l’en aurait dissuadé lors d’un appel téléphonique le 4 mars, précise le Wall Street Journal, qui détaille d’autres extraits du documentaire non diffusés par la chaîne.

« Nous nous concentrons actuellement sur l’Iran », déclare Netanyahu dans cette séquence.

« Si nous disons au Hezbollah que nous irons jusqu’au bout, nous le menaçons, mais si nous le faisons vraiment, alors il n’aura aucune raison de ne pas aller jusqu’au bout contre nous. Et pour l’instant, ce n’est pas dans notre intérêt », explique Netanyahu.

Selon le reportage, Graham a également indiqué à Netanyahu qu’il serait temps de normaliser les relations avec l’Arabie saoudite une fois le régime iranien renversé, mais le Premier ministre a répondu qu’il fallait d’abord se concentrer sur l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu saluant le sénateur américain Lindsey Graham, en visite à Jérusalem, le 16 février 2026. (Crédit : Maayan Toaf/Bureau de la presse gouvernementale)

Le défunt sénateur s’était également rendu en Arabie saoudite pour tenter d’obtenir le soutien du prince héritier Mohammed ben Salmane à la guerre contre la République islamique d’Iran.

Quelques semaines seulement avant son décès, survenu début juillet, Graham craignait que Trump ne sabote l’effort de guerre.

« Il est en train de laisser passer cette occasion », avait déclaré le sénateur.

« Je dois aller lui parler. »

Graham, qui avait passé des décennies à défendre la cause d’Israël dans les cercles du pouvoir américains, est décédé subitement d’une insuffisance cardiaque à l’âge de 71 ans.

Netanyahu doit se rendre à Washington cette semaine pour assister à ses funérailles et rencontrer Trump.

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