Netanyahu avertit le Hamas : s’il ne se désarme pas, il risque de déchaîner « l’enfer »

Netanhyahu dit à CBS qu'Israël donne une chance à la paix et exhorte le Hamas à l'imiter ; il ajoute que le moment est venu pour d'autres pays de rejoindre les accords d'Abraham

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu accorde une interview à CBS News depuis l'hôpital Beilinson, le 14 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran, CBS News)

Au cours d’une interview accordée à la chaîne CBS, le Premier ministre a déclaré qu’Israël donnait une chance à la paix, exhortant le Hamas à faire de même. Le moment est également venu pour d’autres pays de rejoindre les accords d’Abraham, a-t-il ajouté.

« Nous avons accepté de donner une chance à la paix », a répondu Netanyahu au média américain qui lui demandait comment on pouvait considérer que la guerre était terminée alors que l’armée israélienne était toujours déployée dans certaines parties de la bande de Gaza, et que le Hamas réaffirmait son contrôle sur l’enclave.

Le Premier ministre a évoqué le plan en 20 points de Trump, un plan qu’Israël et le Hamas ont tous deux approuvé, et selon lequel le groupe terroriste palestinien doit être désarmé et la bande de Gaza démilitarisée, sans aucune usine d’armes en activité dans l’enclave et sans aucune contrebande à ses frontières.

« Nous avons convenu de mener à bien la première phase de l’accord. Maintenant, nous allons donnons une chance à la deuxième phase », a dit Netanyahu, exprimant son espoir que le Hamas remette pacifiquement ses armes, et paraphrasant la menace de Trump selon laquelle, s’il ne le faisait pas, alors « tous les feux de l’enfer se déchaîneront ».

Même si le Hamas a été considérablement affaibli, il n’a jusqu’à présent montré aucun signe d’une quelconque intention de déposer les armes, semblant plutôt chercher à réaffirmer son autorité dans la bande de Gaza en réprimant les groupes qui, à ses yeux, s’opposent à lui. Le Hamas a tué au moins 33 personnes ces derniers jours, dont plusieurs lors d’exécutions publiques.

Trump a pour sa part fait savoir que si le Hamas ne respectait pas sa part de l’accord, alors « nous les désarmerons », peut-être  » de manière violente ».

Lundi, dans le cadre de la première phase de l’accord, le Hamas a relâché les 20 otages encore en vie. Israël, en échange, a libéré quelque 2 000 prisonniers palestiniens, dont 250 terroristes condamnés à perpétuité.

Dans un premier temps, toutefois, le Hamas n’a restitué que quatre des corps des 28 otages décédés, incitant Israël à menacer de prendre des sanctions. Mardi soir, le groupe terroriste a remis quatre autres dépouilles. Il aurait par ailleurs promis d’en rendre quatre autres mercredi.

Trois des corps restitués mardi ont été identifiés comme étant ceux des otages Uriel Baruch, Tamir Nimrodi et Eitan Levy. Le quatrième serait celui d’un Gazaoui et non celui d’un otage, a indiqué mercredi un responsable de la sécurité aux médias israéliens.

Interrogé sur les éléments selon lui indispensables pour qu’il décrète la fin de la guerre, Netanyahu a répondu : « Je suis convaincu que, pendant une certaine période à venir, – et cela concerne non seulement Israël, mais aussi le monde libre et le monde civilisé -, il est nécessaire de conserver une capacité à se défendre. La liberté n’est ni permanente, ni automatique. Si les sociétés libres ne peuvent pas se défendre, elles seront supplantées par des régimes autoritaires ou totalitaires. »

Lorsque l’animateur lui a fait remarquer que sa réponse semblait signifier qu’Israël pourrait être en guerre pendant encore 100 ans, Netanyahu a fait part son désaccord, soulignant que « c’est par la force que l’on achète la paix ». Il a vanté les accords de normalisation, négociés par Trump et signés en 2020 avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan – même si ce dernier est désormais suspendu pour une durée indéterminée.

Le président américain Donald Trump (au centre) s’exprime lors du sommet pour la paix de Charm el-Cheikh, dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, au bord de la mer Rouge, le 13 octobre 2025. (Crédit : SAUL LOEB / AFP)

« J’ai fait la paix avec quatre États arabes grâce au président Trump, alors que tout le monde disait que cela n’arriverait jamais », a fait valoir Netanyahu, ajoutant que cette paix n’avait été possible que parce que les nations en question « m’ont montré qu’elles voulaient réellement vivre en paix avec nous ».

Selon Trump, l’accord de paix à Gaza pourrait ouvrir la voie à plusieurs autres nations, qui rejoindraient ainsi les accords. Les États-Unis s’efforcent en effet et depuis longtemps d’intégrer l’Arabie saoudite et l’Indonésie dans ce cadre. Mais ces pays ont insisté pour obtenir d’abord un engagement en faveur d’un État palestinien, ce qu’Israël a refusé.

Netanyahu a néanmoins annoncé la possible conclusion d’autres accords dans un avenir proche, sans toutefois nommer aucun pays.

« Je pense que nous avons aujourd’hui une opportunité de faire la paix avec beaucoup, beaucoup d’autres », a précisé Netanyahu. « Et cela, j’en suis convaincu, serait le plus beau cadeau que nous pourrions offrir au peuple d’Israël, aux peuples de la région et aux peuples du monde entier. »

Interrogé par CBS — alors qu’il poursuit son boycott quasi total des médias israéliens — au sujet d’une remarque faite par Trump, lundi, à la Knesset, selon laquelle il n’est « pas l’interlocuteur le plus facile avec qui négocier », Netanyahu a répondu : « J’espère qu’il a dit cela parce que je suis extrêmement intransigeant sur les questions qui concernent l’avenir de mon pays. Si je pense que ce qu’on me demande de faire est acceptable, alors je le dis, mais si je pense que je dois dire ‘non’, je le dis aussi. C’est mon travail. Mon travail consiste à protéger l’État juif et à assurer l’avenir du peuple juif. »

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