Netanyahu dit que la paix avec la Syrie et le Liban est possible
Netanyahu a confié à ses ministres que l'affaiblissement du Hezbollah au Liban l'année dernière a créé une opportunité jusqu'alors inimaginable pour une future 'paix avec nos voisins du nord '
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’Israël avait fait des avancées dans les négociations avec la Syrie – des progrès qui pourraient déboucher sur la conclusion d’accords de paix avec Damas et Beyrouth. Des propos qui ont été tenus avant une réunion prévue dimanche dans la soirée pour discuter de la question.
Peu après, un responsable de l’administration Trump a indiqué au Times of Israel qu’un accord de sécurité entre Israël et la Syrie était « à 99 % » conclu. Il a ajouté qu’une annonce dans ce sens était attendue dans les deux prochaines semaines.
Au début de la réunion hebdomadaire du cabinet, dimanche dans la matinée, Netanyahu a confié aux ministres que « nos victoires au Liban face au Hezbollah ont ouvert une fenêtre d’opportunités inimaginable avant nos dernières opérations, il y a une possibilité de paix avec nos voisins au nord. »
« Nous faisons des progrès avec les Syriens — il y a certains progrès, mais cela reste une vision pour l’avenir », a ajouté Netanyahu. « Quoi qu’il en soit, ces discussions, ainsi que les pourparlers avec le Liban, n’auraient pas été possibles sans nos victoires décisives sur le front nord et sur d’autres fronts ».
En 2024, Israël avait dévasté le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, au Liban. Le Hezbollah avait commencé à tirer des missiles presque quotidiennement en direction d’Israël vingt-quatre heures après le pogrom commis par le groupe terroriste du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
Après presque un an d’affrontements le long de la frontière nord d’Israël, les deux parties en lice s’étaient lancées dans deux mois de guerre ouverte, avec notamment une invasion terrestre des soldats israéliens dans le sud du Liban. Le conflit s’était terminé sur un cessez-le-feu qui avait été signé au mois de novembre 2024. Moins de deux semaines plus tard, les rebelles islamistes avaient renversé le dictateur syrien de longue date Bachar al-Assad, dont le régime avait été soutenu pendant la guerre civile en Syrie par le Hezbollah et par ses proxies iraniens.
Netanyahu devait convoquer une réunion, dimanche dans la soirée, pour discuter d’un accord de sécurité émergent avec la Syrie, a annoncé au Times of Israel, samedi, le bureau de l’un des participants à la rencontre – Damas cherchant à obtenir l’arrêt des frappes aériennes israéliennes et le retrait des soldats qui sont entrés dans le sud de la Syrie.
Dans une allocution vidéo qui a été diffusée dimanche dans la soirée, Netanyahu a déclaré qu’Israël n’était pas prêt à renoncer aux zones-tampons où les militaires sont actuellement stationnés à l’intérieur de la Syrie.
Il a indiqué qu’Israël était en pourparlers avec le nouveau gouvernement syrien au sujet de « la démilitarisation du sud-ouest de la Syrie, et que nous nous occupions de la sécurité de nos alliés druzes à Jabal Druze ».
Lorsque les forces islamistes avaient renversé Assad au mois de décembre 2024, Israël avait déployé des soldats dans la zone-tampon où l’ONU effectue ses patrouilles, un secteur situé sur le plateau du Golan qui sépare les forces israéliennes et syriennes depuis l’armistice qui avait suivi la guerre du Kippour, en 1973.
Haut responsable américain : l’accord entre Israël et la Syrie est conclu « à 99 % »
Dimanche, un haut responsable de l’administration Trump a déclaré au Times of Israel qu’un accord de sécurité entre Israël et la Syrie était conclu « à 99% » et qu’une annonce était attendue dans les deux prochaines semaines.
« Nous avons parcouru 99 % du chemin. Je pense que dans les deux prochaines semaines, nous ferons une annonce – si ce n’est pas à la fin de la semaine », a expliqué le responsable, qui a ajouté que les principales questions à résoudre sont le moment précis de l’annonce et des considérations intérieures sur le sol syrien.
« C’est vraiment une question de timing et aussi de communication des Syriens à leur population », a continué le responsable.
Les responsables israéliens et syriens ont tenu mercredi à Londres une réunion organisée par les États-Unis qui, selon le site d’information Axios, a duré cinq heures. Une recontre qui a alimenté les rumeurs qui avaient laissé entendre qu’un accord pourrait être annoncé cette semaine en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, à laquelle participeront Netanyahu et le président syrien Ahmed al-Sharaa.
S’adressant aux journalistes mercredi, Sharaa a dit que le pacte de sécurité avec Israël était une « nécessité » et qu’il devrait respecter l’espace aérien et l’unité territoriale de la Syrie et qu’il devrait être supervisé par les Nations unies.
Il a ajouté qu’Israël avait mené plus d’un millier de frappes contre la Syrie et effectué plus de 400 incursions terrestres depuis le 8 décembre, date à laquelle l’offensive rebelle qu’il avait menée avait renversé Assad.
Sharaa a expliqué que si le pacte de sécurité aboutissait, d’autres accords pourraient être conclus. Il n’a pas donné de détails, mais il a noté qu’un accord de paix ou de normalisation similaire aux accords d’Abraham négociés par les États-Unis – plusieurs pays à majorité musulmane avaient accepté de normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël dans le cadre de cet accord – n’était pas à l’ordre du jour pour le moment.
Il a poursuivi en précisant qu’il était trop tôt pour discuter du sort du plateau du Golan, dont Israël a conquis une grande partie à la Syrie lors de la guerre des Six Jours en 1967 et sur lequel il a ensuite étendu sa souveraineté.
Lazar Berman a contribué à cet article.