Netanyahu rencontre Witkoff, Trump appelle le Hamas à capituler

L’émissaire américain veut relancer un accord sur les otages ; Paris dénonce un 'bain de sang' près des centres du GHF soutenus par Israël et les États-Unis

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) saluant l'envoyé spécial américain Steve Witkoff dans son bureau, à Jérusalem, le 31 juillet 2025. (Crédit : Kobi Gideon/Bureau de la presse gouvernementale)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré jeudi l’envoyé spécial américain Steve Witkoff pour discuter de la guerre en cours à Gaza et de l’impasse des négociations sur les otages, alors que le président américain Donald Trump a exhorté le groupe terroriste palestinien du Hamas à capituler afin d’atténuer la crise humanitaire dans l’enclave.

Le bureau du Premier ministre a publié deux photos de l’entretien entre Netanyahu et Witkoff, tenu à Jérusalem, sans en dévoiler le contenu.

Trump, Witkoff et Netanyahu imputent l’échec des négociations, menées sous l’égide des États-Unis, du Qatar et de l’Égypte, à l’intransigeance du groupe terroriste palestinien du Hamas. L’émissaire américain devrait toutefois faire pression sur Netanyahu pour qu’il accepte certaines concessions, dans l’espoir de relancer les pourparlers.

Après avoir retiré leurs négociateurs des discussions à Doha la semaine dernière, les dirigeants israéliens et américains ont affirmé explorer de nouvelles voies pour rapatrier les 50 otages toujours détenus dans la bande de Gaza, dont 20 seraient encore en vie.

Parmi les pistes évoquées figure l’annexion d’une partie de l’enclave, une décision difficilement réversible. Selon la législation israélienne, un territoire annexé ne peut être évacué qu’avec l’appui de 80 députés à la Knesset ou via un référendum national.

Selon le site d’information Ynet, Witkoff pourrait aussi se rendre exceptionnellement dans la bande de Gaza, où il visiterait les centres de distribution de la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), une structure soutenue par les États-Unis et Israël. Créée pour empêcher le Hamas de détourner l’aide humanitaire, la GHF fait toutefois l’objet de critiques croissantes, en raison de son incapacité à améliorer concrètement la situation humanitaire sur le terrain.

Des Gazaouis récupèrent de l’aide larguée par avion à Zawaida, dans le centre de la bande de Gaza, le 31 juillet 2025. (Crédit : Abdel Kareem Hana/AP)

Il s’agirait de la deuxième visite de Witkoff à Gaza cette année, après celle effectuée fin janvier dans le couloir de Netzarim, qui avait fait de lui le plus haut responsable américain à s’y rendre depuis plus de dix ans.

Après avoir bloqué toute aide humanitaire entre mars et mai, Israël s’est appuyé sur la GHF pour assurer la distribution, dans le but d’empêcher tout détournement par le Hamas.

Les sites du GHF ont toutefois été le théâtre d’incidents presque quotidiens au cours desquels des soldats israéliens ont ouvert le feu sur des Gazaouis. Tsahal affirme qu’il s’agissait de tirs destinés à disperser des foules menaçantes. Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, avance que plus de 1 000 personnes auraient été tuées près de ces sites, un chiffre qu’Israël juge fortement exagéré.

Trump a déclaré jeudi que le moyen le plus rapide de mettre fin à la famine dans la bande de Gaza était que le Hamas capitule et libère les 50 otages qu’il détient. 49 d’entre eux ont été enlevés lors du pogrom du 7 octobre 2023, et le 50e est un soldat tué en 2014, dont le corps est toujours détenu par le Hamas.

« Le moyen le plus rapide de mettre fin à la crise humanitaire à Gaza est que le Hamas CAPITULE ET LIBÈRE LES OTAGES !!! », a écrit Trump sur Truth Social.

Cette déclaration tranche avec le ton adopté plus tôt dans la semaine, lorsqu’il avait estimé qu’Israël pouvait faire davantage pour acheminer de l’aide et s’était montré sceptique face aux affirmations de Jérusalem minimisant l’ampleur de la crise alimentaire dans la bande de Gaza.

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, le 30 juillet 2025. (Crédit : John McDonnell/AP)

Israël a de son côté rejeté les accusations de famine généralisée, affirmant que les images relayées montraient des cas isolés ou étaient trompeuses. Il a néanmoins décidé en début de semaine de suspendre les combats pendant dix heures par jour dans une grande partie de la bande de Gaza, afin de faciliter l’acheminement de l’aide par voie terrestre et aérienne.

Israël nie également avoir recours à la famine comme méthode de guerre, et accuse l’ONU ainsi que d’autres agences humanitaires de ne pas récupérer et distribuer les cargaisons livrées aux points de passage frontaliers de Gaza.

Jeudi, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a appelé à l’arrêt immédiat des opérations de la GHF, dénonçant un « bain de sang » provoqué par ses centres.

« Je demande l’arrêt immédiat des activités de la Gaza Humanitarian Foundation, qui distribue l’aide de manière militarisée, provoquant un bain de sang dans les files d’attente à Gaza. C’est un scandale, c’est une honte, et cela doit cesser », a-t-il déclaré à Nicosie, après une rencontre avec son homologue chypriote.

Ces déclarations interviennent alors que plusieurs alliés européens d’Israël cherchent à faire pression sur Jérusalem pour alléger la situation humanitaire à Gaza et mettre fin à la guerre. Certains ont d’ores et déjà annoncé leur intention de reconnaître unilatéralement l’État palestinien.

La guerre actuelle a été déclenchée le 7 octobre 2023, lorsque les terroristes du Hamas ont assassiné plus de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et enlevé 251 autres, emmenées en otages dans la bande de Gaza.

Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, avance qu’au moins 60 000 personnes auraient été tuées ou sont portées disparues depuis le début des combats, un bilan impossible à vérifier. Israël affirme avoir éliminé environ 20 000 terroristes à Gaza, ainsi que 1 600 autres sur son sol lors de l’attaque du 7 octobre.

Israël assure prendre toutes les mesures possibles pour limiter les pertes civiles et accuse le Hamas d’utiliser les habitants de Gaza comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones habitées, y compris des maisons, hôpitaux, écoles et mosquées.

Le bilan israélien de l’offensive terrestre contre le Hamas à Gaza et des combats à la frontière s’élève à 459 soldats tués.

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