New York : des groupes juifs s’alarment face aux controverses suscitées par Mamdani
Deux organisations de premier plan expriment leur 'profonde inquiétude' et dénoncent l'hypocrisie du maire après qu'il a reçu un activiste anti-israélien et partagé la scène avec un intervenant qui appelait à des frappes contre les Israéliens
NEW YORK — Les principaux groupes communautaires juifs de New York ont fait entendre leur voix, mardi, en exprimant leurs inquiétudes à l’égard du maire Zohran Mamdani, éclaboussé par de nouvelles controverses anti-israéliennes. Ils ont laissé entendre que le maire de New York faisait preuve d’hypocrisie.
La semaine dernière, Mamdani a accueilli Mahmoud Kahlil, activiste anti-israélien de premier plan de l’université de Columbia, dans sa résidence officielle et il a partagé la scène avec un intervenant qui a soutenu des actes de violence à l’encontre des Israéliens.
L’ UJA-Federation of New York a fait savoir que Mamdani « avait commencé son mandat en soulignant son engagement à créer un New York inclusif », notant que les événements récents suscitaient « de profondes inquiétudes au sein de notre communauté ».
« C’est un moment important pour le maire Mamdani, un moment qui doit être à la hauteur de ses discours, un moment où il doit réaffirmer son engagement à lutter contre l’antisémitisme et à assurer la sécurité de tous les New-Yorkais », a dit l’organisation dans un communiqué.
Le directeur du Jewish Community Relations Council de New York, Mark Treyger, a estimé qu’après la rencontre entre Mamdani et Khalil, « si le maire se soucie vraiment de garantir la protection démocratique de tous les New-Yorkais », il devait rencontrer les étudiants juifs de l’université de Columbia qui ont été victimes de discriminations antisémites.
Le groupe de protestation de Khalil avait lancé des manifestations qui avaient contribué à créer un climat hostile à l’égard des Juifs sur les campus, avec des faits de discrimination.
« Le maire n’est plus un simple candidat ; il est désormais le maire de la ville la plus diversifiée du monde et il doit pouvoir être considéré comme le maire de tous les New-Yorkais – avec parmi eux près d’un million de Juifs », a ajouté Treyger.
« À l’heure actuelle, l’esprit de leadership exige une clarté morale et un engagement à protéger les droits et la dignité de tous les New-Yorkais, y compris en ce qui concerne la communauté juive », a-t-il poursuivi.
Les déclarations énergiques qui ont été faites par l’UJA-Federation of New York et par le Jewish Community Relations Council de New York ont retenu l’attention dans la mesure où ces deux groupes ne cherchent généralement pas le conflit sur le plan politique, cherchant à entretenir des relations cordiales avec la mairie.
La semaine dernière, Mamdani a accueilli Khalil dans sa résidence officielle, Gracie Mansion, à Manhattan, à l’occasion du ramadan.
L’administration Trump avait arrêté Khalil, l’année dernière, et cherche dorénavant à l’expulser, ce qui a fait de l’activiste une cause célèbre dans certaines franges de la gauche politique.
Khalil était l’organisateur et le porte-parole de Columbia University Apartheid Divest, une alliance antisioniste de l’université de l‘Ivy League qui avait pris la tête des rassemblements anti-Israël et pro-palestiniens.
Le groupe avait été à la tête de la prise d’assaut d’un bâtiment du campus, provoquant des affrontements avec la police. Il avait accueilli des personnalités pro-Hamas sur le campus, appelé à l’éradication de la civilisation occidentale, distribué des tracts reprenant la propagande du Hamas et salué la « résistance » violente des Palestiniens – faisant notamment explicitement l’éloge du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023. Ce jour-là, des terroristes avaient massacré, violé, kidnappé et torturé des civils sur le territoire israélien.
Plus de 1 200 personnes avaient été massacrées.
Depuis sa libération, Khalil a justifié l’invasion de l’État juif par le Hamas. Il a nié l’antisémitisme qui sévit à Columbia et il a appelé à la destruction d’Israël.
Mamdani, de son côté, a rendu hommage au « profond courage » dont Khalil, selon lui, a fait preuve depuis son arrestation et il a déclaré qu’il était « un New-Yorkais à part entière, appartenant à la ville de New York ».
L’avocat de Mamdani, Ramzi Kassem, est l’un des avocats de Khalil dans le procès intenté par ce dernier à l’encontre de l’administration Trump.
La semaine dernière, Mamdani s’est rendu au centre de la Muslim American Society à Staten Island pour un événement qui était organisé à l’occasion du ramadan.
Abdullah Akl, un militant antisioniste de premier plan, a présenté Mamdani lors de l’événement et il l’a accueilli sur scène.
Akl est l’un des leaders du groupe militant antisioniste radical Within Our Lifetime, l’un des groupes de protestation les plus importants de New York, et il est souvent à la tête des rassemblements qui sont organisés par le groupe. Within Our Lifetime a pris pour cible des hôpitaux, des centres de transport, des bibliothèques, des musées et des événements festifs, perturbant leurs activités par des manifestations.
Lors d’un rassemblement organisé en 2024, Akl avait lancé des slogans qui appelaient à des frappes contre Tel Aviv et en soutien à un porte-parole du Hamas. Lors d’une autre manifestation, cette année-là, Akl avait qualifié une policière musulmane de « vendue », comme l’avait montré une vidéo.
Akl avait célébré le pogrom du 7-Octobre et il avait lancé un appel à « soutenir la résistance » le jour du massacre.
Il a été arrêté lors d’au moins une manifestation en 2024 et et il a intenté des poursuites contre la police de New York pour dénoncer cette arrestation.
Un autre responsable du centre de Staten Island, où Mamdani s’est rendu, fait régulièrement la promotion de théories antisémites en ligne.