New York : Un magnat juif de l’immobilier assimile « taxer les riches » à « Du fleuve à la mer »
Steven Roth a critiqué Zohran Mamdani, après une vidéo qui faisait la promotion de sa taxe sur les résidences secondaires de luxe - qui montrait l’appartement à 238 milliards de dollars de Ken Griffin
New York Jewish Week via JTA – Le magnat juif de l’immobilier Steven Roth a assimilé cette semaine les déclarations du maire de New York, Zohran Mamdani, sur la nécessité de « taxer les riches » à des insultes racistes ainsi qu’à la rhétorique pro-palestinienne, lors d’une conférence téléphonique qui était consacrée aux résultats de son entreprise, Vornado Realty Trust.
« Je considère que l’expression ‘taxer les riches’, lorsqu’elle est crachée avec colère et par des responsables politiques, ici ou ailleurs dans le pays, est tout aussi haineuse que certaines insultes racistes répugnantes, voire que l’expression ‘Du fleuve à la mer’ », a déclaré Roth, en référence au slogan qui est fréquemment scandé lors des manifestations anti-Israël et que de nombreux groupes juifs considèrent comme un appel antisémite à la disparition d’Israël.
Les propos de Roth, donateur de longue date à diverses causes juives, se sont inscrits dans un contexte de tensions croissantes entre plusieurs chefs d’entreprise new-yorkais et Mamdani autour de sa proposition de taxe sur les « pieds-à-terre », visant les résidences secondaires d’une valeur supérieure à 5 millions de dollars.
Lors de cette conférence téléphonique qui a eu lieu mardi, Roth a également apporté son soutien à Ken Griffin, le directeur général de Citadel, dont le penthouse de 238 millions de dollars est apparu dans une vidéo qui a été diffusée par Mamdani le mois dernier pour promouvoir son projet de taxe.
« Nous sommes tous choqués que notre jeune maire ait orchestré cette mise en scène devant la résidence de Ken afin de le tourner en ridicule », a déclaré Roth. « Ce coup médiatique, laid et inutile, touche personnellement Ken et, dans une certaine mesure, il me touche aussi personnellement. »
Les paroles qui ont été prononcées par Roth ont touché un point de friction de longue date entre Mamdani et certains dirigeants juifs new-yorkais, qui lui reprochent ses positionnements sur Israël ainsi que sa défense du slogan « mondialiser l’Intifada », un autre mot d’ordre pro-palestinien et anti-Israël qui est considéré par de nombreux Juifs comme un appel à la violence à leur encontre. Les première et deuxième Intifadas avaient en effet été marquées par des soulèvements palestiniens violents.
Depuis l’élection de Mamdani, plusieurs chefs d’entreprise juifs, dont Dave Portnoy – fondateur juif de Barstool Sports – ont indiqué qu’ils envisageaient de quitter New York, invoquant à la fois les politiques fiscales du maire et leurs inquiétudes concernant l’antisémitisme sous son mandat.
Dans un communiqué réagissant aux propos de Roth, le bureau de Mamdani a affirmé vouloir voir tous les New-Yorkais réussir, y compris « les chefs d’entreprise et les entrepreneurs qui créent des emplois bien rémunérés et font de cette ville le moteur économique de l’Amérique ».
« Cela ne change toutefois rien au fait que notre système fiscal est profondément déséquilibré. Il favorise les fortunes extrêmes tandis que les travailleurs sont poussés au bord du précipice », a poursuivi le communiqué.
« Le statu quo est insoutenable et injuste », a ajouté le bureau de Mamdani. « Si nous voulons faire de cette ville un endroit où les travailleurs peuvent encore se loger, nous avons besoin d’une réforme fiscale ambitieuse dans laquelle les New-Yorkais les plus riches paient leur juste part. »