Nigel Farage sommé de s’excuser pour des actes antisémites présumés commis à l’adolescence

Un procureur général exhorte le chef de Reform UK à présenter ses excuses suite à un article selon lequel il aurait tenu des propos racistes à l'encontre de ses camarades de classe

Nigel Farage, chef du parti britannique Reform UK, s'exprimant lors d'une conférence de presse, à Londres, en Angleterre, le 27 octobre 2025. (Crédit : Kin Cheung/AP Photo)

Le procureur général britannique Richard Hermer a demandé lundi à Nigel Farage, chef du parti britannique anti-immigration Reform UK, de présenter ses excuses pour des actes d’intimidation antisémite présumés commis lorsqu’il était adolescent.

« Tout au long de ses réponses aux questions légitimes qui lui ont été posées, Farage n’a pas une seule fois véritablement condamné l’antisémitisme », a déclaré Hermer au Guardian.

Il a ajouté que le chef de Reform UK avait « clairement profondément blessé » de nombreuses personnes et qu’il avait « constamment changé » ses dénégations concernant un article de presse selon lequel il aurait tenu des propos racistes à l’encontre de camarades de classe au collège et au lycée.

Le Guardian a rapporté le mois dernier que certains camarades de classe de Farage l’avaient accusé d’avoir tenu des propos racistes et antisémites, notamment en déclarant que « Hitler avait raison ».

Parmi ses accusateurs, le réalisateur Peter Ettedgui, qui est juif, a notamment affirmé que lorsqu’il avait 13 ans et était en classe avec Nigel Farage, ce dernier s’approchait de lui en disant « ‘Hitler avait raison’ ou ‘Gazez-les’, ajoutant parfois un long sifflement pour imiter le bruit des chambres à gaz ».

Il a aussi raconté avoir entendu d’autres insultes proférées par Farage à l’encontre d’élèves d’origine pakistanaise. Un autre ancien élève a affirmé que Farage chantait à l’époque une chanson raciste et faisait le salut nazi.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, au 10 Downing Street, dans le centre-ville de Londres, le 29 octobre 2025. (Crédit : Leon Neal/POOL/AFP)

Dans la foulée des informations du Guardian, le Premier ministre Keir Starmer, dont le parti a chuté en popularité avec la montée en puissance de Reform UK, avait exhorté Farage à « s’expliquer ».

Reform UK avait alors fermement rejeté les accusations, dont certaines avaient déjà émergé par le passé. Il les avait jugées « entièrement infondées » et affirmé qu’il n’y avait « aucune preuve pour corroborer ces souvenirs contestables datant d’il y a près de 50 ans ».

Interrogé par BBC News lundi dernier, Farage a expliqué : « Je n’ai jamais tenu de propos racistes à l’encontre de qui que ce soit. Non… Ai-je déjà essayé de m’en prendre à quelqu’un en raison de ses origines ? Non… Je ne le ferais jamais, jamais, de manière blessante ou insultante. »

« Ai-je dit il y a 50 ans des choses que vous pourriez interpréter comme des plaisanteries de cour de récréation, que vous pourriez interpréter d’une certaine manière à la lumière des temps modernes ? Oui », a ajouté Farage.

« Je n’aurais jamais, jamais fait cela de manière blessante ou insultante », a-t-il déclaré, ajoutant que si ça avait été le cas, ce n’était « pas intentionnel ».

Le lendemain, Reform UK publiait un communiqué dans lequel Farage assurait une nouvelle fois n’avoir « pas tenu les propos publiés dans le Guardian ».

Ettedgui a déclaré sur la BBC qu’il trouvait « fondamentalement malhonnête » de suggérer que ses anciens camarades de classe aient menti.

Ce n’est pas la première fois que Reform UK doit se défendre face à des accusations de racisme.

Lors des dernières élections législatives en 2024, plusieurs de ses candidats avaient été épinglés pour avoir tenu des propos racistes.

Mercredi, Starmer a jugé que ces accusations contre Farage révélaient les « vraies couleurs » de Reform UK et a accusé le parti d’être « gangrené par la propagande pro-Poutine ».

Selon Robert Ford, professeur de sciences politiques à l’Université de Manchester, toute cette affaire montre que Farage doit désormais s’habituer à « être constamment scruté » maintenant qu’il a l’habit du « favori », mais que cette polémique ne devrait pas changer l’image de Farage auprès des électeurs.

read more: