Nitzan Alon, le référent otages de Tsahal, quitte ses fonctions au bout de 2 ans

Les proches des ex-otages rendent hommage à sa persévérance et son sens des responsabilités. « A l'armée, quand on m'a expliqué comment devait être un commandant de Tsahal, c'est à lui que j'ai pensé », a dit l'un d'eux

Le major-général Nitzan Alon assiste à une cérémonie au Quartier Général du Commandement central de Tsahal, à Jérusalem, le 8 juillet 2024. (Oren Ben Hakoon/ Flash90/ Fichier)

Le major-général Nitzan Alon, référent de Tsahal pour les négociations sur les otages depuis le pogrom commis par le Hamas le 7 octobre 2023 mené, met fin à son service de réserve et ses fonctions au sein de l’armée après plus de deux ans, a-t-on annoncé dimanche.

L’armée a déclaré que le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, avait accepté de mettre fin aux fonctions d’Alon, à sa demande. Selon Tsahal, il mettra officiellement fin à son service de réserve dans les tout prochains jours.

Alon a également dirigé la collecte de renseignements militaires sur les otages et personnes disparues.

A ce jour, le Hamas ne détient plus d’otages vivants, suite à la libération des 20 derniers captifs, le 13 octobre dernier. Le groupe terroriste se trouve toujours dans le processus de restitution progressive des corps des otages décédés et toujours détenus dans la bande de Gaza.

Alon a commencé son service de réserve le matin du 7 octobre 2023 – le jour où 251 personnes ont été enlevées – et a été nommé par l’ex-chef d’État-major de Tsahal, Herzi Halevi, à la tête du quartier général des otages et des personnes disparues.

« Sous son commandement, le quartier général a tout fait pour ramener les otages, en travaillant à la collecte de renseignements et à la recherche, en contribuant aux négociations, en dirigeant et exécutant des opérations spéciales tout en restant en contact permanent avec les familles des otages », a déclaré l’armée israélienne dans un communiqué.

Zamir a remercié Alon d’avoir « assumé l’importante mission de ramener les otages, apporté une contribution unique à Tsahal en temps de guerre, de s’être tant dévoué et d’avoir fait en sorte de protéger la vie des otages, assurer leur libération et ramener les morts pour les inhumer », a souligné l’armée.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir (3ᵉ à gauche), et le major-général (à la retraite) Nitzan Alon, responsable des négociations avec les ravisseurs, (2ᵉ à droite) assistant à la libération du soldat israélo-américain Edan Alexander au quartier général de l’armée chargé des otages et des personnes disparues, le 12 mai 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Le quartier général des otages continuera à fonctionner malgré le départ d’Alon, a assuré l’armée israélienne, sous les ordres d’un colonel membre du département opérationnel de ce même quartier général depuis sa création.

L’armée israélienne a fait savoir que Zamir « voyait dans le retour des otages une mission suprême et un devoir moral, et qu’à ses yeux, tant qu’il y aurait des otages morts dans la bande de Gaza, la mission ne serait pas terminée ».

Lishay Miran-Lavi, l’épouse de l’ex-otage Omri Miran, récemment revenu en vie, après plus de deux ans de captivité, a écrit sur X : « On parlera encore beaucoup de cet homme et de ce qu’il a fait pour l’État d’Israël en général, et pour les familles des otages en particulier. »

Elle l’a qualifié de « symbole d’humanité, de détermination et d’amour de la terre. Tranquillement, modestement. »

Elle a dit qu’Alon « n’avait pas fui ses responsabilités, n’avait jamais abandonné – même quand d’autres semblaient le vouloir… Donc, en mon nom, en celui de Roni et d’Alma, et celui d’Omri, [je lui dis] Nitzan, merci. »

L’ex-otage Omri Miran retrouvant sa femme Lishay Miran-Lavi après plus de deux ans en captivité aux mains du Hamas, à la base de Reim, le 13 octobre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Liran Berman, frère de Gali et Ziv Berman, otages libérés il y a peu, a écrit : « Je ne souhaite à personne d’avoir deux frères retenus en otage par le Hamas. Mais, Dieu nous en garde, si quelque chose d’aussi effroyable devait arriver, je vous souhaite quelqu’un comme Nitzan Alon. Quelqu’un que les interviews n’intéressent pas – mais qui vous appelle pour vous donner des nouvelles de vos frères, et qui sait tout. »

« Quelqu’un qui vous regarde dans les yeux, mois après mois, deux ans durant. Quelqu’un qui, quand tout le monde dit manquer d’optimisme et affiche un visage triste, vous dit qu’il n’abandonnera pas tant que vos frères ne seront pas revenus. »

Les jumeaux israéliens Gali et Ziv Berman, libérés par le Hamas après avoir été retenus en otage pendant plus de deux ans, rentrent chez eux dans le kibboutz de Beit Guvrin, dans le sud d’Israël, après avoir quitté l’hôpital le 19 octobre 2025. (FADEL SENNA / AFP)

« A l’armée, quand on m’a expliqué comment devait être un commandant de Tsahal, c’est à lui que j’ai pensé. Alors, Nitzan, ce soir, toute la famille Berman vous remercie », a ajouté Berman.

Dans sa lettre d’adieu aux soldats, Alon a écrit : « Après le désastre et les remous qui ont frappé l’État d’Israël de plein fouet, le 7-octobre, la nouvelle des enlèvements de masse a émergé, sans que l’on en saisisse bien la nature ou l’ampleur. Du jour au lendemain ou presque, nous avons mis en place une structure d’organisation et de commandement, défini clairement sa mission et développé les capacités pour la mener à bien. »

« Pour pouvoir reconstituer une image fiable de ce qui s’était passé à partir de ce puzzle composé de milliers de pièces – certaines d’entre elles manquantes ou cachées -, il a fallu votre talent et vos compétences professionnelles : agents de renseignement, personnels opérationnels et experts en technologie, sans oublier les cadres de soutien qui vous ont aidé sans relâche. Vous vous êtes tous consacrés à cette mission sacrée avec un dévouement total, travaillant jour et nuit, la semaine, pour shabbat et les jours fériés. »

« De par ce travail, vous avez été exposés à la cruauté et à la malveillance, vous avez été témoin de certaines scènes, vous avez entendu certaines choses. Ce sont des souvenirs qui fendent l’âme et marquent les esprits. J’espère sincèrement que le sens de la mission et votre propre résilience intérieure parviendront à retrouver l’équilibre et surmonter la douleur et le chagrin imprimés en chacun de nous. »

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