Nord d’Israël : un ado de 14 ans tué et 24 blessés par un engin non explosé du Hezbollah
L'explosion d'une sous-munition ramassée lors d'une randonnée scolaire d'élèves originaires de Maalot fait un mort et deux blessés graves
Un adolescent a été tué et 24 élèves et enseignants blessés, certains grièvement, lors de l’explosion d’un engin survenue lundi dans le nord d’Israël, non loin de la frontière libanaise, au moment où le groupe faisait une randonnée.
Le groupe d’élèves et d’enseignants de l’établissement ORT de Maalot circulait sur la route panoramique de la forêt des monts Naftali, dans les environs de la crête de Ramim, lorsqu’aux alentours de 15 h 30, un engin non explosé — identifié par l’armée israélienne comme étant probablement une sous-munition d’une roquette du Hezbollah — a détoné.
Lors du récent conflit, le Hezbollah a tiré sur le nord d’Israël plusieurs roquettes de type Grad contenant des dizaines de sous-munitions de modèle BRB1. Ces roquettes dispersent des sous-munitions sur de vastes zones, lesquelles n’explosent pas systématiquement au moment de l’impact.
Or, une pancarte installée par le Fonds national juif (KKL-JNF) avertissait les randonneurs de ne pas s’aventurer dans les zones boisées et les terrains de camping en raison justement des « dégâts occasionnés par la guerre ».
On pouvait lire sur ce panneau : « En raison des dégâts occasionnés par les combats, le Fonds national juif œuvre à la restauration des sites endommagés tout en veillant à la sécurité, à la sûreté et au bien-être des visiteurs. L’entrée dans les forêts et les aires de camping est strictement interdite ! »
L’avertissement ajoute en hébreu, en arabe et en anglais : « DANGER ! PASSAGE INTERDIT ! »
Sur le site internet du KKL-JNF, un avis datant du 25 mai 2025 précise également que la piste cyclable et la route panoramique de la forêt des monts Naftali « sont fermées en raison de travaux de remise en état suite aux dégradations liées à la guerre ».
Malgré ces signalements, la police a affirmé que la sortie scolaire avait eu toutes les autorisations nécessaires délivrées par les autorités.
L’un des élèves aurait découvert la sous-munition non explosée au cours de la marche et l’aurait placée dans son sac à dos. Plusieurs minutes plus tard, la sous-munition a explosé, selon l’enquête préliminaire des autorités.
Selon une autre version, livrée par le commandant du district nord de la police israélienne, le chef de police adjoint Meir Eliyahu, l’engin aurait explosé « dans les mains » de l’un des élèves.
Le souffle de la détonation a coûté la vie à un adolescent de 14 ans et a blessé à divers degrés 24 adolescents et adultes, a fait savoir le service de secours du Magen David Adom (MDA).
Les premiers secours ont tout tenté, sans succès, pour ranimer le jeune garçon dont le décès a été constaté sur les lieux-mêmes de l’explosion.
Le MDA a précisé que deux adolescents, tous deux âgés de 14 ans, se trouvaient dans un état grave, touchés par des éclats sur l’ensemble du corps, et que 10 personnes — deux adultes et huit adolescents — se trouvaient dans un état modéré.
Douze autres élèves ont été examinés sur place pour des blessures légères sans gravité, selon le MDA.
Le groupe a été évacué vers trois établissements hospitaliers du nord d’Israël.
Le centre hospitalier Ziv de Safed a indiqué avoir pris en charge 14 des randonneurs blessés — un dans un état grave, trois dans un état modéré et 10 légèrement touchés —, tandis que le centre hospitalier de la Galilée à Nahariya a pris en charge l’autre adolescent grièvement blessé ainsi que cinq personnes moins grièvement blessées.
Le centre hospitalier Rambam de Haïfa a accueilli les quatre derniers membres du groupe, trois adolescents et un adulte, souffrant de blessures légères à modérées.
L’un des secouristes intervenus sur place, David Radko, a dit avoir découvert, à son arrivée sur place, des blessés « tout le long de la route ».
« Certains soutenaient et tentaient d’aider leurs camarades blessés », a-t-il déclaré à la presse. « Plus loin sur le parcours, j’ai vu les victimes atteintes plus sévèrement. »
Il a félicité les élèves pour leur réactivité vis-à-vis de leurs camarades blessés, précisant que certains avaient su appliquer ses directives pour poser des garrots et stopper les hémorragies.
D’autres groupes d’élèves et d’enseignants de l’école ORT Maalot faisaient une randonnée sur d’autres itinéraires du secteur au moment de la détonation ; ils ont été rapidement évacués par les forces de sécurité déployées dans la zone.
Suite à l’explosion, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué être en contact direct avec le directeur du MDA, Eli Bin, le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, ainsi qu’avec son secrétaire militaire, le général de brigade Guy Markizeno, et faire des « points réguliers sur la situation ».
Le chef du gouvernement a par ailleurs annulé l’ensemble de ses engagements pour la fin de journée, notamment un déplacement en Cisjordanie et une intervention sur la Quatorzième chaîne, notoirement pro-gouvernement.
L’armée, qui a ouvert une enquête préliminaire sur l’incident, a confirmé lundi que l’engin « était probablement une bombe à sous-munitions appartenant à l’organisation terroriste du Hezbollah, abandonnée dans le secteur sans avoir explosé ». Elle a précisé que l’affaire continuait de faire l’objet d’un examen approfondi et que les démineurs de l’armée poursuivaient les opérations de déminage.
Le chef de la police israélienne, Danny Levy, a déclaré aux journalistes dépêchés sur place que les démineurs de la police avaient établi que l’engin était très vraisemblablement une sous-munition de roquette du Hezbollah.
La randonnée dans les monts Naftali avait reçu toutes les autorisations requises de la part des autorités, a souligné M. Levy, ajoutant qu’il allait signer un arrêté interdisant les randonnées dans ce secteur pendant plusieurs jours, jusqu’à la confirmation de l’absence de tout autre engin explosif.
Par ailleurs, la chaîne N12 a rapporté que le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, devait annoncer une interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de toutes les randonnées scolaires le long de la frontière nord d’Israël.
Lundi soir, les messages de condoléances et vœux de prompt rétablissement ont afflué de la part de responsables politiques de tout bord.
Le président du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a déclaré que ses pensées allaient à « la famille de la victime, aux blessés et à leurs proches ».
« Je rend hommage aux forces de sécurité et de secours qui sont à l’œuvre sur le terrain et m’associe à l’ensemble des Israéliens pour prier en faveur du prompt rétablissement des blessés », a-t-il ajouté.
Le président de BeYahad, Naftali Bennett, a publié sur X le texte du Psaume 130, récité dans les moments d’épreuve, affirmant qu’il « priait avec tout Israël pour la guérison des élèves et des enseignants ».
Le chef du Shas, Aryeh Deri, a lui aussi joint cette prière à son communiqué, indiquant que ses pensées allaient aux blessés et à leurs familles et qu’il priait pour leur « rétablissement complet et rapide ».
« Je partage la douleur profonde de la famille du défunt et souhaite à tous les blessés un prompt rétablissement », a déclaré le chef de l’opposition et numéro deux de BeYahad, Yair Lapid.
Le personnel du Times of Israel a contribué à cet article.