Nouvelle réunion envisagée du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Proche-Orient
Norvège, Estonie, France et Irlande ont publié un communiqué; 14 des 15 membres du Conseil de sécurité étaient en faveur d'approuver le texte proposé
Les Etats-Unis ont à nouveau bloqué mercredi l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU, jugeant qu’elle serait « contre-productive », lors d’une réunion à huis clos qui pourrait cependant être suivie dans les jours à venir d’une nouvelle session, mais cette fois publique.
« Les Palestiniens ont demandé une réunion publique », a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat. Celle-ci pourrait être organisée dès vendredi par la Chine, qui préside actuellement le Conseil de sécurité et qui est plutôt favorable à la cause palestinienne.
« La communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité, doit agir sans délai pour exiger qu’Israël cesse ses attaques contre la population civile palestinienne » et arrête aussi ses « projets de déplacement forcé et de nettoyage ethnique des Palestiniens de la ville » de Jérusalem, a réclamé l’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, dans une lettre aux principaux responsables de l’Organisation publiée mercredi.
Un autre diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat a confirmé que « le Conseil de sécurité pourrait à nouveau discuter du conflit dans les jours à venir, probablement lors d’une séance publique ». L’objectif n’est pas de multiplier « les réunions et les projets de texte » mais « d’essayer de contribuer à la paix et d’avoir un Conseil de sécurité capable d’appeler à un cessez-le-feu », a-t-il ajouté, en n’excluant pas d’autres initiatives des pays arabes à l’ONU.
Dans la matinée, lors d’une deuxième réunion d’urgence en trois jours demandée par la Tunisie, la Norvège et la Chine, les Etats-unis avaient, comme lundi, rejeté une proposition de ces pays d’adopter une déclaration appelant à une « désescalade, à la retenue, à un cessez-le-feu et à une reprise de négociations ».
Israël refuse toute implication du Conseil de sécurité dans le conflit et Washington, son plus proche soutien, y a fait droit, selon plusieurs diplomates. Pour les Etats-Unis, « le Conseil de sécurité marque sa préoccupation en se réunissant, pas besoin de plus », a indiqué à l’AFP un diplomate sous couvert d’anonymat.
Selon plusieurs sources, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité étaient en faveur d’approuver le texte proposé.
« Les Etats-Unis sont activement engagés en coulisses sur un plan diplomatique avec toutes les parties et dans la région en faveur d’une désescalade. Actuellement, une déclaration du Conseil serait contre-productive », a affirmé une source au fait des discussions, en réclamant aussi l’anonymat.
Frustation européenne
A Washington, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a annoncé simultanément l’envoi d’un émissaire au Proche-Orient pour exhorter Israéliens et Palestiniens à la « désescalade ».
Signe de leur frustration à l’égard de Washington, quatre membres européens du Conseil de sécurité – Norvège, Estonie, France et Irlande – ont tenu mercredi à publier un communiqué.
« Le grand nombre de victimes civiles, dont des enfants, dues à des frappes aériennes israéliennes à Gaza et les morts israéliennes causées par des roquettes lancées de Gaza sont à la fois inquiétants et inacceptables », indique leur communiqué.
« Nous appelons Israël à cesser les activités de colonisation, de démolition et d’expulsion (de Palestiniens), y compris à Jérusalem-Est », ont aussi affirmé les Européens, en allusion à l’un des vecteurs à l’origine de la nouvelle flambée de violences.
« Nous espérons que les membres du Conseil trouveront, auront la capacité de publier une déclaration » qui soit « un message fort et unifié », a affirmé de son côté le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, interrogé sur l’incapacité de l’instance chargée de la paix dans le monde à s’exprimer jusqu’à présent – une singularité sur la scène internationale depuis ce week-end.
Lors de la visioconférence du Conseil de sécurité, l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a mis en garde contre « une spirale de violences » incontrôlables, a rapporté une source diplomatique.
Lors de la première réunion d’urgence à huis clos lundi du Conseil de sécurité, les Etats-Unis avaient déjà refusé l’adoption d’un texte proposé par la Tunisie, la Norvège et la Chine, appelant les deux parties à s’abstenir de toute provocation.
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