Nucléaire iranien : nouvelles discussions avec Téhéran cette semaine

Selon l'agence de presse iranienne Tasnim, l'Iran a accepté de tenir des discussions avec la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ; la date et le lieu des pourparlers ne sont pas encore déterminés

L'usine d'enrichissement de l'uranium de Natanz, à environ 300 kilomètres au sud de la capitale de Téhéran, le 9 avril 2007. (Crédit : Hasan Sarbakhshian/AP)

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne prévoient de tenir de nouvelles discussions avec l’Iran sur son programme nucléaire cette semaine, a déclaré dimanche une source diplomatique allemande à l’AFP.

« Les E3 [France, Royaume-Uni, Allemagne, ndlr] sont en contact avec l’Iran pour programmer de nouvelles discussions pour la semaine à venir », a indiqué cette source, après les menaces des puissances européennes qui ont fait savoir qu’elle pourraient rétablir les sanctions de l’ONU à l’encontre de l’Iran si Téhéran ne reprenait pas les négociations.

Selon l’agence de presse iranienne Tasnim, Téhéran a accepté de tenir des discussions avec les trois pays européens, citant une source anonyme. Des consultations sont en cours concernant la date et le lieu des pourparlers, selon Tasnim.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a eu un entretien téléphonique la semaine dernière avec ses homologues britannique, français et allemand, ainsi qu’avec la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas.

Lors de cet appel, les diplomates européens ont fait part à Araghchi de « leur détermination à utiliser le mécanisme de snap-back, en l’absence de progrès concrets » vers un nouvel accord sur le programme nucléaire iranien.

« Si aucune solution n’est trouvée d’ici la fin de l’été, le mécanisme de snapback reste une option pour le groupe E3″, a ajouté la source diplomatique allemande.

Ce mécanisme est prévu dans le cadre de l’accord sur le programme nucléaire iranien de 2015- connu sous l’acronyme JCPOA – dénoncé par les États-Unis qui n’en sont donc plus partie prenante, mais toujours en vigueur pour les autres parties (l’Iran, les E3, la Chine et la Russie). Une clause permet ainsi de rétablir des sanctions onusiennes contre Téhéran en cas de manquement à ses engagements.

L’Iran et les États-Unis avaient tenu plusieurs séries de négociations nucléaires par l’intermédiaire de médiateurs omanais avant qu’Israël ne lance sa guerre de douze jours contre la République islamique, le 13 juin. La décision du président américain Donald Trump de se joindre aux frappes israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes a mis fin de facto aux négociations.

« L’Iran ne doit jamais être autorisé à acquérir une arme nucléaire. C’est pourquoi l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni continuent de travailler intensivement au sein du format E3 pour trouver une solution diplomatique durable et vérifiable au programme nucléaire iranien », a commenté la source diplomatique allemande.

L’accord de 2015 imposait des restrictions importantes au programme nucléaire de Téhéran en échange d’un allègement des sanctions.

Mais cet accord, difficilement obtenu, a commencé à se déliter lorsque les États-Unis, sous la première présidence de Trump, s’en sont retirés en 2018 et ont de nouveau imposé des sanctions à l’Iran.

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