Nucléaire : Trump nie vouloir lever les sanctions contre l’Iran
Washington et Téhéran négocient via le Qatar un plan incluant le Sud-Liban, après le rejet par le président américain d'une première offre iranienne
Lundi, le président américain Donald Trump a nié les informations qui ont laissé entendre qu’il était prêt à offrir à l’Iran une levée des sanctions et le déblocage de fonds gelés en échange de concessions nucléaires.
La révélation a été publiée en anglais par le site d’information Axios et en hébreu par la chaîne de télévision israélienne N12, mais Donald Trump a par la suite soutenu sur Truth Social que cela était « faux ».
« Je ne leur ai RIEN offert ! » a-t-il écrit.
L’article d’Axios rapportait que Donald Trump était « prêt à accorder à l’Iran un allègement des sanctions et à libérer des fonds iraniens gelés en échange de mesures concrètes de l’Iran concernant son programme nucléaire », citant des responsables américains dont le nom était tenu secret.
Le républicain de 80 ans a qualifié cet article de « CANULAR » et déclaré que le site d’information devait le retirer.
Lundi, des responsables américains et iraniens se sont entretenus, chacun de leur côté, avec des médiateurs qataris afin de tenter de mettre un terme à une guerre qui dure maintenant depuis sept mois.
Les discussions devraient porter sur la version amendée d’une proposition en sept jours présentée la semaine dernière par l’Iran en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a déclaré à Reuters un responsable proche des négociations.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, resté à New York après l’Assemblée générale, a indiqué que l’Iran attendait la réponse américaine à ses dernières propositions de cessez-le-feu et à ses conditions pour le rétablissement de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, selon l’agence de presse d’État IRNA.
« Les Américains disent vouloir un accord ou une solution pacifique : nous leur avons fait part de cette solution », a précisé M. Araghchi.
Entretemps, des responsables américains se sont entretenus avec des médiateurs lundi, a déclaré Donald Trump aux journalistes à la Maison-Blanche, sans plus de détails.
Le projet iranien en sept jours prévoit la fin des hostilités en Iran et au Liban — où Israël a créé une zone tampon pour intervenir contre le groupe terroriste du Hezbollah soutenu par l’Iran —, le déblocage de milliards de dollars d’avoirs iraniens, la fin des sanctions sur le pétrole iranien et la levée du blocus américain sur les ports iraniens. L’Iran autoriserait la réouverture du détroit d’Ormuz, voie navigable vitale pour les pétroliers, et les deux parties reprendraient leurs discussions au sujet du programme nucléaire iranien et de la volonté de M. Trump de saisir ou éliminer son uranium hautement enrichi.
Samedi, Donald Trump a dit avoir rejeté la proposition de l’Iran, affirmant que Téhéran voulait un accord rapide en raison des fortes pressions économiques. Dimanche, il a déclaré à Axios qu’il s’attendait à ce que les négociateurs américains poursuivent les discussions cette semaine.
Dimanche également, M. Araghchi a déclaré que les médiateurs n’avaient pas officiellement transmis de fin de non recevoir américaine et que l’Iran attendait la position définitive de Washington avant de décider de la suite.
« Nos conditions sont claires, et toute initiative en vue de la réouverture du détroit d’Ormuz dépend de la satisfaction de ces conditions », a-t-il affirmé dimanche, ajoutant que seule une solution négociée permettrait de sortir de l’impasse.
Le détroit stratégique d’Ormuz se trouve désormais au cœur du conflit. En temps normal, ce passage étroit voit passer un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquide mondiaux.
Cette voie maritime fait l’objet d’un blocus effectif de la part de Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée par des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran le 28 février dernier.
Aux États-Unis, le prix du gaz et d’autres produits a très fortement augmenté depuis le début de la guerre, au moment-même où la popularité de M. Trump est en berne et que son parti s’inquiète de perdre la majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat, en novembre prochain.