Nuñez et Bergé dénoncent des propos antisémites dans l’Isère, enquête ouverte

« La communauté juive, vous êtes trop nombreux. À un moment donné, ça excède les gens », lance la commerçante à son interlocuteur

La propriétaire d'une buvette à la station des Deux-Alpes. (Crédit : capture d'écran X)

Samedi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l’ouverture d’une enquête après la diffusion en ligne d’une vidéo dans laquelle une commerçante d’une station de montagne en Isère tient des propos antisémites, également condamnés par la ministre Aurore Bergé.

« Dès que la vidéo a été portée à ma connaissance, la gendarmerie nationale a ouvert une enquête en lien avec le parquet », a écrit le ministre sur le réseau social X, ajoutant que « la personne concernée devra répondre des propos tenus, qui n’ont pas leur place dans notre République ».

Publiée vendredi sur X par le compte « Jugé coupable », qui « lutte contre la haine en ligne », la vidéo est rapidement devenue virale. Elle avait été visionnée plus de 790 000 fois samedi vers 18 h 30.

La vidéo, d’une durée de quelques secondes, montre un échange entre la propriétaire d’une buvette et un client à la station des Deux-Alpes, selon ce compte.

« La communauté juive, vous êtes trop nombreux […] À un moment donné, ça excède les gens », lance la commerçante à son interlocuteur, dont la vidéo, intitulée « Balance ton antisémite », a suscité de nombreux commentaires.

Une enquête a été ouverte du chef de « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine ou de la religion », a confirmé samedi soir dans un communiqué le parquet de Grenoble.

Entendue samedi, la mise en cause « a reconnu les propos tenus en expliquant le contexte dans lequel ils avaient été prononcés », a ajouté le parquet, précisant qu’il n’avait pris aucune décision à son encontre à l’issue de son audition « dans la mesure où des témoins doivent encore être entendus ».

Dans un communiqué publié samedi sur X, la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a déclaré que la commerçante, « propriétaire de la buvette », devait être « auditionnée par la gendarmerie nationale » ce samedi.

« Aucun acte antisémite, aucun acte raciste, aucun acte de haine ne saurait être toléré », a-t-elle insisté, ajoutant qu’elle avait demandé à la préfète de l’Isère de procéder « immédiatement » à un « signalement » au procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.

« La commune des Deux Alpes tient à rappeler ses valeurs d’ouverture, de respect et d’inclusion », a sobrement réagi samedi soir la mairie sur Facebook, ajoutant que les « circonstances précises » des faits restaient à établir par les enquêteurs.

Cette intervention survient deux jours après la condamnation de Bergé pour d’autres propos et « menaces antisémites » à l’encontre d’un couple d’Australiens par un ressortissant irlandais dans un supermarché en France.

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