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Odeh : la Liste arabe unie ne sera pas une « bouée de sauvetage » pour la coalition

Les spéculations vont bon train sur le fait que certains députés arabes pourraient soutenir le gouvernement de l'extérieur pour aider à faire passer des lois

Le président de la Liste arabe unie Ayman Odeh lors d'une réunion de commission à la Knesset, à Jérusalem, le 13 décembre 2021. (Crédit  : Yonatan Sindel/ Flash90)
Le président de la Liste arabe unie Ayman Odeh lors d'une réunion de commission à la Knesset, à Jérusalem, le 13 décembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/ Flash90)

Le chef du parti de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a déclaré mercredi que les partis arabes d’opposition « ne seront pas une bouée de sauvetage » pour le Premier ministre Naftali Bennett, alors que la coalition très fragile traverse la crise la plus grave crise depuis sa création en juin dernier.

« Nous nous dirigeons apparemment vers des élections », a déclaré Odeh au quotidien Haaretz.

Le gouvernement a été plongé dans la tourmente mercredi matin, après que la chef de la coalition, Idit Silman, a annoncé son intention de rejoindre l’opposition. Le gouvernement israélien actuel ne compte plus que 60 sièges, ce qui le prive d’une majorité simple pour adopter des lois.

Dans sa lettre de démission, Mme Silman a accusé le gouvernement de porter atteinte au caractère juif d’Israël.

« Je ne peux pas contribuer à porter atteinte à l’identité juive de l’État d’Israël et du peuple d’Israël », a écrit Mme Silman.

Odeh a exclu de rejoindre la coalition dans le but de préserver le gouvernement de huit partis qui a remplacé l’ancien premier ministre Benjamin Netanyahu en juin dernier. Le chef du parti Liste arabe unie n’a cependant pas explicitement exclu de soutenir la coalition de l’extérieur.

« C’est un mauvais gouvernement, dont nous ne pouvons pas faire partie. Et il faut tenir compte d’une autre question importante : Bennett, [la ministre de la Justice Ayelet] Shaked et d’autres n’accepteraient pas que nous soutenions un tel gouvernement », a déclaré Odeh.

Idit Silman, à la tête de la Commission de la Santé, à la Knesset, le parlement israélien de Jérusalem, le 28 février 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans les années 1990, les partis ultra-orthodoxes s’étaient retirés du gouvernement du Premier ministre Yitzhak Rabin, provoquant une crise de la coalition. Les partis arabes ont soutenu la coalition de Rabin de l’extérieur dans l’espoir qu’il puisse conclure un accord de paix global avec les Palestiniens.

Les députés arabes israéliens sont beaucoup moins susceptibles de soutenir Bennett, un homme de droite qui rejette la création d’un État palestinien. De nombreux parlementaires de droite de la coalition rejetteraient également probablement le soutien de la Liste arabe unie, étant donné le soutien affiché de ce parti à la cause palestinienne.

La Liste arabe unie est composée de trois factions : Le parti communiste arabe-juif Hadash d’Odeh, le parti nationaliste palestinien Balad et Taal, dirigé par Ahmad Tibi.

Le chef du parti Balad, Sami Abou Shehadah, largement considéré comme le député le plus radical du groupe, a également déclaré mercredi à Radio al-Shams, basée à Nazareth, que le parti « ne fournira un filet de sécurité ni à Bennett ni à Netanyahu ».

Mais Abou Shehadeh a déclaré que le parti se réunira dans les prochains jours pour discuter de « toutes les options qui s’offrent à nous ».

Des points d’interrogation planent encore sur la façon dont les deux députés de Taal, Ahmad Tibi et Osama Saadi, vont réagir. Tous deux sont des députés très respectés et ont exprimé par le passé leur volonté de travailler avec la coalition.

Les responsables du parti Taal n’ont pas pu être joints pour un commentaire.

La coalition gouvernementale fragile comprend le parti islamiste Raam, qui n’a pas encore pris de position officielle. Le député de Raam, Mazen Ghanaim, a déclaré au Times of Israel que des élections anticipées pourraient être organisées.

« Ce n’est pas un secret que la situation de la coalition est mauvaise », a déclaré Ghanaim. « Bennett doit faire respecter la discipline dans son propre parti ».

Ghanaim a déclaré qu’il ne pouvait pas dire si Tibi et Saadi seraient prêts à soutenir la coalition de l’extérieur.

« Personne ne sait où cela pourrait mener – la politique israélienne est pleine de surprises », a-t-il ajouté.

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