Oregon : Un homme accusé d’avoir lancé des menaces à la bombe contre des hôpitaux juifs de New York
Domagoj Patkovic, 31 ans, arrêté mardi, a fait plusieurs canulars à des institutions juives et à des opérateurs du service d'urgence, qui étaient diffusés en direct sur Discord
Un homme de l’Oregon a été accusé d’avoir proféré de multiples menaces antisémites incluant des explosifs contre des centres de soins juifs dans les régions de New York et de Long Island en 2021, ont annoncé mardi le procureur du district Est de New York et le bureau local du FBI à New York.
Domagoj Patkovic, 31 ans, a été arrêté à son domicile de Portland mardi matin.
Lui et ses complices, « motivés par leur haine du peuple juif, ont ciblé des hôpitaux et des centres de soins juifs à New York et à Long Island en lançant de fausses alertes à la bombe, mettant inutilement en danger les patients et le personnel en créant le chaos et l’inquiétude », a déclaré Breon Peace, procureur des États-Unis, dans un communiqué.
Les menaces ont précédé une récente vague d’alertes à la bombe contre des institutions juives, principalement des synagogues, qui a débuté au cours de l’été 2023. De nombreuses arrestations ont également eu lieu en rapport avec ces menaces.
Lors d’au moins six appels téléphoniques passés entre mai et septembre 2021, Patkovic a menacé des hôpitaux et les forces de l’ordre locales qui répondaient à un appel au 911 provenant de l’un de ces hôpitaux, et a diffusé ces appels en direct sur Discord, à la fois réseau social et messagerie.
Aucune bombe ni aucun engin explosif n’ont été trouvés sur les lieux, mais dans plusieurs cas, la police locale a procédé à des opérations de déminage. Dans un cas au moins, la fausse alerte à la bombe a entraîné l’évacuation partielle et le confinement de tout un hôpital juif de Long Island.
Lors de l’appel téléphonique à un opérateur de l’hôpital Long Island Jewish Valley Stream, Patkovic, se présentant comme « Abrahimavich », a prétendu qu’il y avait du C-4, une matière explosive, dans les placards d’entretien et a menacé : « Je vais te faire exploser en morceaux, espèce de salope de youpin », selon les dossiers du tribunal.
L’opérateur téléphonique a alors appelé la police du comté de Nassau, qui a pu rappeler le numéro qui avait proféré la menace. Patkovic s’est alors à nouveau identifié comme « Abrahimavich » et a déclaré : « Je viens d’appeler l’hôpital pour demander mon putain de million de dollars ou je vais faire exploser cette putain de salope de youpin jusqu’au ciel ».
La police a été appelée à l’hôpital où elle a procédé à une évacuation partielle et à un confinement, sans trouver d’explosifs.
S’il est reconnu coupable, Patkovic risque jusqu’à 155 ans de prison. Bien qu’il n’ait fait l’objet d’aucune condamnation récente, il a été établi que Domagoj Patkovic s’était déjà livré à des agissements similaires en menaçant d’utiliser de faux engins explosifs et de fausses armes dans le passé.
« Domagoj Patkovic aurait lancé une série de fausses alertes à la bombe contre des établissements de santé juifs, ce qui a entraîné des interventions d’urgence répétées des forces de l’ordre locales et l’évacuation partielle d’au moins un hôpital », a déclaré Christie Curtis, directeur adjoint par intérim du FBI, dans un communiqué.
« Ces actions présumées ont incité à une hystérie inutile et ont redirigé des ressources limitées pour atténuer une fausse alerte », a-t-elle ajouté. « Le FBI ne tolérera pas ceux qui utilisent des canulars pour satisfaire leurs opinions antisémites et mettre en danger le bien-être de nos communautés ».
Les institutions juives ont connu des vagues périodiques d’alertes à la bombe de grande ampleur.
Des centaines de centres communautaires juifs ont reçu des alertes à la bombe en 2017 lors d’une vague qui a finalement été largement attribuée à un adolescent en Israël, qui a été arrêté.
En 2020, des dizaines de centres ont reçu des menaces par courrier électronique. Les enquêteurs ont déclaré qu’ils ne pensaient pas que les personnes qu’ils avaient été arrêtées étaient responsables de la vague actuelle de menaces et de tentatives de swatting (faux appels faisant croire les forces de l’ordre à la nécessité d’une intervention d’urgence), qu’ils ont attribuées à un réseau de swatting coordonné en ligne.