Ossoff et Collins s’affrontent sur les questions d’El-Sayed et de Hasan Piker
Lors d'un débat avec son rival républicain qui l'accusait de vouloir priver l'État juif de financement, le sénateur démocrate Ossoff a souligné qu'Israël devait utiliser les armes américaines dans le respect de la loi
JTA — Mardi, dans le cadre d’un débat organisé avant les élections du 3 novembre, le sénateur démocrate Jon Ossoff a réaffirmé le droit d’Israël à combattre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, insistant toutefois sur la nécessité pour l’État juif d’utiliser les armes américaines dans le respect du droit international.
Son adversaire, le député républicain Mike Collins, tente de détrôner Ossoff dans une course électorale dont l’issue pourrait déterminer quel parti contrôlera le Sénat. Les deux candidats ont débattu de différentes questions, parmi lesquelles le conflit israélo-palestinien, la guerre en Iran et l’antisémitisme.
« La sécurité du peuple israélien me tient à cœur. Certains membres de ma famille vivent en Israël », a déclaré Ossoff, défendant ainsi les votes par lesquels il s’est opposé à certaines ventes d’armes américaines à Israël. « La sécurité et la sûreté des Palestiniens me tiennent à cœur. Elles devraient nous importer à tous. »
« Israël avait pleinement le droit d’entrer en guerre contre le Hamas après la terrible attaque terroriste du 7-Octobre », a soutenu Ossoff, qui a également insisté sur la responsabilité des sénateurs américains de veiller à ce « que les lois américaines et le droit international soient respectés par ceux qui combattent avec nos armes. »
« En bref, lorsqu’il s’agit de vendre ou de fournir des armes à un gouvernement étranger, nous devons évaluer au cas par cas si celui-ci agit en conformité avec nos intérêts, nos lois et nos valeurs », a-t-il ajouté.
Collins, quant à lui, a accusé Ossoff de passer « son temps à Washington à chercher comment priver notre plus grand allié, Israël, de tout financement », tout en vantant les accomplissements de l’administration Trump en Iran.
« Heureusement, nous avons eu suffisamment de clairvoyance pour envoyer des hommes sur place afin de neutraliser ces armes nucléaires qu’ils tentaient de fabriquer », a affirmé Collins.
Ossoff, quant à lui, a contesté la description faite par son adversaire des succès enregistrés par les États-Unis en Iran. Il a évoqué la mort de 21 militaires américains, ainsi que les perturbations causées par la guerre sur l’approvisionnement énergétique mondial.
« Le Congrès est rempli de fils de représentants qui ne sont là que parce que leurs pères étaient eux-mêmes représentants, à l’image de Mike Collins, et qui sont tout à fait disposés à envoyer les enfants des autres se faire tuer à la guerre », a lancé Ossoff.
Collins a répliqué en arguant que la seule chose qu’Ossoff « connaisse du travail, c’est utiliser un distributeur automatique pour retirer l’argent de son grand-père ».
« Nous sommes en Iran pour veiller à ce qu’ils ne se dotent pas de la bombe nucléaire et ne détruisent pas l’Amérique », a expliqué Collins. « J’ai des enfants et des petits-enfants. Nous voulons nous assurer qu’ils aient un avenir. »
Les élections en Georgie ont fait l’objet d’une attention nationale car Ossoff, qui est Juif, est considéré comme un potentiel candidat démocrate à la présidence. Ossoff a toutefois assuré n’avoir aucun projet de ce genre ; interrogé sur la question pendant le débat, il s’est engagé à exercer son mandat de sénateur jusqu’à son terme, soit six ans, s’il était réélu.
« Je n’ai absolument aucun intérêt à me présenter à la présidence. Je ne suis pas candidat à la présidence. Je me présente pour être réélu au Sénat », a indiqué Ossoff.
Les échanges ont été particulièrement virulents pendant la campagne. Ossoff a accusé à plusieurs reprises son adversaire, Collins, d’entretenir des liens avec le nationalisme blanc – une accusation que Collins a dénoncée.
Lors de la rencontre de mardi soir, le présentateur a rappelé les propos tenus par Ossoff lors du débat de la semaine dernière, au cours duquel il avait qualifié Collins de « fanatique » et l’avait accusé d’avoir recruté « la moitié du Troisième Reich » au sein de son équipe. Un ancien membre de l’équipe de Collins avait en effet publié des images du Ku Klux Klan et de croix gammées sur les réseaux sociaux.
Le présentateur a ensuite demandé à Collins s’il était partisan du nationalisme blanc, et quel message il souhaitait adresser aux Georgiens afro-américains qui se demandaient s’il les représenterait de manière équitable.
« Je condamne tout… discours de haine, toute forme d’antisémitisme, tout type de haine. C’est odieux », a répondu Collins. « J’ai licencié les personnes concernées lorsque de tels incidents se sont produits. »
Collins a ensuite critiqué Ossoff pour son soutien au candidat démocrate du Michigan au Sénat, Abdul El-Sayed, qu’il a présenté comme « l’homme qui déteste Israël ».
El-Sayed, qui critique régulièrement Israël, s’est attiré les foudres de certains membres de la communauté juive après avoir dit que « ceux qui souffrent font souffrir les autres » à propos d’une attaque qui avait été perpétrée en mars contre la synagogue Temple Israel de West Bloomfield Township, dans le Michigan, au cours de laquelle un agent de sécurité avait été blessé. Il s’est depuis excusé pour cette remarque.
Collins a également décrit Ossoff comme étant « le meilleur ami » du streamer de gauche Hasan Piker, lequel avait auparavant désigné le sénateur comme un candidat potentiel à la présidence pour 2028. Ossoff a rejeté publiquement les propos tenus par Piker au sujet des Juifs américains en août.
Le 20 août, lors d’un live sur Twitch, Piker a affirmé : « Si les Juifs d’Amérique continuent à répandre l’idée selon laquelle ils sont les seuls à s’investir pour Israël, quelqu’un finira par réagir et passer à l’action, non pas contre l’État d’Israël, bien sûr, mais contre les Juifs américains. »
Collins a également critiqué Ossoff pour avoir accepté des contributions de campagne de Reid Hoffman, dont le nom figurait dans les dossiers Epstein. Ossoff a alors rétorqué que Collins avait voté contre une précédente initiative visant à rendre ces dossiers publics.
Ossoff s’est également interrogé sur le degré de faiblesse dont une personne doit faire preuve « pour laisser quelqu’un, sous son propre toit, diffuser de la propagande néonazie alors qu’elle se présente au Sénat ».
Ossoff faisait référence au gendre de Collins, David Alan Scheer II, qui a relayé en ligne des images à caractère nazi et des contenus antisémites, et qui est inscrit sur les listes électorales à une adresse appartenant à Collins, située à côté de sa propriété, d’après CNN.
Collins a affirmé qu’il condamnait l’antisémitisme. Il a également accusé Ossoff de nourrir, par ses propos, les menaces visant sa famille.