Ouverture d’une maternelle dans un avant-poste illégal de Cisjordanie évacué en 2005
Le ministre de l'Éducation et le ministre des Finances affirment que le développement de Homesh 'renforce la souveraineté israélienne' sur la Cisjordanie
Une école maternelle a ouvert ses portes lundi dans l’avant-poste, toujours considéré comme illégal à ce jour, de Homesh, vingt ans après son évacuation dans le cadre du plan de désengagement unilatéral de 2005. Cette initiative a été saluée par le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, et par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui y voient un moyen de renforcer le contrôle d’Israël sur la Cisjordanie.
Dans un message envoyé au Conseil régional de Samarie, dans le nord de la Cisjordanie, à l’occasion de la rentrée scolaire, Kisch a déclaré qu’Israël « plantait de nouvelles racines pour l’éducation et l’avenir » à Homesh.
Smotrich a pour sa part déclaré que l’ouverture de cette maternelle n’était « pas seulement un événement à vocation éducative, mais un symbole de renaissance et de renouveau au cœur de la Samarie », utilisant le nom biblique de la région.
La nouvelle école maternelle bénéficie du soutien du ministère de l’Éducation et de son département chargé du réseau d’enseignement religieux.
En mai, le cabinet de sécurité a approuvé la construction, la légalisation et la reconnaissance rétroactives, de 22 nouvelles implantations en Cisjordanie, notamment à Homesh et Sa-Nur, deux des quatre localités évacuées dans le cadre du plan de désengagement unilatéral.
Les structures existantes à Homesh, principalement une yeshiva, n’ont toutefois pas encore été légalisées.
Les organisations qui militent contre le mouvement des implantations ont vivement condamné la relance des implantations dans le nord de la Cisjordanie, estimant qu’elles interrompent la contiguïté territoriale palestinienne dans la région et risquent de créer des tensions avec la population palestinienne locale.
« Je salue les pionniers des implantations qui renforcent la souveraineté [sur la Cisjordanie] sur le terrain », a déclaré Kisch dans un message adressé lundi aux habitants de Homesh.
« Sous mon autorité, le ministère de l’Éducation, fournira des solutions en matière d’éducation à chaque implantation juive en Terre d’Israël », a-t-il ajouté.
Smotrich s’est montré tout aussi enthousiaste, saluant le retour des résidents d’implantations à Homesh.
« Les enfants qui commenceront leur journée ici dans la joie et les chants sont la véritable réponse à tous ceux qui pensaient que les implantations seraient détruites », a déclaré le ministre des Finances.
« Avec l’aide de Dieu, nous continuerons à construire, à étendre et à approfondir nos racines dans toutes les régions de notre patrie. »
Yossi Dagan, président du Conseil régional de Samarie, a déclaré que l’ouverture de cette école maternelle marquait la fin du « désengagement » et s’est engagé à créer d’autres écoles maternelles dans les nouvelles implantations de la région.
Selon un article publié dans le journal Makor Rishon au début du mois, environ treize familles résident actuellement à Homesh, bien qu’un porte-parole du Conseil régional de Samarie n’ait pas confirmé ce chiffre.
Dans son communiqué de presse, le conseil a cité Benny Gal, un habitant de Homesh et représentant des familles originaires de cette implantation, qui a déclaré que le retour dans cette implantation était le fruit de vingt ans de lutte.
« Un groupe de résidents d’implantations de Homesh a tenté de revenir ici dès le premier jour après l’expulsion, et y est revenu un nombre incalculable de fois », a déclaré Gal.
« Nous assistons de nos propres yeux au salut et à la réalisation de la prophétie. »
Homesh était l’une des quatre localités du nord de la Cisjordanie qui ont été évacuées et partiellement détruites dans le cadre du plan de désengagement, dont l’élément principal était l’évacuation des habitants des implantations juives de la bande de Gaza.
Homesh, Sa-Nur, Ganim et Kadim en faisaient partie.
Un avant-poste illégal, centré autour d’une yeshiva, a été construit près du site de l’ancienne implantation en 2005, mais a été déplacé vers un emplacement voisin en juin 2023, à la suite de pressions juridiques exercées par un recours déposé auprès de la Haute Cour.
En mars de la même année, le gouvernement a abrogé une partie de la loi de 2005 sur le désengagement, qui interdisait aux Israéliens d’entrer dans la zone du nord de la Cisjordanie où se trouvaient les quatre anciennes implantations. En mai de la même année, l’armée israélienne a révoqué l’ordre imposant une interdiction militaire aux Israéliens de se trouver à Homesh.
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