Paris: Polémique et manifestation contre l’inauguration de la place de Jérusalem
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Paris: Polémique et manifestation contre l’inauguration de la place de Jérusalem

Des associations et collectifs pro-palestiniens ont appelé à manifester en marge de l’événement, auquel participera Moshe Lion, maire de Jérusalem

Vue de Paris (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Vue de Paris (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Ce dimanche 30 juin, à 15h30, sera inaugurée la « Place de Jérusalem », dans le 17e arrondissement de Paris, en présence notamment d’Anne Hidalgo, maire de Paris, et de Moshe Lion, maire de Jérusalem.

Des associations et collectifs pro-palestiniens ont appelé à manifester en marge de l’événement afin de condamner cette inauguration qui « sonne en écho à la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël ». « Nous refusons que soit ainsi donné un chèque en blanc au gouvernement israélien », ont ajouté les organisateurs, qui attendent plusieurs centaines de participants.

Le 12 juin dernier, le Conseil de Paris avait décidé d’acter la création d’une « Place de Jérusalem » dans la capitale.

Si le vote du Conseil n’avait pas provoqué de remous, les associations pro-palestiniennes et les alliés communistes et écologistes de la maire de Paris ont depuis condamné la décision.

Ces derniers estiment que l’inauguration de la place compte une dimension politique et serait un geste accordé à la communauté juive, quelques mois avant les élections municipales.

Danielle Simonnet, conseillère de Paris du parti La France insoumise, avait été la seule à voter contre la place lors du conseil municipal.

Lors du vote, ses collègues élus avaient rejeté l’amendement qu’elle souhaitait, visant à inscrire sous le nom de la place la mention « Avec le vœu qu’elle devienne la future capitale de deux États ».

Dans un communiqué, Simonnet a dénoncé « une faute politique ». « Le lieu choisi, situé devant le futur siège du Centre européen du judaïsme et à proximité du Consistoire central, indiquait clairement l’assignation exclusive d’une seule religion à une ville pourtant considérée comme trois fois sainte », a-t-elle expliqué.

Elle a également condamné la présence de Moshe Lion à l’inauguration, décrit comme un « fervent défenseur de l’annexion de Jérusalem-Est et de la politique de colonisation israélienne ». Une présence qu’a défendue Catherine Vieu-Charier, adjointe à la maire de Paris en charge du dossier, par une question de « protocole ».

Face à la polémique, Anne Hidalgo a précisé que la place serait inaugurée « en présence notamment de représentants du judaïsme, du christianisme et de l’islam, Jérusalem s’étant construite au fil des siècles par le dialogue et la rencontre entre ces différentes religions ».

Ce projet de place était né en début d’année à l’initiative de Joël Mergui, président du Consistoire, suite à la visite du président israélien Reuven Rivlin à l’Hôtel de ville de Paris.

Dans une lettre envoyée le mois dernier – avant le vote du Conseil de Paris actant la décision – à Joël Mergui, Anne Hidalgo avait expliqué : « En cette triste période de recrudescence des actes à caractère raciste et antisémite, il me semble plus que capital de pouvoir rappeler les liens qui unissent la Ville de Paris à cette communauté. Pour cette raison, je suis très sensible à votre proposition de créer une place de Jérusalem au sein de la Capitale, qui permettrait également de commémorer l’amitié qui unit la ville de Paris à l’Etat d’Israël. »

Suite au vote, le président du Consistoire avait expliqué que « cette décision […] fait renaître dans l’espace public parisien un nom disparu des rues de la capitale depuis 1883 ». Il faisait là référence à la « rue de Jérusalem », située à proximité du quai des Orfèvres, supprimée en 1883 suite à l’agrandissement du palais de Justice.

Selon Joël Mergui, la décision était aussi « l’occasion de matérialiser ce fait, rappelé à plusieurs reprises par madame la Maire de Paris : ‘La ville de Paris ne saurait être ce qu’elle est sans la présence de la communauté juive qui y habite et s’y épanouit’. »

« Alors que certains contestent la légitimité comme la participation active des Juifs à l’histoire de France et sur le continent européen, cette décision fait œuvre de pédagogie », avait-il ajouté.

A proximité de la place de Jérusalem, se trouve le square Saint Odile, qui compte désormais deux allées nommées en hommage à Arié et Gabriel Sandler et Myriam Monsonégo, victimes toulousaines du terrorisme, mais également la place d’Israël.

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