Paris : un homme menace des manifestants pro-palestiniens avec une arme à feu
L'incident s'est déroulé en marge de la marche organisée chaque samedi dans la capitale
Comme chaque samedi depuis le début de la guerre entre Israël et les terroristes palestiniens du Hamas à Gaza, une marche était organisée à Paris par plusieurs organisations pro-palestiniennes en « soutien à la Palestine et au Liban », le 7 décembre dernier.
À l’issue de la manifestation, les organisations présentes ont indiqué sur les réseaux sociaux qu’un homme s’en était pris à des participants à la marche et les aurait menacés avec une arme à feu.
Depuis un véhicule de l’association Urgence Palestine présent dans le cortège, le vice-président d’EuroPalestine, Nicolas Shahshahani, s’est adressé à la foule en expliquant qu’un « homme a menacé des manifestants de notre cortège. En l’occurrence, il avait commencé à arracher une pancarte de nos manifestants ».
« Lorsque des camarades lui ont demandé pourquoi il faisait ça, l’homme a sorti un flingue de sa ceinture. Nos camarades ont eu le réflexe d’appeler aussitôt la police qui était à proximité et qui est intervenue. L’homme a été arrêté », a-t-il précisé.
Une vidéo de l’interpellation de l’homme en question par les policiers a été massivement relayée sur les réseaux sociaux par des organisations et médias de gauche.
???? Dans le XIe arrondissement de #Paris, un individu armé a été interpellé après avoir perturbé la manif pour la Palestine.
???? Selon un témoignage rapporté à OFF, l'homme aurait provoqué des femmes avant cette scène.
«Il a arraché la pancarte d’une femme, on l’a filmé et c’est… pic.twitter.com/RWyiSuYXcU
— Off Investigation (@Offinvestigatio) December 7, 2024
Sur les images, l’homme se tient à l’entrée d’un commerce bio et soulève son tee-shirt à la demande des policiers. Ceux-ci dégainent alors leurs armes et le contraignent à se mettre à terre et avant de lui passer les menottes. Parmi les cris de la foule, on entend la voix d’un homme hurler : « Il a un pistolet ! ».
Le média d’extrême-gauche Révolution Permanente revendique, dans un article, d’avoir recueilli le témoignage d’un manifestant qui était aux premières loges de l’incident samedi.
Il raconte : « Une camarade vient me voir en courant en me disant « il y a un sioniste là-bas, il m’a arraché ma pancarte et m’a photographié ». Je suis allé vers cette personne et je l’ai photographié. Ça ne lui a pas plus, il s’est énervé et je lui ai répondu qu’il avait photographié ma camarade. À ce moment-là, il ouvre sa veste et il exhibe une arme à sa ceinture, il répète le geste une deuxième fois. Je suis immédiatement parti en courant vers la police ».
Le lendemain, l’Association France Palestine Solidarité a publié un communiqué, co-signé par plusieurs autres organisations de gauche dont les partis politiques La France insoumise (LFI) et Les Écologistes, dans lequel elle estime que « depuis des semaines, les calomnies et les menaces se multiplient contre celles et ceux qui se mobilisent pour la paix et le respect du droit international. Ce climat nauséabond, entretenu par le narratif officiel de la plupart des médias et par de nombreux responsables politiques, encourage les passages à l’acte violent comme nous l’avons vu hier ».
« Le refus de la France d’appliquer les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale, l’acceptation que se tienne à Paris un événement organisé par l’extrême-extrême-droite israélienne, participent à donner un sentiment d’impunité aux soutiens du génocide à Gaza », peut-on également lire.
Nicolas Shahshahani avait lui-même estimé que « cet incident montre l’esprit d’impunité généralisé qui anime les apprentis génocidaires, y compris à Paris, y compris dans une manifestation pacifique ».
Le relatif silence des principaux médias français sur l’incident a alimenté un discours du « deux poids, deux mesures » porté notamment par les Insoumis.
Invitée sur le plateau de France info le 8 décembre, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a déclaré : « Je me permets juste très rapidement un point qui, à mon avis, devrait faire la une de toutes les chaînes d’information », a-t-elle dit avant de rappeler les faits.
« Je crois que c’est gravissime, que si c’était arrivé dans n’importe quelle manifestation, évidemment on en parlerait beaucoup. Il faut, je crois, alerter sur le fait que tous ceux qui mettent des cibles dans le dos des voix pour la paix et pour le droit international sont responsables si ça finit mal, et ça pourrait très mal finir », a-t-elle ajouté.
Qu’un homme menace avec une arme à feu des manifestants pour le droit du peuple palestinien hier et que cela ne suscite aucune émotion médiatique et politique, cela m’inquiète fortement.#QuestionsPolitiques pic.twitter.com/qBd0uPIA6E
— Mathilde Panot (@MathildePanot) December 8, 2024
Sur X, le député insoumis très critique d’Israël Aymeric Caron a estimé que « la diffamation et la désinformation visant les soutiens des Palestiniens, orchestrées par les médias et les politiques, jouent un rôle important dans la libération de la violence à l’égard de ces soutiens ».