Analysis

Pas d’accord sur les otages sans pression de Biden sur Netanyahu – responsables arabes

La frustration des médiateurs qataris et égyptiens s'étend aux Etats-Unis, après la concession du Hamas sur une demande clé et les nouvelles exigences du Premier ministre israélien

Le président américain Joe Biden (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, dans le bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 25 juillet 2024. (Crédit : Susan Walsh/AP)

DOHA, Qatar – Un accord pour un cessez-le-feu et la libération d’otages entre Israël et le Hamas ne verra pas le jour si le président américain Joe Biden n’exerce pas plus de pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont confié au Times of Israel, deux responsables arabes.

Ces responsables, originaires de pays jouant un rôle de médiateur, ont affirmé que le principal obstacle à un accord à ce stade des négociations est Netanyahu. Le mois dernier, après que le Hamas a renoncé à sa principale exigence, Netanyahu a réagi en posant une série de nouvelles conditions, ce qui a conduit à une impasse.

Ces aveux, faits sous couvert d’anonymat, montrent que la frustration des médiateurs qataris et égyptiens ne se limite pas à Israël, mais concerne également les États-Unis.

L’un des responsables a souligné que Washington est la seule puissance ayant suffisamment d’influence sur Jérusalem pour faire fléchir Netanyahu, mais qu’elle s’est jusqu’à présent abstenue d’utiliser pleinement cette influence, malgré son rôle clé en tant que principal fournisseur de sécurité pour Israël.

Un blâme public des États-Unis contre Netanyahu pour l’absence d’accord pourrait être un moyen de pression efficace, a ajouté le responsable arabe.

Depuis plus d’un mois, les États-Unis accusent le Hamas d’être le principal obstacle à un cessez-le-feu, affirmant que Netanyahu maintenait la proposition israélienne qu’il avait approuvée à la fin mai.

Le ministre des Affaires étrangères égyptien Sameh Shoukry, à droite, s’entretient avec le Premier ministre qatari Sheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, avant leur rencontre avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken (absent de la photo), au Caire (Égypte), le 21 mars 2024. (Crédit : AP/Amr Nabil)

Depuis que le Hamas a accepté en juillet de renoncer à sa principale exigence — un engagement immédiat d’Israël pour un cessez-le-feu permanent — les responsables de l’administration Biden n’ont plus utilisé cet argument.

Alors que les médiateurs pensaient initialement que ce revirement favoriserait la conclusion d’un accord, Netanyahu a ensuite ordonné à l’équipe de négociation israélienne de soumettre officiellement une série de nouvelles exigences à la fin du mois dernier. Ces conditions incluent le maintien de la présence de Tsahal le long de la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza, la création d’un nouveau mécanisme pour empêcher l’accès des terroristes palestiniens armés au nord de la bande de Gaza, et l’imposition de nouveaux vetos israéliens sur les prisonniers palestiniens que le Hamas souhaite faire libérer en échange des 115 otages encore détenus dans la bande de Gaza, ont déclaré trois responsables au Times of Israel ce mardi.

Netanyahu assure qu’il ne s’est pas écarté de la proposition de cessez-le-feu qu’il a autorisée le 27 mai, bien que le texte de l’offre obtenu par le Times of Israel indique le contraire.

Néanmoins, les États-Unis se sont abstenus de pointer du doigt Netanyahu publiquement, comme ils l’ont fait pour Yahya Sinwar, le chef du Hamas.

Le chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinwar, saluant ses partisans lors d’un rassemblement marquant la Journée d’Al-Qods (« Jérusalem » en arabe), à Gaza City, le 14 avril 2023. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Plus tôt dans la journée, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Kirby, a indiqué aux journalistes que le chef du Hamas « doit décider maintenant d’accepter cet accord ». Si Kirby n’a pas lancé le même appel personnel à Netanyahu, il a cependant précisé que les deux parties devraient accepter la proposition actuelle.

Le second responsable arabe a reconnu que Biden avait fait pression sur Netanyahu en privé, mais il a exprimé son scepticisme quant à la volonté du président de rendre cette pression publique à moins de trois mois des élections présidentielles.

« Sans une véritable pression américaine sur le Premier ministre Netanyahu, nous resterons dans l’impasse », a affirmé le premier responsable arabe.

Ces commentaires semblent être une réponse aux demandes répétées d’Israël et des États-Unis pour que le Qatar fasse pression sur le Hamas afin de parvenir à un accord.

La Maison Blanche n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

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