Pas d’attentat pendant les JOP-2024: le procureur antiterroriste salue le « défi relevé »

Le magistrat a rappelé qu'il y avait eu 'trois attentats déjoués' et qu'un 'groupe qui avait planifié des attaques contre des institutions et des représentants d'Israël à Paris'

Des soldats patrouillant devant la gare du Nord au moment des Jeux olympiques d’été de 2024, à Paris, le 26 juillet 2024. (Crédit : Mark Baker/AP)

Le procureur antiterroriste Olivier Christen a salué mercredi sur franceinfo le « défi relevé » par la police et la justice française avec l’absence d’attentat pendant les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) 2024 de Paris.

« Assurer la sécurité, c’est un défi qui a pu être relevé grâce à un investissement très lourd depuis plusieurs mois », a relevé le chef du Parquet national antiterroriste (Pnat).

Il a souligné la « préparation » de plusieurs acteurs dont son parquet ou la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI): « Grâce à cela, il n’y a pas eu d’acte terroriste commis sur le territoire pendant cette période » des JOP-2024.

Le magistrat a rappelé qu’il y avait eu « trois attentats déjoués » pendant la période, « contre des établissements type bars, autour du stade Geoffroy-Guichard à Saint-Etienne », « un autre groupe qui avait planifié des attaques contre des institutions et des représentants d’Israël à Paris » et enfin « deux personnes originaires de Gironde qui avaient prévu de passer à l’attaque pendant les JO ».

« Tous ceux qui ont projeté ces attentats ont été interpellés, ça a conduit à cinq mises en examen », dont celle d' »un mineur », a affirmé M. Christen. Tous sont aujourd’hui incarcérés, a-t-il précisé.

Outre la réponse judiciaire, le procureur a aussi évoqué la réponse administrative: « 936 visites domiciliaires » en 2024, contre « 153 en 2023 ».

La « menace jihadiste représente 80 % des procédures » diligentées par le Pnat, a-t-il rappelé, soulignant qu' »au premier semestre 2024, il y avait eu à peu près trois fois plus de procédures » de ce type que sur la même période en 2023.

Cet accroissement s’explique d’après lui par le « contexte géopolitique », mais aussi par « la reconfiguration notamment en Afghanistan » du groupe Etat islamique.

«  »Daesh » n’a pas disparu, et diffuse de la propagande qui a un impact sur la population », et notamment sur les mineurs qui y sont « très sensibles ».

Comme son prédécesseur Jean-François Ricard à la tête du Pnat, il a insisté sur le « rajeunissement très notable des personnes mises en cause dans les faits de terrorisme ».

Parmi les autres menaces, il a relevé que « le terrorisme corse avait connu une résurgence au début de l’année 2023 avec notamment un mouvement, le GCC (Ghjuventù Clandestina Corsa), qui a pu être démantelé ».

« Cela fait que cette résurgence ne s’est pas reproduite à la fin de l’année 2023 et en 2024 », s’est félicité M. Christen.

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