Pays-Bas: Impuissant à faire adopter des sanctions contre Israël, le ministre des Affaires étrangères démissionne

Caspar Veldkamp, ancien ambassadeur en Israël, a quitté le gouvernement intérimaire après avoir proposé d'interdire les importations en provenance des implantations israéliennes en réponse à l'offensive prévue sur la ville de Gaza

Illustration : Des drapeaux "palestiniens" flottant au vent sur la place du Dam, avec le palais royal d'Amsterdam en arrière-plan (Paleis op de Dam), à Amsterdam, le 15 novembre 2024. (Crédit : Simon Wohlfahrt/AFP)

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, a démissionné dans la soirée de vendredi après avoir échoué à obtenir de nouvelles sanctions à l’encontre Israël dans le cadre de la guerre que mène l’État juif contre le Hamas à Gaza.

Veldkamp avait informé le Parlement de son intention de prendre de nouvelles mesures en réaction au projet d’offensive israélienne dans la ville de Gaza et d’autres zones densément peuplées, mais il n’est pas parvenu à obtenir le soutien de ses partenaires de coalition.

L’ex-ambassadeur en Israël, âgé de 61 ans, a expliqué aux journalistes qu’il se sentait incapable « de mettre en œuvre, seul, cette politique et de tracer la voie que je juge nécessaire ».

Suite à la démission de Veldkamp, les autres membres du gouvernement issus de son parti de centre-droit, le Nouveau Contrat social, ont également démissionné, ce qui plonge le gouvernement néerlandais dans le trouble.

« En bref, nous en avons terminé », a expliqué le chef du parti, Eddy Van Hijum, qui a qualifié les actions du gouvernement israélien de « diamétralement opposées aux traités internationaux ».

Le gouvernement néerlandais s’était déjà effondré au mois de juin lorsque le député anti-islam Geert Wilders s’était retiré de la coalition quadripartite du pays à la suite d’un différend sur l’immigration.

Les trois partis restants sont restés au pouvoir dans le cadre d’un gouvernement intérimaire jusqu’à la tenue d’élections, en octobre.

Le Premier ministre néerlandais Dick Schoof donne une conférence de presse avec le Premier ministre polonais (non présent sur la photo) lors de leur rencontre à Varsovie, en Pologne, le 7 juillet 2025. (Crédit : Sergei Gapon/AFP)

Le Premier ministre Dick Schoof s’est adressé au Parlement, vendredi soir, au sujet de la crise, déclarant regretter la démission de Veldkamp et le retrait de sa formation politique.

Schoof a déclaré que la situation à Gaza « s’aggravait » et qu’elle était « dramatique ». « Tout le monde en est conscient », a-t-il dit aux députés.

Le programme alimentaire mondial des Nations unies a déclaré vendredi que la plus grande ville de la bande de Gaza était en proie à la famine et que la faim risquait de s’étendre à l’ensemble du territoire sans la conclusion d’un cessez-le-feu et la levée des restrictions en matière d’aide humanitaire.

Israël a vigoureusement démenti ces informations, les qualifiant de « mensonges » et de « diffamation du sang moderne », et les États-Unis ont semblé rejeter la déclaration de famine, l’estimant solidaire du « récit mensonger d’une famine massive orchestrée » promu par le Hamas, auteur du pogrom dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre actuelle.

Le Parlement néerlandais a reporté à plusieurs reprises le débat sur d’éventuelles sanctions à l’encontre d’Israël, la dernière fois jeudi dernier, et le Conseil des ministres, vendredi après-midi, s’est apesanti sur la question.

« Il y a là-bas une famine, un nettoyage ethnique et un génocide en cours », a affirmé devant le Parlement Kati Piri, membre du parti Verts/Gauche. « Et notre cabinet délibère depuis des heures pour savoir s’il faut prendre des mesures. C’est honteux ».

Photo d’illustration : des drapeaux palestiniens flottent au vent sur la place du Dam, avec le palais royal d’Amsterdam en arrière-plan (Paleis op de Dam), à Amsterdam, le 15 novembre 2024. (Crédit : Simon Wohlfahrt/AFP)

Les politiciens de l’opposition avaient appelé au vote d’une motion de confiance envers le ministre, déçus de ce qu’ils estimaient être un manque d’action contre Israël.

Le mois dernier, les Pays-Bas ont déclaré persona non grata les ministres israéliens d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich et rejoint les 21 pays signataires, jeudi dernier, d’une déclaration commune condamnant la validation par Israël d’un important projet d’implantations en Cisjordanie, qualifié « d’inacceptable et contraire au droit international ».

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