Pedro Sanchez exhorte les pays de l’UE à suspendre les accords de libre-échange avec Israël

L'Espagne et l'Irlande sont en pourparlers avec d'autres pays qui souhaitent une révision de l'accord d'association UE-Israël

Le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas (à gauche) et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez se saluant après une déclaration commune, au palais de la Moncloa, à Madrid, en Espagne, le 19 septembre 2024. (Crédit : Paul White/AP)

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a exhorté lundi les pays membres de l’Union européenne (UE) à répondre à la demande de Madrid et de l’Irlande de suspendre l’accord de libre-échange avec Israël en raison de ses actions à Gaza et au Liban.

Depuis des mois, l’Espagne et l’Irlande sont en pourparlers avec d’autres pays de l’UE qui souhaitent une révision de l’accord d’association UE-Israël au motif qu’Israël pourrait enfreindre la clause relative aux droits de l’Homme inhérentes à cet accord.

L’accord stipule que le libre-échange entre l’UE et Israël sera « basé sur le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques », sans donner plus de détails des actions susceptibles d’être considérées comme des infractions.

Il y a de cela quelques jours, déjà, Sanchez avait demandé à la communauté internationale de ne plus vendre d’armes à Israël, évoquant les blessures infligées à des membres de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban.

Quatre soldats de la FINUL ont en effet été blessés jeudi et vendredi derniers par des tirs de Tsahal qui visaient le Hezbollah. L’armée israélienne a indiqué que les deux personnes blessées vendredi avaient été invitées à se mettre à l’abri.

Un cinquième Casque bleu a été blessé vendredi, mais on ignore cette fois l’auteur des tirs.

Informé du bilan humain dans les rangs des Casques bleus, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé à la FINUL de se retirer de la zone de combat pour empêcher le Hezbollah de les utiliser comme boucliers humains.

Sanchez a condamné ces propos, affirmant que la FINUL ne se retirerait pas.

L’Espagne a déployé 650 casques bleus au Liban et c’est un général espagnol qui dirige cette mission de l’ONU.

« Permettez-moi à ce stade de critiquer et condamner les attaques que les forces armées israéliennes mènent contre la mission des Nations Unies au Liban », a déclaré Sanchez vendredi en demandant aux autres pays de cesser de vendre des armes à Israël.

Sanchez, qui critique très fréquemment Israël depuis le début de sa guerre contre le Hamas à Gaza, a indiqué que l’Espagne avait cessé de vendre des armes à Israël en octobre 2023 et invité le reste du monde à faire de même, affirmant que cela empêcherait une nouvelle escalade dans la région.

« Je pense qu’il est urgent, compte tenu de ce qui se passe au Moyen-Orient, que la communauté internationale cesse de vendre des armes au gouvernement israélien », a-t-il déclaré.

En début d’année, l’Espagne, la Norvège et l’Irlande ont officiellement reconnu l’existence d’un État palestinien, décision qualifiée par Sanchez de mesure « pour la paix, la justice et la cohérence ».

Une grande partie de la communauté internationale critique Israël, à des degrés divers, depuis le début de sa guerre contre le Hamas, le 7 octobre 2023, lorsque l’organisation terroriste a commis en pogrom en Israël qui a tué 1 206 personnes, pour la plupart des civils, et fait 251 otages.

Israël a riposté par une offensive terrestre à Gaza avec pour objectifs officiels le démantèlement du Hamas et la récupération des otages. L’enclave palestinienne a connu d’importantes destructions ces douze derniers mois en raison de la guerre qui se poursuit aujourd’hui encore.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, plus de 42 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans la bande de Gaza lors des combats, mais ce bilan est invérifiable et ne fait pas le distinguo entre civils et hommes armés.

En août dernier, Israël a revendiqué la mort de 17 000 hommes armés lors des combats, auxquels s’ajoutent un millier de terroristes tués en territoire israélien le 7 octobre.

Israël dit faire le maximum pour limiter les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme des boucliers humains en combattant depuis des zones civiles – maisons, hôpitaux, écoles, mosquées.

Par ailleurs, le nord d’Israël fait l’objet de tirs quasi quotidiens de roquettes et de drones de la part du Hezbollah depuis le 8 octobre 2023, ce qui a conduit 60 000 habitants à évacuer leur domicile. L’organisation terroriste libanaise assure agir en signe de solidarité avec le Hamas.

Ces dernières semaines, Israël a intensifié sa riposte aux attaques du Hezbollah, d’abord en relevant le niveau des frappes aériennes contre l’organisation, ce qui a permis de tuer la majorité de ses hauts dirigeants dont Hassan Nasrallah, puis en lançant une offensive terrestre limitée dans le sud-Liban.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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