Petah Tikva : Une enseignante licenciée pour relations sexuelles avec des élèves
La commission de la Fonction publique a estimé qu'il s'agit d'un 'comportement exceptionnellement grave', lui interdisant d'exercer toute activité auprès de jeunes pendant 8 ans
Une professeure d’anglais âgée de 43 ans et originaire de Petah Tikva a été licenciée après avoir été reconnue coupable par la commission de la Fonction publique d’avoir eu des relations sexuelles avec deux lycéens âgés de 17 ans de son établissement.
L’enseignante, dont le nom n’a pas été divulgué, a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux élèves de sexe masculin, dans le cadre d’un accord conclu avec le procureur à l’issue d’une enquête de plusieurs mois. Elle a été immédiatement licenciée. Elle ne pourra plus jamais travailler pour le ministère de l’Éducation, il lui est interdit d’exercer une profession en contact avec des enfants et des adolescents pendant huit ans, et elle ne pourra pas travailler pour l’État pendant trois ans.
S’adressant aux médias israéliens, l’enseignante a présenté ses excuses pour ces incidents, affirmant qu’il s’agissait d’un « acte isolé » et qu’elle ne voulait pas « nuire à [sa] famille ».
Elle a déclaré à Ynet que cet incident avait détruit sa vie.
La chaîne d’information N12 a rapporté qu’une enquête pénale avait été ouverte il y a plusieurs mois, mais qu’elle avait été classée sans suite en raison de l’absence de culpabilité pénale.
Selon l’avocat de l’enseignante, le procureur a classé l’affaire car il a « rapidement compris que les actes avaient été commis avec le consentement des élèves et qu’elle n’était pas leur enseignante directe ».
En Israël, l’âge légal du consentement est de 16 ans, mais il peut être abaissé à 14 ans si la différence d’âge est de trois ans ou moins et si toutes les parties y consentent pleinement.
Toutefois, un tribunal de la commission de la Fonction publique a jugé que les agissements de l’enseignante « outrepassaient radicalement les limites professionnelles élémentaires exigées d’un professeur dans la position qu’il occupe ».
Selon le verdict, le comportement inapproprié de l’enseignante est apparu lorsqu’elle a fumé avec des élèves à l’école, puis a tissé une relation personnelle avec eux via les réseaux sociaux. Elle avait ensuite invité deux d’entre eux chez elle et ils avaient eu des relations sexuelles, en présence d’une troisième personne.
Le ministère de l’Éducation a également fait savoir que l’enseignante avait admis avoir emmené les élèves à des fêtes. Selon la chaîne N12, les interactions inappropriées de l’enseignante avec ses élèves auraient commencé en septembre 2024 et auraient pris fin en janvier.
« Il s’agit d’un comportement extrêmement grave qui a sérieusement trahi la confiance portée par le public dans l’ensemble du système scolaire et en particulier celle des parents qui confient leurs enfants aux enseignants dans les écoles », selon le verdict.
Il a ajouté que la commission avait pris en compte la situation personnelle de l’enseignante, mère de deux enfants de 8 et 11 ans. Le ministère de l’Éducation a noté, dans le cadre de ce dossier, que la professeure avait déclaré lors d’une audience qu’elle avait eu des relations sexuelles avec les élèves parce que son mari était sous les drapeaux et qu’elle se sentait « seule et en crise ».
« Le ministère condamne sévèrement tout écart par rapport aux valeurs pédagogiques et à la confiance accordée au personnel éducatif », a précisé le ministère.
« Dans cette affaire, le ministère a engagé une procédure disciplinaire approfondie qui s’est soldée par une décision de licenciement et d’exclusion définitive du système éducatif. Le ministère continuera à œuvrer pour préserver la pureté, la sécurité et le bien-être du système scolaire, ainsi que la confiance du public envers les enseignants. »
Le père de l’un des élèves a déclaré devant les caméras de N12 qu’il n’aurait jamais imaginé qu’une telle chose puisse se produire dans l’école de son enfant.
« Nous ne la connaissions pas, car elle n’était pas l’enseignante de notre fils ; nous avons du mal à croire que cet incident soit réel », a-t-il confié.
L’un des élèves impliqués a déclaré que l’affaire était « bien connue dans l’école » et que « tout le monde en parlait ».
« Elle flirtait avec nous. Nous fumions avec elle pendant la récréation. Nous avions l’impression qu’elle était notre amie », a-t-il indiqué.
« Je ne connais aucun élève de notre âge qui n’aurait pas couché avec une enseignante qui avait cette apparence et qui avait initié la relation. »
Yael Tal-Poa, responsable de la division Éducation au sein de l’Association des centres d’aide aux victimes de viol en Israël, a déclaré au journal Maariv qu’elle considérait cet incident comme un viol.
« Il ne pouvait y avoir de consentement libre dans cette relation, de par sa nature même. Il est clair pour nous tous que si l’enseignant avait été un homme et les élèves des filles, la réaction aurait été beaucoup plus sévère », a-t-elle souligné.
« Le déni des abus commis sur les élèves de sexe masculin normalise ces agressions. Même si la vulnérabilité est différente entre les garçons et les filles, l’absence de reconnaissance sociale des abus commis sur les garçons exacerbe le traumatisme et conduit à une sous-déclaration des cas. Le fait que la sanction ait été présentée comme sévère alors que l’enseignante n’a même pas été définitivement interdite d’exercer avec des mineurs est inconcevable et cela montre la clémence de la commission lorsqu’il s’agit d’abus commis sur des garçons et sur des hommes. »