Pete Hegseth : l’Iran est « cuit »

Le secrétaire américain à la Défense promet le contrôle total du ciel iranien d'ici sept jours et affirme que les forces américaines peuvent continuer à se battre 'aussi longtemps que nécessaire'

Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, s'exprimant lors d'une conférence de presse, au Pentagone, à Washington, le 4 mars 2026. (Crédit: Konstantin Toropin/AP)

D’ici une semaine, les États-Unis et Israël « auront pris le contrôle total de l’espace aérien iranien », a affirmé mercredi le secrétaire américain à la Guerre Pete Hegseth lors d’une conférence de presse qui était organisée au Pentagone alors qu’il se tenait aux côtés du général Dan Caine, le chef d’état-major des armées. Il a ajouté que l’Iran était « cuit ».

Hegseth a également promis d’amener « la mort et la destruction » sur la république islamique, et il a juré que les États-Unis pourraient continuer à se battre « aussi longtemps que nécessaire » tout en admettant que les États-Unis « ne peuvent pas arrêter » tous les projectiles tirés par Téhéran – laissant entendre qu’il est probable qu’il y ait de futures pertes américaines et que des biens américains soient endommagés.

L’Iran est « cuit et les Iraniens le savent », a dit Hegseth devant les journalistes au cinquième jour de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, « ou tout du moins, ils le sauront bientôt ».

Il a souligné que les États-Unis et Israël « viennent seulement de commencer » à traquer et à affaiblir les capacités iraniennes, mais qu’ils disposeront bientôt d’une maîtrise « incontestée » de l’espace aérien.

Ce qui signifie « que nos avions voleront jour et nuit pour trouver, pour neutraliser et détruire les missiles et l’industrie de la défense de l’armée iranienne. Nous trouverons et nous neutraliserons leurs dirigeants et leurs chefs militaires », a indiqué Hegseth.

Il a ajouté que les dirigeants iraniens « lèveront les yeux et ils ne verront que la puissance aérienne américaine et israélienne à chaque minute, chaque jour et ce jusqu’à ce que nous décidions que c’est terminé ».

Cette image fournie par le Commandement central américain montre des marins de la marine américaine faisant signe à un F-35C Lightning II sur le pont d’envol de l’USS Abraham Lincoln (CVN 72) lors d’opérations de soutien à la guerre en Iran, le 3 mars 2026. (Crédit : US Navy via AP)

« L’Iran ne pourra rien y faire », a-t-il averti. « La mort et la destruction venues du ciel… Toute la journée ».

« Les pilotes américains disposent des pouvoirs maximaux qui leur ont été personnellement conférés par le président et moi-même », a-t-il poursuivi. Les règles d’engagement « sont conçues pour libérer la puissance américaine, et non pour la brider ».

« Tout cela n’a jamais été censé être un combat équitable, et ce n’est pas un combat équitable », a continué Hegseth. « Nous les frappons quand ils sont à terre, et c’est exactement comme ça que les choses doivent se passer ».

Cette campagne « est sept fois plus intense » que l’opération qui avait été menée par Israël contre l’Iran au mois de juin, a précisé le secrétaire à la Défense. « Des vagues plus nombreuses et plus importantes sont à venir ; nous ne faisons que commencer. Nous sommes en pleine accélération ».

Une fois la suprématie aérienne établie, les États-Unis commenceront à larguer des bombes de précision de 500, 1 000 et 2 000 livres, dont ils disposent d’un stock presque illimité, a déclaré Hegseth.

Les stocks américains de missiles guidés à longue portée et de missiles Patriot restent « extrêmement importants », a-t-il déclaré, alors que certains ont fait part de leur crainte face à un possible épuisement des défenses américaines avant une éventuelle guerre avec la Chine.

« Nous pouvons aisément soutenir ce combat aussi longtemps que nécessaire », a affirmé Hegseth, qui a écarté d’un revers de la main les inquiétudes liées à l’épuisement des défenses antiaériennes des alliés arabes des États-Unis face à des attaques concertées aux missiles et aux drones iraniens. « Nos défenses antiaériennes et celles de nos alliés ont une grande marge de manœuvre ».

« Nous prendrons tout le temps nécessaire pour nous assurer de réussir », a dit Hegseth.

Une carte du département américain de la Guerre intitulée « Chronologie de l’opération EPIC FURY – Les 100 premières heures » présentée lors d’une conférence de presse avec le secrétaire américain à la Guerre Pete Hegseth et le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, au Pentagone, le 4 mars 2026, à Washington. (Crédit : AP/Konstantin Toropin)

Le secrétaire à la Guerre a déclaré que la durée du conflit pourrait être plus longue que prévu, après que le président américain Donald Trump a lui-même donné des estimations variables de la durée de la guerre alors qu’il accordait des entretiens, ces derniers jours.

« On peut parler de quatre semaines, mais cela pourrait être six, huit ou trois semaines », a indiqué Hegseth. « En fin de compte, c’est nous qui fixons le rythme et la cadence ».

L’Iran ne peut pas s’adapter aux nouveaux défis auxquels le pays doit faire face, a-t-il affirmé : « Les hauts dirigeants iraniens sont morts. Les membres du soi-disant conseil de gouvernement qui auraient pu choisir un successeur sont morts, disparus ou terrés dans des bunkers, trop terrifiés pour oser se retrouver dans la même pièce ».

« L’armée de l’air iranienne n’existe plus », s’est-il vanté. « La marine iranienne repose dorénavant au fond du golfe Persique ».

« Nous avons pris le contrôle de l’espace aérien et des voies navigables de l’Iran sans déployer de soldats au sol », a-t-il poursuivi.

Une personne sur le toit d’un immeuble, observant une colonne de fumée s’élever après une frappe sur la capitale iranienne Téhéran, le 3 mars 2026 (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Hegseth a toutefois reconnu que certaines attaques aériennes iraniennes pourraient encore atteindre leurs cibles. Les États-Unis n’ont « ménagé ni leurs efforts ni leurs moyens » pour renforcer les systèmes de défense antiaérienne avec pour objectif de protéger les forces américaines et leurs alliés au Moyen-Orient, a-t-il fait remarquer.

« Ce qui ne signifie pas que nous pouvons tout arrêter, mais nous avons veillé à mettre en place une défense et une protection des forces maximales avant de passer à l’offensive », a-t-il ajouté. Les États-Unis ont accordé la priorité à la défense de leurs soldats « avant tout autre chose » et 90 % des soldats américains dans la région ont été déplacés hors de portée des tirs iraniens, a expliqué Hegseth.

Six soldats américains ont été tués dans un centre d’opérations visé par une frappe au drone iranien alors qu’ils se trouvaient au cœur d’un port civil, au Koweït, dans la journée de dimanche. Un proche de l’un des soldats tués, qui faisait partie d’une unité d’approvisionnement et de logistique dont le siège se trouve dans l’Iowa, a fait savoir que ce centre était un bâtiment qui gérait des expéditions et qu’il n’était équipé d’aucune défense.

Le New York Times a rapporté mardi que les frappes iraniennes avaient également réussi à endommager les systèmes de communication américains sur au moins sept sites militaires installés par les États-Unis, jusqu’à présent.

Le secrétaire à la Guerre a accusé les médias de vouloir porter atteinte à l’image du président américain en se concentrant sur les drones iraniens qui parviennent à passer outre les systèmes de défense antiaérienne.

Hegseth a toutefois affirmé que les États-Unis « étaient en train de gagner » leur guerre contre l’Iran « de manière dévastatrice, décisive et sans pitié ».

Des avions sur le pont d’envol de l’USS Abraham Lincoln (CVN 72) qui mènent des opérations en soutien à la guerre en Iran, le 3 mars 2026. (Crédit : US Navy via AP)

Après seulement quatre jours de campagne militaire, « les indicateurs changent, la poussière retombe et davantage de forces arrivent », a-t-il dit.

Hegseth a indiqué que les États-Unis « dirigeaient » la campagne. « Mais quand vous ajoutez Tsahal, une armée constituée de forces dévastatrices, cette combinaison est purement destructrice pour nos adversaires islamistes iraniens ».

Il a qualifié Israël de « partenaire indéfectible », notant que c’était « une bouffée d’air frais » de se battre avec un allié aussi compétent. « Nous saluons votre courage et votre contribution », a-t-il noté.

Le secrétaire a également semblé laisser entendre que les alliés américains du Golfe, qui ont été lourdement bombardés par l’Iran, allaient « passer à l’offensive ».

« Ce à quoi vous assistez actuellement, c’est une réponse de la région à la bellicosité de l’Iran », a-t-il affirmé.

« À différents niveaux, ils nous tendent la main », a-t-il expliqué, « et qu’ils passent à l’offensive – ce qu’ils font – qu’ils nous accordent des accès supplémentaires, des bases et des survols, nous travaillons en étroite collaboration avec eux ».

Il a également indiqué qu’aucun des objectifs américains en Iran n’était « fondé sur un quelconque soutien ou sur le quelconque armement d’une partie en particulier » alors qu’il répondait à une question qui portait sur des informations qui ont laissé récemment entendre que les États-Unis prévoyaient d’armer un soulèvement kurde iranien.

Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, et le président du Comité des chefs d’état-major, le général Dan Caine, s’expriment lors d’une conférence de presse au Pentagone, à Washington, le 4 mars 2026. (Crédit : AP/Konstantin Toropin)

S’exprimant après Hegseth lors de la conférence de presse qui était organisée au Pentagone, le général américain Caine a décrit une baisse significative des tirs de missiles et de drones iraniens depuis le début de l’opération Epic Fury.

« Les tirs de missiles balistiques tactiques iraniens ont diminué de 86 % depuis le premier jour des combats, avec une baisse de 23 % au cours des dernières 24 heures… Leurs tirs de drones d’attaque ont pour leur part baissé de 73 % », a déclaré Caine.

Néanmoins, a-t-il souligné, les militaires américains « restent en danger, et nous devons être conscients que le risque reste toujours élevé ».

Caine a dit que les trois objectifs militaires de l’opération sont actuellement de neutraliser la menace des missiles balistiques iraniens, de détruire ou d’affaiblir la marine iranienne et d’empêcher l’Iran de reconstruire rapidement ses capacités militaires.

Le général a confié que les États-Unis ont frappé plus de 2 000 cibles au cours de la campagne et que plus de 20 navires de guerre iraniens ont été détruits, neutralisant ainsi en grande partie la présence navale principale de l’Iran dans la zone.

« Ces progrès ont permis au CENTCOM d’établir une supériorité aérienne qui est actuellement localisée sur tout le flanc sud de la côte iranienne », a-t-il poursuivi. « Nous allons maintenant commencer à nous étendre vers l’intérieur des terres, en frappant de plus en plus profondément dans le territoire iranien ».

Nava Freiberg et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

read more: