Pittsburgh : un lycée impose à ses élèves un article comparant la bande de Gaza au ghetto de Varsovie
Pour Steve Rosenberg du North American Values Institute, cette comparaison est « extraordinairement provocatrice » ; il s’inquiète de la façon dont l’histoire est enseignée aux élèves.
Un cours d’études ethniques de la Science and Technology Academy, un établissement du district des écoles publiques de Pittsburgh, en Pennsylvanie, demande aux élèves de lire un article universitaire vieux de vingt ans, qui suggère que les Gazaouis sont piégés dans la bande de Gaza comme les Juifs l’étaient dans le ghetto de Varsovie, selon un article de JNS.
Le district, équivalent d’une académie, gère une cinquantaine d’établissements et quelque 18 000 élèves.
D’après le programme du cours, consulté par JNS, les élèves doivent lire l’article de Patrick Wolfe, « Settler Colonialism and the Elimination of the Native », publié en 2006.
Dans ce texte, Wolfe évoque « la dépendance chronique du sionisme à l’expansion territoriale ». « Il n’est guère surprenant qu’une nation qui a chassé tant de ses habitants d’origine exprime une crainte permanente d’être elle-même rejetée à la mer », écrit-il.
Il ajoute que « la force positive qui animait la nation juive et ses nouveaux sujets juifs individuels est née du processus négatif d’exclusion des propriétaires indigènes de la Palestine ».
« Néanmoins, à mesure que les Palestiniens deviennent de plus en plus superflus, la bande de Gaza et la Cisjordanie ressemblent de moins en moins à des bantoustans », ces territoires ségrégués sous l’apartheid en Afrique du Sud, « et de plus en plus à des réserves », écrit-il. « Ou, d’ailleurs, au ghetto de Varsovie. »
Steve Rosenberg, directeur régional du North American Values Institute (NAVI) à Philadelphie, s’est dit préoccupé par cette comparaison, qu’il juge « extraordinairement provocatrice » et qui, selon lui, « exige un examen historique sérieux ».
« Le ghetto de Varsovie a été établi par l’Allemagne nazie dans le cadre de sa persécution des Juifs d’Europe », a-t-il rappelé. « Le comparer à Gaza ou à la Cisjordanie risque de masquer d’importantes distinctions entre la Shoah et la guerre israélo-palestinienne en cours. »
« Les élèves doivent comprendre ces distinctions plutôt que de rencontrer cette comparaison comme une conclusion historique incontestée », a-t-il déclaré à JNS.
Rosenberg a aussi souligné que l’article date de 2006 et précède donc « près de deux décennies d’évolutions majeures ». « Cela n’en fait pas un travail sans valeur sur le plan historique, mais cela le rend insuffisant comme seule explication des conditions actuelles. »
« La distinction est importante », a-t-il poursuivi. « Le problème n’est pas que Pittsburgh puisse faire lire un article universitaire vieux de 20 ans. Le problème est de savoir si les élèves reçoivent une interprétation politique vieille de 20 ans sans les développements historiques, le contexte factuel et les perspectives alternatives nécessaires pour l’évaluer de façon critique. »
« Ce que nous voyons à Pittsburgh, comme nous l’avons vu dans trop de districts à travers le pays, soulève de sérieuses questions : enseigne-t-on l’histoire aux élèves, ou les encourage-t-on à interpréter le monde à travers une idéologie politique prédéterminée ? », a-t-il ajouté.
« Les parents de Pittsburgh méritent une transparence totale, un enseignement intellectuellement honnête et l’assurance que l’éducation de leurs enfants est guidée par l’excellence académique plutôt que par des objectifs idéologiques. »
« Il ne s’agit pas d’éviter une histoire difficile ou des vérités dérangeantes », a conclu Rosenberg. « Il s’agit de veiller à ce que l’enseignement public forme des esprits indépendants plutôt que des militants politiques. »