Pluies torrentielles à Gaza ; un bébé meurt d’hypothermie
Lagence de défense civile du Hamas a estimé que neuf tentes sur dix parmi les quelque 125 000 tentes de déplacés dans la bande de Gaza avaient été inondées
Des pluies torrentielles se sont abattues sur la bande de Gaza, inondant des centaines de tentes qui abritent des familles déplacées par deux années de guerre, et entraînant la mort d’une petite fille par hypothermie, selon des responsables sanitaires locaux liés au Hamas.
Les secouristes affirment que Rahaf Abu Jazar, âgée de huit mois, est morte d’hypothermie après que l’eau a inondé la tente de sa famille à Khan Younès, dans le sud de l’enclave.
Selon les médias arabes, elle est décédée dans une tente pour personnes déplacées.
Il s’agit du premier décès lié aux conditions météorologiques signalé à Gaza cet hiver. Selon les Nations unies, au moins huit nouveau-nés sont morts d’hypothermie l’hiver dernier.
Des images tournées à l’hôpital Nasser montrent Ahmed, le père d’Abu Jazar, s’adressant aux journalistes tout en serrant dans ses bras le corps inerte de sa fille, entouré de parents en deuil.
La tente de la famille était détrempée par la pluie et les eaux usées lorsque Rahaf est morte, a déclaré Ahmed. « C’est le froid qui l’a tuée », a-t-il déclaré. « Personne ne parle des enfants. Ils meurent les uns après les autres. »
En pleurs et tenant Rahaf dans ses bras, sa mère, Hejar Abu Jazar, a déclaré qu’elle avait nourri la petite fille avant qu’ils ne s’endorment.
« Quand nous nous sommes réveillés, nous avons trouvé la pluie et le vent sur elle, et la petite fille est morte subitement de froid », a-t-elle déclaré à Reuters.
« Elle n’avait rien. Oh, le feu dans mon cœur, le feu dans mon cœur, oh ma vie », dit-elle.
Dans un campement de tentes à Khan Younès, certains hommes utilisaient des pelles pour retirer l’eau et la saleté qui bloquaient l’accès aux abris, tandis que d’autres préparaient des sacs de sable pour protéger les tentes contre les vents violents et la pluie.
« Regardez ça. Comment suis-je censée laisser les enfants dormir ? Dites-moi comment ? », s’exclame Umm Mohammed Abd Elaal en inspectant sa tente, renversée par les vents.
« Nous ne pouvons rien faire. La literie est trempée et il nous faut deux ou trois jours pour la sécher avant de pouvoir dormir dessus à nouveau. Ces tentes ne protègent absolument pas de la pluie ou des intempéries », explique son voisin, Ahmed Salem.
L’OCHA, l’agence des Nations unies pour les affaires humanitaires, a déclaré mardi dans son bulletin quotidien que 850 000 personnes vivant dans 761 camps de déplacés à travers la bande de Gaza étaient exposées au risque le plus élevé d’inondation à l’approche de la tempête.
Jeudi, l’agence de défense civile du Hamas a estimé que neuf tentes sur dix parmi les quelque 125 000 tentes de déplacés dans la bande de Gaza avaient été inondées.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient des camps de tentes inondés d’eau sale, parfois jusqu’à hauteur des genoux. Dans une vidéo tournée à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza, et publiée par le photojournaliste Mahmoud Awad d’Al Jazeera, quatre hommes, dont trois pieds nus, transportent une vieille femme à travers une mare d’eau boueuse qui leur arrive aux chevilles.
Un Palestinien tué après l’effondrement d’un mur suite aux pluies
Par ailleurs, un Palestinien a été tué jeudi par l’effondrement d’un mur suite aux pluies dans le camp de réfugiés de Shati, à l’ouest de Gaza-City, a rapporté Al Jazeera, citant une source des services d’urgence.
L’agence de défense civile du Hamas a indiqué plus tôt qu’au moins trois bâtiments s’étaient partiellement effondrés à Gaza en raison des fortes pluies. Aucun blessé n’a été signalé.
Des images filmées par un secouriste dans le quartier de Nasser, à Gaza-City, montrent une partie d’un immeuble de quatre étages bombardé s’effondrer.
L’agence du Hamas a averti la population de ne pas chercher refuge dans des bâtiments endommagés par Israël et a accusé le pays de refuser de laisser entrer des mobile homes à Gaza pour remplacer les tentes.
Une porte-parole du COGAT, l’organisme du ministère israélien de la Défense chargé de coordonner l’aide à Gaza, n’a pas répondu à une demande de commentaires.
En octobre, après la conclusion de l’accord de cessez-le-feu actuel entre Israël et le Hamas, les Nations unies ont signalé que plus de la moitié des bâtiments de Gaza avaient été détruits depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023.
Lors du précédent cessez-le-feu à Gaza, Israël avait autorisé l’entrée de certains équipements de construction lourds et de maisons mobiles à Gaza.
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