Plus de 8 millions de Syriens étaient recherchés par les services d’Assad

Des centaines de milliers de Syriens ont été jetés en prison, où beaucoup ont été torturés, et des dizaines de milliers sont toujours portés disparus

Une photo aérienne montre des gens rassemblés à la prison de Saydnaya à Damas le 9 décembre 2024. Des secouristes syriens ont fouillé la prison de Sednaya, synonyme des pires atrocités du régime du président déchu Bachar al-Assad, alors que les habitants de la capitale se rassemblaient le 9 décembre pour célébrer un jour après la fuite d'Assad tandis que les rebelles dirigés par les islamistes envahissaient la capitale, mettant fin à cinq décennies de règne brutal sur un pays ravagé par l'une des guerres les plus meurtrières du siècle. (Photo par OMAR HAJ KADOUR / AFP)

Le ministère syrien de l’Intérieur a affirmé samedi que plus de huit millions de personnes étaient recherchées par les services de renseignement et de sécurité de l’ancien pouvoir de Bashar al-Assad, renversé en décembre.

« Le nombre de personnes [qui étaient] recherchées par l’ancien régime pour des raisons politiques dépasse les huit millions », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Noureddine al-Baba.

« Il s’agit d’environ un tiers des Syriens qui étaient fichés et recherchés par les services de renseignement et de sécurité répressifs de l’ancien régime », a-t-il déclaré.

Après le déclenchement de la guerre civile en Syrie en 2011, suite à la répression par Assad des manifestations anti-pouvoir, des millions de Syriens se sont retrouvés pris dans les filets des redoutables services de sécurité, confrontés à des poursuites et à de mauvais traitements.

Ils ont été accusés notamment d’avoir participé à des manifestations ou de les avoir encouragées, d’avoir communiqué avec des parties étrangères ou d’avoir financé et soutenu le « terrorisme ».

Assad qualifiait ses opposants de « terroristes ». Des centaines de milliers de Syriens ont été jetés en prison, où beaucoup ont été torturés, et des dizaines de milliers sont toujours portés disparus.

Des Syriens célèbrent la première prière du vendredi depuis l’éviction de Bachar al-Assad sur la place centrale de Damas, en Syrie, le 13 décembre 2024. (AP Photo/Hussein Malla, fichier)

Par ailleurs, le porte-parole du ministère de l’Intérieur a annoncé la création de nouveaux départements au sein du ministère, dont un organe de sécurité des frontières terrestres et maritimes chargé de « lutter contre les activités illégales, en particulier les réseaux de trafic de drogue et d’êtres humains ».

Un service de police du tourisme sera chargé de sécuriser les sites touristiques du pays, dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, comme la cité antique de Palmyre.

Une coalition islamiste a pris le pouvoir en décembre en Syrie et son chef, Ahmad al-Sharaa, a été proclamé président pour une période transitoire de cinq ans, après plusieurs décennies sous le pouvoir du clan Assad.

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