Polémique après l’annulation d’un derby à Tel Aviv pour cause d’émeutes
Quelque 30 000 spectateurs ont dû être évacués après que des pétards et des fumigènes ont été lancés sur le terrain
Une polémique se développe en Israël après l’annulation par la police d’un derby de Tel Aviv entre le Maccabi l’Hapoel dimanche soir, en raison d’émeutes et d’incidents dans et autour du stade où se jouait le match du championnat israélien de football, a indiqué lundi la police israélienne.
L’incident fait suite à l’annonce jeudi de l’interdiction pour les fans du Maccabi d’assister à un match de Ligue Europa contre Aston Villa le mois prochain à Birmingham (Royaume-Uni) pour raisons sécuritaires. Le gouvernement britannique a annoncé le lendemain « tout faire » pour que le match programmé le 6 novembre se tienne en présence de « tous les supporteurs ».
Lundi, sur la radio publique Kan, un porte-parole de la police israélienne a expliqué que la rencontre entre le Maccabi et l’Hapoel « était un match sensible » qui avait mobilisé 500 policiers.
« Les supporters ont commencé à provoquer les policiers à l’extérieur, puis sont entrés dans le stade où ils ont donné lieu à un véritable spectacle pyrotechnique extrêmement dangereux […] Il y a eu encore plus de violences à l’extérieur, après l’évacuation du stade. Grâce à l’action des policiers, il n’y a pas eu de morts ni de blessés graves », a raconté le porte-parole.
L’annulation du match à Tel Aviv et l’évacuation des quelque 30 000 personnes présentes dans le stade ont suscité plusieurs réactions politiques, dont celle de Yaïr Lapid, chef de file de l’opposition, qui a estimé que cet événement s’ajoutait à « la liste interminable des échecs du ministre défaillant [de la Sécurité nationale] Itamar Ben Gvir, qui n’a pas été capable d’assurer la tenue d’un match de football en Israël ».
« Il semble que la police se préparait pour une guerre et non pour un événement sportif », a commenté sur le réseau social X l’Hapoel Tel Aviv.
« Tout le monde a vu les vidéos choquantes : des enfants piétinés par des chevaux, la police frappant les supporters sans discernement. La police a pris le contrôle de l’industrie [du football] – et nous appelons les responsables du football israélien à faire tout leur possible pour y mettre fin, sinon il n’y aura plus de football ici », a-t-il ajouté.
Le député Vladimir Beliak, du parti Yesh Atid de Lapid, a déclaré « qu’après Netanyahu, Ben Gvir et ses nominations absurdes, il n’y a plus de police capable de faire son travail, à savoir assurer la sécurité d’un événement aussi basique qu’un match de football ».
« Visiblement, il est plus facile de s’en prendre aux citoyens en lisant les noms des otages », a-t-il ajouté, faisant référence aux actions policières contre les manifestants.
« Je souhaite un prompt rétablissement à toutes les personnes blessées lors de cet incident. »
« Je pense que la police a agi correctement, des dizaines de fumigènes ont été lancés, des policiers et des civils ont été blessés, c’était un véritable champ de bataille et la réaction était justifiée », a de son côté estimé M. Ben Gvir, plus tard lundi.
Le PDG de l’Hapoel Tel Aviv, Guy Primor, a contesté cette décision, déclarant aux médias : « Il y a eu des matchs où des choses bien pires se sont produites, et ils ont été joués. Personne n’explique pourquoi le match a été annulé. Quoi, tous les matchs où il y a des fusées éclairantes vont être annulés ? Où va-t-on ? »
Le PDG du Maccabi Tel Aviv, Ben Mansford, a déclaré : « Si la police a décidé d’annuler le match parce qu’elle ne pouvait pas garantir la sécurité des joueurs, cette décision était justifiée. Le Maccabi Tel Aviv devrait remporter une victoire technique. »
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