« Pour défendre le Liban », le Hezbollah l’entraîne dans la guerre ; les Houthis devraient suivre

Les tirs vers Israël nuisent aux efforts de Beyrouth pour éviter un conflit régional, s'inquiète le président libanais

Le chef du Hezbollah, Naim Qassem, lors d'une interview au média al-Mayadeen diffusée le 8 juillet 2025. (Capture d'écran X)

Dans un communiqué, le Hezbollah a dit avoir lancé « une salve de missiles et un essaim de drones » dans la nuit « en représailles au sang pur » de l’ayatollah Ali Khamenei « et pour défendre le Liban et son peuple », ainsi qu’en réaction aux attaques répétées d’Israël ».

Samedi, le Liban avait reçu, par l’entremise des Etats-Unis, l’assurance qu’Israël n’allait pas l’entraîner dans une « escalade » tant que des attaques ne viseraient pas le territoire israélien depuis le pays, avait indiqué la présidence à Beyrouth.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, avait lui indiqué que Beyrouth – qui redoutait l’implication du Hezbollah pro-iranien dans le conflit – menait des contacts diplomatiques intensifs pour éviter « les répercussions » des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.

« Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l’agression », avait promis dimanche le chef du Hezbollah, Naim Qassem dans un communiqué, ajoutant : « Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas […] le terrain de la résistance. »

Salam a qualifié lundi d’ « acte irresponsable » les tirs effectués depuis le Liban en direction d’Israël, revendiqués par le mouvement chiite Hezbollah en représailles à l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.

« Peu importe qui est derrière, les tirs de roquettes depuis le sud du Liban sont un acte irresponsable et suspect qui met en danger la sécurité du Liban et donne à Israël des excuses pour continuer ses attaques contre ce pays », a écrit Salam sur le réseau social X, promettant d’ « arrêter les coupables ».

Le président libanais Joseph Aoun s’est aussi joint aux condamnations de cette attaque, qui intervient au moment même où la pression de Washington s’intensifiait sur Beyrouth pour remplir sa promesse de désarmer ce groupe.

« Le lancement de missiles depuis le territoire libanais ce matin va à l’encontre de tous les efforts et démarches entrepris par l’État libanais pour maintenir le Liban à l’écart des dangereuses confrontations militaires en cours dans la région », a déclaré M. Aoun dans un communiqué, déplorant « l’insistance à utiliser une fois de plus le Liban comme plateforme pour des guerres qui ne (le) concernent pas ».

L’armée israélienne a dit avoir visé plusieurs dirigeants du Hezbollah dans la région de Beyrouth, ainsi qu’un autre dans le sud du Liban.

Le chef du Commandement du Front intérieur, le général de division Rafi Milo, s’exprime dans une déclaration vidéo, tôt le 13 juillet 2025. (Crédit : Armée israélienne)

« Les frappes se poursuivent et leur intensité va augmenter », a écrit le général Rafi Milo, chef du commandement nord, dans un communiqué de l’armée israélienne sur Telegram, assurant que le mouvement allait « payer le prix fort » pour son soutien à Téhéran.

Il a précisé que d’importantes troupes avaient été déployées le long de la frontière et que d’autres pourraient suivre, excluant à ce stade une évacuation de la population du nord d’Israël, directement exposée à des tirs depuis le Liban.

Selon un premier bilan officiel, ces frappes israéliennes ont fait 31 morts et 149 blessés. Le chef de l’armée israélienne, Eyal Zamir, affirme que les frappes au Liban pourraient durer de « nombreux jours ».

En Iran, les Gardiens de la Révolution ont affirmé sur Telegram que le Hezbollah avait « attaqué Haïfa avec six missiles ».

« Le Yémen entrera aussi dans la bataille dans quelques heures », ont ajouté les Gardiens en référence aux Houthis.

Une conférence internationale était prévue cette semaine à Paris en soutien aux forces armées et aux forces de sécurité intérieure libanaises, dont la mission est de désarmer le Hezbollah. Son report, au moins jusqu’en avril, a été annoncé dimanche.

read more: