Pour faire face aux défis galactiques, Tsahal se dote d’un chef de la division spatiale

Katz évoque une « Guerres des étoiles à l'Israélienne » ; La division supervisera la montée en puissance et les opérations dans l'espace

Le lancement du satellite espion Ofek 19 depuis la base aérienne de Palmachim, le 2 septembre 2025. (Ministère de la Défense)

Lundi, l’armée israélienne a annoncé la nomination du premier commandant de sa toute nouvelle Division spatiale, chargé de diriger ses projets de guerre spatiale.

Elle a déclaré que la Division spatiale, rattachée à la Direction de la planification, « dirigerait la montée en puissance des forces et opérations, consoliderait les connaissances et la formation, et ferait progresser le domaine spatial en tant que profession militaire ».

Cette division a été créée après que l’armée a déclaré avoir identifié que « le domaine spatial était d’importance nationale, devenu un domaine de combat actif, avec le potentiel d’une véritable arène militaire dans les années à venir ».

Le général de brigade « Shin » — connu par son initiale en hébreu — a été choisi pour prendre la tête de la Division spatiale lundi soir, dans le cadre d’une série de nominations militaires de haut rang décidées par le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir.

En plus de la création de cette Division spatiale, plusieurs projets militaires liés à l’espace ont été approuvés ces douze derniers mois, allant de l’exploitation de capteurs depuis l’espace vers la Terre à la guerre spatiale, explique Tsahal.

Jusqu’à présent, la force aérienne israélienne, dont le nom officiel complet est la Branche de l’air et de l’espace, était responsable des opérations liées à l’espace, notamment des lancements de satellites et de la défense contre les missiles balistiques.

Le satellite de reconnaissance israélien Ofek-13 décolle du centre d’Israël le 29 mars 2023. (Crédit : Ministère de la Défense)

À la suite de leur lancement, les satellites espions de l’armée sont contrôlés par l’Unité 9900 de la Direction du renseignement militaire, un détachement du renseignement visuel.

On ignore à ce stade quelles responsabilités seront transférées à la toute nouvelle Division spatiale.

Mardi matin, le ministre de la Défense, Israel Katz, a salué la décision de l’armée d’ouvrir cette nouvelle Division spatiale, affirmant qu’elle s’inscrivait dans le cadre de la politique visant à faire d’ « Israël une puissance spatiale sécuritaire : une Guerre des étoiles à l’Israélienne ».

« L’objectif de Tsahal et de l’appareil de défense est de faire d’Israël l’un des plus grands pays dans le domaine de la sécurité spatiale », a déclaré Katz.

Le ministre de la Défense, Israel Katz, arrivant au mur Occidental à l’occasion de la fête juive de Souccot, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 28 septembre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Il a ajouté que la « capacité de surveillance, de défense et d’attaque depuis l’espace, sur n’importe quelle cible et sur de vastes zones, consoliderait le statut de puissance régionale et mondiale d’Israël, dissuaderait ses ennemis, plus ou moins proches, et assurerait notre sécurité pour les générations à venir ».

« Le développement de capacités militaires dans l’espace sera une source d’inspiration et donnera un gros coup de pouce à l’industrie et à l’économie israéliennes dans les domaines du développement, de l’entrepreneuriat et de la fabrication dans des secteurs mondiaux de pointe. Cela fera d’Israël une nation technologique et spatiale, aussi dans la sphère civile », a ajouté Katz.

La militarisation de l’espace est aussi ancienne que la course à l’espace : depuis le lancement de Spoutnik en orbite, en 1957, Washington et Moscou cherchent le moyen d’armer et de détruire des satellites.

Le général américain John « Jay » Raymond, commandant du Commandement spatial américain, à gauche, et le sergent-chef Roger Towberman, au centre, tiennent le drapeau de la Space Force tandis que le président Donald Trump le désigne lors de la présentation dans le bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le 15 mai 2020. (Photo AP/Alex Brandon)

L’inquiétude relative aux armes nucléaires dans l’espace s’est éteinte lorsque les superpuissances et d’autres pays ont signé le Traité sur l’espace extra-atmosphérique, en 1967, et interdit la présence d’armes de destruction massive en orbite.

Depuis lors, la Russie, les États-Unis, la Chine et l’Inde cherchent le moyen de livrer combat depuis l’espace en dehors des limites de ce traité, notamment en ciblant les satellites rivaux, essentiels aux communications militaires, à la surveillance et à la navigation.

Selon l’armée israélienne, l’Iran développerait des capacités pour attaquer des satellites. En mars dernier, lors de la guerre, Tsahal a déclaré avoir frappé et détruit une installation spatiale iranienne à Téhéran qui abritait des programmes spatiaux militaires, notamment le satellite iranien Chamran-1, ainsi que des « capacités de frappe contre des satellites, représentant une menace pour les satellites de l’État d’Israël et les atouts spatiaux d’autres pays ».

Nouvelle Division robotique et réactivation de la brigade blindée

Lundi toujours, Zamir a annoncé la nomination d’un commandant pour la toute nouvelle Division robotique.

Le général de brigade « Yud » a été choisi pour diriger la Division robotique, dont le siège se trouvera au sein du Corps des opérations en profondeur, discrète unité pluridisciplinaire compétente pour les opérations militaires au-delà des frontières d’Israël, récemment réorganisée pour prendre en charge les opérations militaires dans le deuxième cercle, c’est-à-dire les forces relais de l’Iran au Yémen et en Irak.

Le mois dernier, Zamir avait annoncé la fin des travaux préparatoires à la création d’une nouvelle branche de l’armée chargée des systèmes non habités et de l’IA. D’après l’annonce faite lundi, il semble que cette branche sera, tout du moins dans un premier temps, rattachée à une unité de premier rang.

Dans le cadre de cette dernière série de nominations, l’armée a déclaré que le lieutenant-colonel « Resh » serait promu colonel et commanderait la 500e brigade blindée, une unité de chars fermée en 2003 et actuellement en cours de réorganisation.

En 2025, l’armée avait fait savoir qu’à compter de 2026, elle établirait les bataillons de chars de la nouvelle brigade.

Un char de la 401e brigade blindée lors d’un exercice dans le nord d’Israël, sur une photo diffusée le 23 janvier 2026. (Crédit : Tsahal)

Parmi les nominations annoncées lundi figurent un nouveau général de brigade et 36 nouveaux colonels, ainsi que deux généraux de brigade et 24 colonels appelés à d’autres fonctions, mais au même grade, sans oublier cinq officiers supérieurs envoyés effectuer des études entre deux postes.

Cette liste de nominations n’a pas encore été validée par Katz, dont rien n’indique qu’il y soit opposé.

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