Pour le Premier ministre et le chef de Tsahal, Israël est prêt à reprendre la guerre contre l’Iran
Katz fait écho aux propos tenus lors de la cérémonie de remise des diplômes des pilotes de Tsahal, affirmant qu'Israël est prêt à 'rétablir sa supériorité aérienne' ; Washington ne serait pas disposé à ramener Israël dans le conflit
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre de la Défense Israel Katz et le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, ont tous affirmé, dans la journée de jeudi, qu’Israël était prêt à retourner en guerre contre l’Iran à tout moment. Des propos qui sont intervenus dans un contexte de reprise des hostilités entre la République islamique et les États-Unis – une situation dans laquelle Jérusalem n’a pour l’instant pas encore été entraînée.
Les trois hommes se sont exprimés lors d’une cérémonie de remise des diplômes organisée pour les pilotes de l’armée de l’air israélienne, auxquels le président Isaac Herzog a rendu hommage dans son allocution, soulignant qu’ils constituaient la première promotion à avoir suivi et achevé un programme de formation de plusieurs années durant une seule et même guerre.
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré que la campagne en Iran n’était « pas terminée ».
« De nouveaux plans sont en cours d’élaboration. Des opérations de grande envergure nous attendent encore. Soyez prêts », a-t-il indiqué dans une brève allocution.
Zamir a ajouté qu’il ne prononcerait pas le discours qu’il avait prévu, suite aux longues interventions de Herzog, Netanyahu et Katz lors de la cérémonie.
« Vous avez suivi une formation à la captivité, ce qui vous a également préparés à cette cérémonie », a-t-il lancé avec humour aux pilotes.
Dans le discours qu’il avait écrit, Zamir devait faire savoir que des centaines d’avions de l’armée de l’air israélienne étaient, ces dernières semaines, prêts à « décoller immédiatement », l’armée restant en état d’alerte maximale face à l’évolution de la situation au Moyen-Orient.
« Même dans l’instant présent, nous suivons de près l’évolution de la situation en Iran et au Liban ; nous restons en état d’alerte maximale, prêts à intervenir immédiatement », indiquait le texte initial de son allocution.
Le discours de Netanyahu a également abordé la question de l’offensive menée par Israël contre le groupe terroriste chiite du Hezbollah. Le Premier ministre a assuré aux pilotes diplômés que l’armée israélienne maintiendrait sa présence au Liban aussi longtemps que nécessaire.
« Nous resterons dans la zone de sécurité du Sud-Liban aussi longtemps qu’il le faudra pour garantir la sécurité de nos communautés du Nord », a-t-il affirmé.
En condition à sa participation au prochain cycle de pourparlers directs, qui est prévu la semaine prochaine à Rome, le Liban exige qu’Israël respecte son engagement à se retirer de deux « zones pilotes » situées dans le sud du pays et à les transférer à l’armée libanaise. Les forces israéliennes conserveraient toutefois une zone tampon dans le sud du Liban.
Sur la question de la campagne contre l’Iran, le Premier ministre a rappelé une nouvelle fois sa promesse – maintes fois réitérée – selon laquelle « avec ou sans accord, l’Iran ne pourra pas se doter d’armes nucléaires ».
Il a également souligné que l’armée américaine constituait « un formidable multiplicateur de force » pour Israël.
Sans le mentionner directement, Netanyahu a en outre fait allusion à l’annonce du président américain Donald Trump, qui a fait part de son intention de vendre des avions de combat F-35 à la Turquie, pays membre de l’OTAN et l’un des détracteurs les plus virulents d’Israël.
« La guerre n’est pas terminée », a déclaré Netanyahu. « En plus des anciens défis, d’autres continuent d’apparaître. D’anciens axes s’effondrent, et de nouveaux voient le jour. Nous nous préparons à tous les scénarios. Une chose est sûre : nous devons toujours conserver une supériorité sur nos ennemis. »
« Préserver la supériorité aérienne d’Israël est une pierre angulaire de notre doctrine de sécurité nationale. C’est également un point essentiel au maintien de la stabilité dans un Moyen-Orient en proie aux troubles », a-t-il ajouté, reprenant les arguments qu’il avait avancés ces derniers jours pour s’opposer à cette vente. « Pour cela, nous améliorerons continuellement tant nos ressources humaines que notre technologie. »
L’armée israélienne est « en état d’alerte et prête à reprendre la campagne » en Iran, a déclaré le ministre de la Défense, Israel Katz.
Devant les pilotes fraîchement diplômés, il a affirmé que Tsahal était déterminée à « rétablir sa supériorité aérienne et à mener des frappes ‘bleues et blanches’ [des frappes israéliennes indépendantes] en Iran pour faire cesser les menaces – même pour la troisième fois ».
« Si nous devons y retourner, nous y retournerons, avec encore plus de force », a ajouté Katz.
« Pour qu’ils comprennent qu’on ne plaisante pas »
Selon la transcription israélienne de cet appel téléphonique, Netanyahu s’est entretenu jeudi avec Trump des opérations militaires américaines dans le golfe Persique.
Netanyahu a également souligné les déclarations hostiles du président turc Recep Tayyip Erdogan, proche allié de Trump, ainsi que les inquiétudes d’Israël concernant la vente potentielle de F-35.
Le Premier ministre a enfin rappelé la nécessité pour Israël de maintenir des zones tampons le long de ses frontières, a rapporté son cabinet, dans un contexte marqué par des progrès concernant le retrait israélien des « zones pilotes » au Liban, qui seront transférées à l’armée libanaise.
Trump et Netanyahu sont convenus de poursuivre leur action concertée dans la région, a indiqué le cabinet du Premier ministre.
Par ailleurs, la chaîne N12 a annoncé jeudi soir qu’Israël se préparait à l’éventualité que l’Iran élargisse son éventail de cibles pour y inclure des bases israéliennes utilisées par l’aviation américaine, notamment Nevatim et Ramon.
Une coordination est en cours entre l’armée israélienne et le Commandement central américain à ce sujet, a ajouté la chaîne.
Toutefois, malgré la volonté des responsables politiques et militaires israéliens d’entamer un nouveau cycle de combats avec l’Iran, Washington ne serait pas disposé à replonger Jérusalem dans le conflit, selon des responsables américains cités par la chaîne.
D’après N12, Trump devrait convoquer prochainement ses principaux collaborateurs et responsables de la sécurité nationale pour décider de la suite des opérations.
Un responsable américain a confié à N12 que les combats pourraient durer de quelques jours à un mois, selon que l’Iran continuera ou non ses attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.
« Nous allons leur faire un peu mal, pour qu’ils comprennent que nous ne plaisantons pas », a indiqué ce responsable.
Washington ne souhaite guère, pour l’instant, que Jérusalem s’engage dans les combats, a fait savoir la chaîne.
Une des options envisagées serait plutôt de réimposer un blocus naval américain sur les ports iraniens, une mesure que Trump a publiquement évoquée, même si aucune décision n’a encore été prise, a précisé la chaîne. De nombreux responsables proches du président sont convaincus qu’une telle initiative serait adaptée. Les États-Unis avaient imposé un premier blocus après la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran suite au déclenchement de la guerre.