Poutine va s’entretenir avec Pezeshkian suite au « snapback » des sanctions de l’UE

Moscou fustige Londres, Paris et Berlin avant la réunion des présidents russe et iranien en Chine, affirmant que la réimposition de sanctions entraînera des 'conséquences irréparables'

Le président russe Vladimir Poutine (à gauche) et le président iranien Massoud Pezeshkian lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, en Russie, le 17 janvier 2025. (Crédit : Evgenia Novozhenina/Pool/AFP)

Le président russe, Vladimir Poutine, discutera du programme nucléaire de Téhéran avec son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, lors d’une rencontre en Chine, a annoncé le Kremlin vendredi.

« Il y a des choses à discuter, notamment la situation autour du programme nucléaire iranien », a déclaré à des journalistes le conseiller diplomatique du chef de l’État russe, Iouri Ouchakov.

L’Iran, soupçonné par les pays occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique, est confronté à la menace d’un rétablissement des sanctions par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

La Russie, alliée de Téhéran, lui a apporté son soutien vendredi.

« Nous les appelons avec insistance à retrouver la raison et à réviser leurs décisions erronées avant qu’elles n’aient des conséquences irréparables et ne provoquent une nouvelle tragédie », a déclaré dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Jeudi, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui forment l’E3, ont déclaré que, « sur la base de preuves factuelles », ils estimaient que l’Iran était en position de « non-respect important de ses engagements » pris en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015 – connu sous l’acronyme JCPOA.

Ces trois pays ont par conséquent « invoqué » le « snapback », mécanisme qui ouvre un processus de trente jours permettant de réimposer une série de sanctions suspendues il y a dix ans.

La Russie a qualifié cette décision de « grave facteur de déstabilisation qui sape les efforts faits à différents niveaux pour trouver des solutions par le biais de négociations ».

Elle a jugé « prioritaire » le « rétablissement d’un dialogue constructif » entre toutes les parties impliquées, afin d’éviter une « nouvelle crise » liée au dossier nucléaire iranien.

Soutenant le JCPOA, l’UE a participé aux négociations entre l’E3 et l’Iran, notamment à Genève, où une ultime réunion a eu lieu cette semaine, avant l’annonce de la mesure par les Européens jeudi.

Téhéran dément vouloir se doter de l’arme atomique et affirme avoir le droit de développer un programme nucléaire civil.

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