Presque tous les habitants de Gaza ont besoin d’un abri alors qu’El Niño menace le climat – ONU
L'armée israélienne a annoncé la mort de trois terroristes du Hamas et du Jihad islamique lors de frappes à Gaza, tandis que des dépôts d'armes appartenant à ces organisations ont également été pris pour cible
La quasi-totalité de la population de Gaza a besoin de tentes ou d’aide pour se loger à l’approche de l’hiver, alors que le phénomène climatique El Niño devrait entraîner des précipitations plus abondantes et que les approvisionnements restent rares en raison des restrictions israéliennes, a fait savoir, dans la journée de vendredi, l’agence des Nations unies pour les migrations.
El Niño — qui pourrait être le plus puissant jamais enregistré, selon l’agence météorologique de l’ONU — pourrait fragiliser davantage les bâtiments instables et provoquer des inondations, compte tenu des réseaux d’assainissement fortement endommagés de l’enclave, a indiqué l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Les quelque 2 millions de personnes qui vivent dans l’enclave – qui a été largement dévastée par la guerre lancée par le Hamas en octobre 2023 – ont besoin d’aide, mais seulement environ 17 % des besoins en fournitures pour les abris d’hiver ont été satisfaits par les acteurs humanitaires, a expliqué la directrice générale de l’OIM, Amy Pope.
« Les familles qui ont déjà subi des déplacements répétés et des pertes dévastatrices doivent pouvoir affronter l’hiver en toute sécurité et dans la dignité », a dit Pope. Elle a ajouté que les restrictions imposées par les autorités israéliennes empêchaient les organisations humanitaires d’intensifier leurs interventions.
L’OIM a indiqué que 8 600 kits d’abris d’urgence, qui comprennent du bois, une bâche et du matériel de base, n’ont pas été autorisés à entrer à Gaza sur décision des autorités israéliennes qui ont jugé que ces matériaux pouvaient être à double usage, ce qui signifie qu’ils pourraient être utilisés à des fins militaires par des groupes terroristes.
Le COGAT, l’instance militaire israélienne qui est chargée de superviser l’acheminement de l’aide vers Gaza, n’a pas répondu à la demande de commentaires de Reuters. Israël invoque des raisons de sécurité pour justifier ses restrictions à l’égard de Gaza. L’État juif a également déclaré que la reconstruction du territoire ne pourrait pas commencer tant que le Hamas ne se serait pas désarmé.
L’OIM a indiqué avoir pu acheminer quelques bâches et tentes, mais que cela était insuffisant au regard des besoins actuels à Gaza.
Plus de la moitié des tentes et des abris de fortune de l’enclave doivent être remplacés car ils sont en mauvais état, a précisé l’OIM, qui a averti qu’il n’y avait que peu d’alternatives, les bâtiments endommagés par la guerre présentant des risques pour la sécurité.
Il avait été déterminé, au mois d’août dernier, que plus de 3 600 structures étaient dangereuses, présentant un risque d’effondrement, tandis qu’environ 1,8 million de personnes vivent dans des sites d’accueil pour personnes déplacées — la plupart dans des zones exposées aux inondations, a précisé l’OIM.
Les frappes de l’armée israélienne visent des membres de groupes terroristes et des dépôts d’armes
L’armée israélienne a annoncé, dans la journée de vendredi, avoir tué trois membres de groupes terroristes lors de frappes distinctes qui ont été menées jeudi dans la bande, dont deux membres du Jihad islamique palestinien et un commandant de compagnie du Hamas.
Hassam Walid Hassan Abu al-Ata, un commandant de l’unité de roquettes du Jihad islamique palestinien, et Magdi Moien Yousef al-Ayoubi, un membre de la branche militaire du groupe, ont tous les deux perdu la vie dans ces attaques.
Muhammad Aja, commandant de compagnie au sein de la branche armée du Hamas, a également été tué dans le quartier côtier d’al-Furqan, à Gaza.
Selon Tsahal, ces trois hommes avaient récemment « mené des attaques contre les soldats de l’armée israélienne » et ils avaient « agi pour rétablir les capacités des organisations terroristes », en violation de l’accord de cessez-le-feu.
Jeudi également, les forces israéliennes ont détruit quatre dépôts d’armes qui appartenaient au Hamas et au Jihad islamique palestinien lors de frappes menées dans toute la bande de Gaza, ont indiqué Tsahal et le Shin Bet dans un communiqué conjoint.
Ces groupes auraient stocké des dizaines d’armes sur ces sites, notamment des roquettes, des explosifs, des mortiers, des fusils AK-47 et d’autres équipements de combat.
Selon le communiqué conjoint, des avertissements préalables avaient été adressés aux civils et des munitions de précision ont été utilisées lors des frappes afin de « réduire le risque de dommages ».
Lors d’autres bombardements qui ont été effectués cette semaine, l’armée israélienne a dit avoir tué au moins neuf membres du Hamas, dont un commandant qui avait aidé à détenir des otages pendant la guerre ; plusieurs terroristes qui avaient pris part au pogrom du 7-Octobre et deux hommes armés qui préparaient des attaques depuis l’intérieur d’un hôpital de Gaza.
Dans tous les cas, l’armée a indiqué que ces hommes planifiaient activement de nouvelles attaques ou qu’ils tentaient de reconstruire les capacités militaires du groupe terroriste.
Plus de 74 200 personnes ont été tuées à Gaza depuis le massacre commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023 – dont plus de 1 400 depuis le cessez-le-feu qui avait été conclu au mois d’octobre 2025, selon le ministère de la Santé de l’enclave, dirigé par le Hamas, un bilan qui ne fait pas de distinction entre terroristes et civils.
L’armée israélienne considère le bilan général du Hamas comme globalement exact, les responsables militaires estimant que deux à trois civils ont perdu la vie pour chaque terroriste tué.
Tsahal affirme avoir tué plus de 24 000 terroristes à Gaza et 1 200 autres hommes armés qui se trouvaient sur le territoire israélien lors du pogrom du 7-Octobre.
Israël affirme chercher à minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains, lançant ses attaques depuis des zones civiles, notamment depuis des habitations, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Le cessez-le-feu d’octobre 2025, soutenu par les États-Unis, avait permis de mettre un terme aux combats majeurs dans ce territoire dévasté – mais il aura échoué à mettre fin aux frappes de l’armée israélienne, qui, selon cette dernière, visent à contrecarrer les attaques du Hamas et d’autres terroristes. L’enclave côtière reste divisée en deux zones distinctes, l’une contrôlée par Israël et l’autre par le Hamas.
Les efforts menés par les États-Unis pour parvenir à un accord global prévoyant le désarmement du Hamas et le retrait d’Israël sont au point mort en raison de désaccords sur la marche à suivre.