Projets d’attentats djihadistes : un mineur de la Sarthe écroué vendredi

Le mis en cause aurait reconnu devant les enquêteurs la majorité des faits qui lui sont imputés ; il aurait notamment voulu prendre pour cible l'ambassade d'Israël

Illustration : Un policier tenant une paire de menottes. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Un mineur de 17 ans a été mis en examen et écroué vendredi pour avoir projeté des attentats djihadistes visant des ambassades, des bâtiments officiels ou des édifices publics de la Sarthe, où il résidait, a appris l’AFP de sources proches du dossier, samedi, confirmant une information du journal Le Parisien.

Sollicité par l’AFP, le Parquet national antiterroriste (Pnat) a refusé de commenter.

« C’est un jeune qui est tombé dans une spirale à laquelle l’interpellation a heureusement mis un terme. Il faudra étudier sur quelles failles et fragilités ces idées néfastes ont pu s’installer. Surtout, il faut chercher quel adulte a profité de la faiblesse de mon client », a réagi Me Dylan Slama, l’avocat du mis en cause, sollicité par l’AFP.

Selon l’une des sources proches du dossier, le Pnat a ouvert une enquête mi-août sur le jeune homme, suspecté d’avoir imaginé différents projets, découverts lors de conversations sur des messageries cryptées.

Il est notamment soupçonné d’avoir envisagé, à long terme, de mener une action violente contre un commissariat du Mans, les ambassades d’Israël, du Royaume-Uni ou des États-Unis à Paris, l’Élysée, le ministère de l’Intérieur et des Armées, le Parlement européen à Strasbourg, ainsi que des sièges de médias parisiens.

À plus court terme et de manière plus concrète, il aurait également envisagé d’incendier des établissements scolaires du Mans ou des forêts.

L’intéressé a été interpellé lundi au Mans, chez ses parents. Il s’est légèrement blessé en tentant de prendre la fuite, puis a été placé en garde à vue.

Des éléments ont été découverts à son domicile : un serment d’allégeance au groupe terroriste sunnite État islamique (EI), une liste d’établissements scolaires du Mans avec un nombre de litres écrit à côté, qui pourrait correspondre à une évaluation du volume d’essence nécessaire pour les incendier, ainsi que des formules chimiques d’explosifs.

Selon la même source, le mis en cause aurait reconnu la majorité des faits qui lui sont reprochés devant les enquêteurs.

Il se serait dit déterminé à agir, tout en affirmant que ses projets n’avaient rien de concret, car ils étaient de très grande ampleur.

Les acteurs de la lutte antiterroriste alertent régulièrement sur la recrudescence, depuis au moins 2023, de l’implication de mineurs dans le contentieux terroriste.

« Il y a quelques années encore, les mineurs mis en examen pour des faits de terrorisme se comptaient sur les doigts d’une main, alors que nous en avons eu 15 en 2023, 18 en 2024 et déjà 11 au 1ᵉʳ juillet », avait indiqué le Pnat fin juillet à l’AFP.

Avec cette nouvelle mise en examen, le total est porté à au moins quatorze mineurs impliqués pour l’année 2025.

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