Netanyahu va poursuivre un ex-collaborateur qui avait dit qu’il devait être considéré comme un « agent qatari »

Le parti indique que le Premier ministre va poursuivre Yoav Horowitz, un allié d’Eisenkot, et lui réclamer un demi-million de shekels pour ses propos dans un reportage qui faisait état de rencontres présumées entre Urich et un haut responsable qatari

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et son chef de cabinet de l'époque, Yoav Horowitz, arrivent pour une réunion hebdomadaire du Conseil des ministres au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 16 décembre 2018. (Crédit: Abir Sultan/Pool via AP)

Le Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a annoncé, dans la journée de jeudi, qu’il allait poursuivre en justice son ancien chef de cabinet Yoav Horowitz après que cet ancien collaborateur, qui a contribué à la création du parti Yashar de Gadi Eisenkot, a affirmé que le Premier ministre devait être considéré comme un « agent qatari ».

Netanyahu va intenter une action en justice contre Horowitz à hauteur d’un montant d’un demi-million de shekels en dommages et intérêts en raison des « propos graves et mensongers incitant à la haine » qui ont été tenus par le « partenaire d’Eisenkot », a fait savoir le Likud.

Horowitz, qui a été chef de cabinet de Netanyahu de 2016 à 2019, s’exprimait sur la chaîne d’information N12 au sujet des derniers reportages que la chaîne avait consacrés à l’affaire dite du « Qatargate », affaire dans laquelle des proches collaborateurs du Premier ministre sont soupçonnés d’avoir agi en tant que lobbyistes rémunérés pour le compte de cet État du Golfe qui a soutenu le Hamas pendant la guerre de Gaza. Netanyahu a qualifié cette enquête de « chasse aux sorcières ».

N12 a signalé mercredi que Jonatan Urich, un collaborateur de Netanyahu, avait rencontré Ali al-Thawadi, un haut responsable qatari, à au moins deux reprises en Europe au mois de juillet 2024. Au moins l’une de ces réunions aurait eu lieu en présence d’un autre collaborateur de Netanyahu, Yisrael Einhorn, et du lobbyiste américain Jay Footlik, qui sont tous les deux mis en cause dans le « Qatargate » aux côtés d’Urich.

Jeudi, la chaîne, qui s’est appuyée sur des transcriptions d’interrogatoires, a en outre fait savoir qu’un haut responsable du Mossad – qui a été identifié par l’initiale « Shin » – avait dit, dans un témoignage, qu’il avait organisé une rencontre avec Thawadi à la demande d’Urich et d’Einhorn.

Selon ce reportage, Urich, lors de son interrogatoire, a nié avoir demandé à rencontrer Thawadi ou même savoir de qui il s’agissait.

Si Urich a apparemment rencontré Thawadi, l’un des hommes les plus puissants du Qatar, à au moins deux reprises, le reportage a souligné que Netanyahu avait affirmé dans son propre témoignage dans cette affaire qu’Urich ne l’avait jamais abordé au sujet du Qatar et qu’il ne l’avait pas tenu au courant de ses réunions d’affaires et de ses relations avec des responsables qataris.

Invité sur N12 pour commenter le reportage, Horowitz a déclaré que Netanyahu « savait tout » de ce qui se passait dans son cabinet et que c’était lui qui avait envoyé Urich rencontrer Thawadi.

« Benjamin Netanyahu et Jonatan Urich ne font qu’un », a dit Horowitz. « Il faut partir du principe qu’en ce moment même, alors que nous parlons, Benjamin Netanyahu est un agent qatari ».

Yisrael Einhorn (à gauche) avec Jonatan Urich (au centre) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en 2019. (Crédit : Autorisation)

Si Netanyahu a témoigné devant la police dans le cadre de l’enquête en cours sur le « Qatargate », il n’a pas été désigné comme suspect. Les conseillers du Premier ministre ont nié toute malversation.

Horowitz, qui a également occupé le poste de directeur général par intérim du cabinet du Premier ministre sous Netanyahu, figure parmi les dix membres fondateurs du parti Yashar, selon un document officiel datant de la création du parti en 2025.

Eisenkot a nommé Horowitz à la tête de l’équipe chargée d’élaborer le programme de Yashar pour les 100 premiers jours potentiels de ce parti centriste au gouvernement.

De nombreux sondages indiquent que Yashar sortira vainqueur des élections du 27 octobre, faisant d’Eisenkot, ancien chef de l’armée israélienne, le favori pour détrôner Netanyahu. Horowitz ne figure pas sur la liste des candidats du parti.

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