Rania de Jordanie semble comparer le discours israélien sur les Palestiniens à la propagande nazie

Rania a accusé Israël de génocide à Gaza, affirmant que 'ces derniers mois, la famine et le génocide ont été confirmés par des organismes internationaux indépendants et mandatés par l'ONU'

La reine Rania de Jordanie lors de l'émission « Face the Nation » de CBS, dans une interview diffusée le 5 mai 2024. (Crédit : Capture d'écran CBS)

Lors d’une conférence en direction des jeunes, dans la journée de lundi, la reine Rania de Jordanie a semblé créer une équivalence entre l’attitude d’Israël envers les Palestiniens et la déshumanisation des Juifs par l’Allemagne nazie.

Rania s’est exprimée lors d’un sommet, One Young World, qui était organisé à Munich. Il rassemble de jeunes leaders potentiels du monde entier. Elle y a évoqué les discours de haine en tant que précurseurs des atrocités susceptibles d’être commises à travers le monde.

« Réduire ces discours à de simples paroles, c’est ignorer comment chaque génocide a commencé : par des mots », a-t-elle affirmé. « Les discours déshumanisants ont servi de prélude à certains des pires chapitres de l’Histoire humaine. Dans les années 1930, dans cette même ville, le parti nazi qualifiait les Juifs de vermine. Au Rwanda, les émissions sur les stations de radio publiques décrivaient les Tutsis comme étant des cafards. En Birmanie, les nationalistes comparaient les Rohingyas à des chiens errants ».

« Au lendemain de l’attaque du 7-Octobre, lorsqu’un responsable israélien a annoncé le siège complet de Gaza, il a qualifié la population ‘d’animaux humains’. Il a agi selon une stratégie éprouvée : convaincre le public que l’on a affaire à des bêtes, et les violences deviennent alors non seulement acceptables, mais nécessaires ».

Rania faisait ici référence à Yoav Gallant, ministre de la Défense à l’époque, qui avait déclaré, quarante-huit heures après le pogrom et au moment où l’ampleur des atrocités commises par le Hamas devenait évidente, qu’il avait ordonné « un siège complet de la bande de Gaza ».

« Nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence », avait-il expliqué.

En Israël, les propos tenus par Gallant avaient été largement compris comme une référence faite au Hamas et à d’autres groupes terroristes, compte tenu de la brutalité dont ils avaient fait preuve dans le sud du pays. L’État juif a par ailleurs affirmé, à plusieurs reprises, combattre des terroristes, et non la population de Gaza dans son ensemble.

Gallant lui-même avait indiqué ultérieurement qu’il parlait des « auteurs et de ceux qui ont orchestré ces attaques barbares ».

Mais ses paroles avaient trouvé un large écho du côté des détracteurs d’Israël qui, depuis, ont souvent prétendu que le ministre avait fait référence à l’ensemble de la population palestinienne.

Rania a ensuite accusé Israël de génocide à Gaza, affirmant que « ces derniers mois, la famine et le génocide ont été confirmés par des organismes internationaux indépendants et mandatés par l’ONU. Le monde l’a vu venir, mais n’a pas agi pour l’empêcher ».

Ce qui n’a pas été seulement le cas à Gaza, a-t-elle ajouté. « Partout dans le monde, nous voyons la haine s’infiltrer à nouveau dans les fondements de notre communauté internationale. Et le danger ne réside pas seulement dans ce que la haine détruit, mais aussi dans ce qu’elle remodèle : notre boussole morale, notre sens de la décence », a-t-elle continué.

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