Rassemblement pour soutenir la synagogue visée par une manifestation anti-Israël à NY

Le rabbin de la synagogue Park East, bousculée par une manifestation virulente à la fin du mois dernier, déclare à la foule : 'C'était une attaque contre la communauté juive'

Des New-Yorkais juifs se rassemblent pour soutenir la synagogue Park East, à New York, le 4 décembre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

NEW YORK — Jeudi soir, plus d’un millier de personnes se sont réunies lors d’un « rassemblement de solidarité » en soutien à une synagogue new yorkaise prise pour cible au cours d’une manifestation virulente à la fin du mois dernier.

Cette manifestation qui avait eu lieu à la fin du mois dernier, à l’entrée de l’école de la synagogue Park East, avait pris pour cible un événement informatif sur l’alyah. Ce sont l’emplacement du rassemblement, la violence des slogans et les menaces proférées par les manifestants qui avaient alarmé les New-Yorkais juifs.

Cette institution orthodoxe moderne est l’une des synagogues les plus importantes de la ville.

« Je suis profondément bouleversé par ce qu’a traversé la synagogue Park East », a déclaré le rabbin Arthur Schneier, s’adressant à la foule. Il a établi un parallèle entre cette manifestation et les attaques visant les synagogues durant la Shoah.

« Il ne s’agissait pas seulement une attaque contre la synagogue Park East. C’était une attaque contre la communauté juive, pour nous intimider. Mais nous n’avons pas peur. L’union fait la force, la division nous affaiblit », a-t-il ajouté. « Soyez forts, et renforçons-nous les uns les autres. »

Schneier a également demandé aux participants d’exhorter les représentants municipaux et étatiques à soutenir l’adoption de lois qui interdiraient les manifestations devant les lieux de culte. En début de semaine, deux législateurs municipaux ont fait une proposition de loi en ce sens. Le maire Eric Adams a pour sa part chargé la police d’évaluer les propositions visant à limiter les manifestations devant les lieux de culte.

Les manifestants présents au rassemblement de jeudi brandissaient des pancartes portant des slogans comme « New-Yorkais, Juifs, sionistes et fiers » et « Fiers de Park East ».

Le rabbin Arthur Schneier s’adresse à la foule devant la synagogue Park East à New York, le 4 décembre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Sur d’autres pancartes, des slogans dénonçaient spécifiquement l’antisionisme, dans un mouvement croissant visant à lutter contre l’antisionisme en tant que forme distincte de haine, et non en tant que position politique pouvant déboucher sur l’antisémitisme.

« Les antisionistes propagent des accusations pour inciter à la violence contre les Juifs », pouvait-on lire sur une pancarte arborant le logo du Movement Against Antizionism récemment créé. Un autre manifestant tenait un panneau sur lequel était écrit : « Si vous n’enseignez pas l’antisionisme à vos enfants, quelqu’un d’autre le fera ».

Des rangées de policiers assuraient la sécurité du périmètre du rassemblement. Le personnel de sécurité de la communauté juive, quant à lui, contrôlait les entrées. Si certains membres de la communauté juive avaient critiqué la police pour avoir autorisé la manifestation du mois dernier si près de la porte de la synagogue, la foule présente au rassemblement soutenait massivement la police de New York, applaudissant et remerciant les agents présents.

Alison Widawsky, venue de Long Island pour participer au rassemblement pour « apporter son soutien au peuple juif de New York », a rejoint sa sœur Jolie, qui habite dans l’Upper West Side de Manhattan.

« Nos grands-parents ont survécu à la Shoah. Nous savons donc ce qui peut arriver lorsque les gens ne se mobilisent pas », a affirmé Jolie Widawsky, récemment diplômée du Touro College de la ville. « Pour les jeunes de notre âge, il est facile de se sentir seul à soutenir Israël, même sur les campus universitaires. C’est même devenu honteux. Mais je suis fière de savoir que je ne suis pas seule. »

Pendant les entractes, entre les discours des différents dirigeants communautaires locaux, la star juive du reggae Matisyahu s’est produite devant des spectateurs luttant contre le froid, jouant notamment ses succès « One Day » et « Jerusalem ».

Matisyahu se produit devant la synagogue Park East à New York, le 4 décembre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Selon les organisateurs, 1 102 personnes ont participé à ce rassemblement d’une heure, citant un décompte effectué par la police new-yorkaise. Aucun contre-manifestant n’a été identifié.

Ce rassemblement a bénéficié du soutien de plusieurs groupes juifs, sous la bannière de l’UJA-Federation of New York.

Il s’est déroulé dans un climat d’inquiétude au sein de la communauté juive traditionnelle à l’égard du maire élu, Zohran Mamdani, militant d’extrême gauche anti-Israël qui devrait prendre ses fonctions le 1er janvier. Aucun des orateurs n’a cependant mentionné son nom.

Après la manifestation du mois dernier, Mamdani s’est prononcé contre elle, mais aussi contre la synagogue : « Ces lieux sacrés ne devraient pas être utilisés pour assurer la promotion d’activités qui violent le droit international », a-t-il affirmé.

Mamdani faisait ici référence aux implantations de Cisjordanie. Nefesh B’nefesh, le groupe qui organisait l’événement sur l’alyah à la synagogue, n’oriente pas les immigrants vers les implantations. Il fournit, sur son site web, des informations à ceux qui souhaitent s’installer dans les implantations de Cisjordanie. La réponse de Mamdani a donc provoqué la colère des dirigeants de la communauté juive.

Plusieurs Juifs modérés, toutefois, occupent des postes élevés au sein de la direction municipale et, à ce titre, endosseront le rôle de contrepoids face à Mamdani et à son administration. Il s’agit de la commissaire de la police de New York Jessica Tisch, de la nouvelle présidente du conseil municipal Julie Menin et du contrôleur élu, Mark Levine.

Le contrôleur élu de la ville de New York, Mark Levine, s’adresse à la foule devant la synagogue Park East, à New York, le 4 décembre 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Le contrôleur est considéré comme le deuxième poste le plus important au sein du gouvernement municipal. Chargé de superviser les finances de la ville, il sert de contrepoids au bureau du maire.

Lors du rassemblement, Levine a souligné : « L’objectif de ces manifestants n’est pas une question d’opinion ou de spéculation », citant l’un des leaders de la manifestation antisioniste qui avait déclaré à la foule : « Nous devons leur faire peur », en référence à l’événement qui se déroulait alors dans à la synagogue.

« Il s’agissait clairement d’une tentative d’intimidation et de menace à l’encontre des New-Yorkais juifs qui se rendaient à la synagogue », a affirmé Levine.

« Cette ville devrait être un endroit où personne n’est harcelé ni menacé aux motifs de son identité, de sa religion, du lieu où il pratique son culte ou du pays dont il est originaire ou vers lequel il pourrait émigrer », a ajouté Levine. « Cette ville devrait être un lieu où nous nous sentons tous en sécurité. C’est pour cela que nous nous battons. »

Pour conclure ce rassemblement, la chorale des enfants de la synagogue Park East a interprété par les hymnes nationaux américain, « The Star-Spangled Banner » et israélien, la Hatikvah (l’espérance). La foule s’est ensuite dispersée, passant les barricades de police, alors que les enfants regagnaient l’école de la synagogue.

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