Réactions après la décision de l’UE sur l’étiquetage des produits
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Réactions après la décision de l’UE sur l’étiquetage des produits

Yaalon estime que la décision est une « pure hypocrisie » ; la ministre de la Justice la qualifie d' « anti-Israël »

Les Palestiniens travaillent dans une usine Superdrink le 22 janvier 2015 au parc industriel de Atarot, en dehors de Jérusalem (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Les Palestiniens travaillent dans une usine Superdrink le 22 janvier 2015 au parc industriel de Atarot, en dehors de Jérusalem (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Le ministre de la Défense, Moshe Yaalon, a affirmé que la décision de l’UE d’étiqueter les produits fabriqués en dehors de la Ligne verte et dans le plateau du Golan est « une étape honteuse, récompensant le terrorisme ».

« Même si c’est ceci ou cela, l’Europe a un différend avec l’Etat d’Israël concernant le statut du territoire et son avenir, la décision d’étiqueter les produits est une pure hypocrisie », a-t-il ajouté.

La ministre adjoint aux Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, qui s’est rendue en Europe le mois dernier pour tenter d’empêcher la mise en œuvre de cette décision, a déclaré que « l’étiquetage des produits est un boycott ».

« L’Europe a aujourd’hui fait un pas discriminatoire et grave », a dénoncé la ministre adjointe aux Affaires étrangères.

Quant à la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, elle affirme que l’étiquetage des produits fabriqués dans les territoires pris en 1967, pointe du doigt Israël, et a décrit la décision comme étant « anti-Israël et anti-juive ».

« L’hypocrisie et la haine européenne contre Israël a franchi toutes les limites », a-t-elle dénoncé après l’annonce européenne.

Shaked a déclaré sur Israel Radio que le gouvernement envisageait de contester la décision.

« Nous allons étudier la décision une fois que les détails seront publiés et nous allons nous prononcer sur la réponse appropriée à apporter », a-t-elle précisé. « Nous allons envisager des mesures juridiques, si nécessaire ».

Michael Oren, député Koulanou, a déclaré que la décision européenne d’étiqueter les produits « témoigne seulement de son caractère antisémite. »

« J’appelle les marchands israéliens à étiqueter les produits fabriqués en Europe », a-t-il dit. « Le peuple israélien n’a pas à acheter des produits en provenance de pays qui encouragent l’antisémitisme et les préjugés. »

Michael Oren (Koulanou) montre une étiquette 'Made in Europe' qu'il avait préparée il y a quelques semaines en réponse à la décision européenne visant à étiqueter les produits fabriqués dans les implantations. (Autorisation)
Michael Oren (Koulanou) montre une étiquette ‘Made in Europe’ qu’il avait préparée il y a quelques semaines en réponse à la décision européenne visant à étiqueter les produits fabriqués dans les implantations. (Autorisation)

Issawi Freij, député arabe israélien du Meretz se félicite de la décision d’étiqueter les produits des implantations, affirmant qu’elles « sont un fardeau douloureux que le marché israélien a été contraint de porter, comme un bossu avec sa bosse ».

La décision « peut aider les clients européens qui ne veulent pas boycotter Israël – mais en même temps ne veulent pas financer l’occupation – pour acheter des produits fabriqués en Israël sans se soucier de financer ainsi les colonies et l’occupation. Ceci est une décision qui crée une différence entre le boycott d’Israël et celui de l’occupation, d’où sa grande importance ».

« L’étiquetage des produits des implantations par l’UE est un pas dans la bonne direction, mais reste insuffisante : les crimes de guerre doivent être interdits pas uniquement étiquetés, » ont déclaré les Palestiniens.

L’ONG la Paix Maintenant a, elle aussi, réagi à la décision européenne dans un communiqué, estimant que la décision européenne sur l’étiquetage des produits des implantations était « légitime ».

« L’étiquetage des produits n’est pas un boycott contre Israël et n’est pas du ressort du BDS [boycott, désinvestissement et sanctions], mais une manœuvre légitime destinée à séparer les produits des implantations des produits bleus et blancs », a affirmé l’ONG.

Le député Issawi Freij expulsé d'un débat sur l'organisation anti-assimilation "Lehava" lors d'une réunion de la commission des Affaires intérieures au parlement israélien, le 10 novembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / FLASH90)
Le député Issawi Freij expulsé d’un débat sur l’organisation anti-assimilation « Lehava » lors d’une réunion de la commission des Affaires intérieures au parlement israélien, le 10 novembre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / FLASH90)

L’Union européenne a, elle aussi, apporté des précisions sur sa décision dénoncée en Israël.

Le feu vert donnée par Bruxelles à la mise en oeuvre de l’étiquetage des produits originaires des implantations israéliennes dans les Territoires palestiniens est une mesure « technique », pas « politique », a affirmé mercredi la Commission européenne.

« C’est une question technique, pas une prise de position politique », a insisté le vice-président de l’exécutif européen Valdis Dombrovskis lors d’un point presse, rappelant que l’UE ne soutenait « aucune forme de boycott ou de sanctions contre Israël ».

Dans un communiqué, le Comité national palestinien pour le BDS s’est réjoui de la décision « qui montre que les gouvernements européens réagissent à l’opinion publique, aux campagnes de la société civile comme à l’intransigeance israélienne, et deviennent plus enclins à engager certaines actions élémentaires contre les violations par Israël du droit international ».

« Cela dit, mettre en place quelques étiquettes sur un petit nombre de produits israéliens n’est pas une réponse à la mesure des crimes de guerre israéliens continus », a souligné Mahmoud Nawajaa, le coordinateur général du BDS palestinien.

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