Reconstruction de Gaza : Washington prévoit une réunion du Conseil de paix le 19 février

Selon des diplomates, 26 pays ont été invités à cette réunion, qui coïncide avec la visite de Netanyahu à Washington ; des doutes persistent s'agissant du désarmement du Hamas

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif (3ᵉ à gauche), la présidente du Kosovo Vjosa Osmani (au centre à droite) et le président argentin Javier Milei (à droite) applaudissant tandis que le président américain Donald Trump (au centre) signe la Charte fondatrice du Conseil de Paix pendant la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), à Davos, le 22 janvier 2026. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

Les États-Unis prévoient d’organiser la première réunion de travail du Conseil de la paix en date du 19 février, une réunion qui aura lieu à Washington, ont expliqué samedi deux diplomates arabes au Times of Israel.

Les États-Unis ont envoyé vendredi après-midi des invitations aux 26 autres pays représentés au sein du panel, ont précisé les diplomates, confirmant ainsi une information qui avait été diffusée sur le site d’information Axios.

Une date qui a été fixée pour coïncider avec le début du mois sacré du ramadan – ce qui pourrait compliquer les projets des leaders du monde musulman qui souhaiteraient y assister.

Les États-Unis ont organisé une cérémonie de signature pour le Conseil de paix en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le mois dernier.

Mais alors que plusieurs dizaines de pays avaient été invités, moins d’une vingtaine de nations ont pris part à la cérémonie en raison du malaise suscité par la charte du Conseil, qui considère cette initiative comme un moyen de supplanter les Nations unies. Le différend entre Washington et les pays occidentaux au sujet du Groenland a aussi découragé certains États de venir.

Les responsables américains ont cherché à rassurer leurs alliés en leur affirmant que le Conseil de paix ne s’occuperait dans un premier temps que de Gaza, conformément à une résolution qui a été adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies et qui lui a confié le mandat de superviser l’administration de la bande au cours des deux prochaines années.

Des enfants passent devant des tentes et des abris de fortune dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 3 février 2026. (Crédit : Eyad BABA / AFP)

La conférence du 19 février servira à collecter des fonds pour cette initiative, qui nécessitera au moins plusieurs milliards de dollars pour voir le jour.

Il est difficile de dire quel sera le niveau d’adhésion à cette initiative, de nombreux pays hésitant à s’engager – sceptiques s’agissant de la volonté réelle du Hamas de désarmer et de celle d’Israël d’accepter un nouveau retrait de la bande de Gaza.

Si les médiateurs du conflit au Moyen-Orient – l’Égypte, le Qatar et la Turquie – discutent depuis des mois avec le Hamas de plans potentiels de désarmement, aucune proposition officielle n’a été présentée au groupe terroriste.

Les médiateurs envisagent un processus de désarmement progressif qui commencerait par les armes lourdes et qui offrirait des emplois ou de l’argent à ceux qui accepteraient de rendre leurs armes, en plus d’une amnistie, dans le cadre d’un processus qui prendrait probablement plusieurs mois.

Israël est peu susceptible de soutenir ce processus plus long, a estimé l’un des diplomates arabes.

Nickolay Mladenov, Haut Représentant pour Gaza, s’exprimant lors de la réunion du « Conseil de Paix » pendant la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, le 22 janvier 2026. Le président américain Donald Trump présentera son nouveau « Conseil de Paix », à Davos, le 22 janvier 2026. (Crédit : Fabrice Coffrini/AFP)

De plus, le Comité national pour l’administration de Gaza, qui est censé remplacer le Hamas dans la gouvernance de l’enclave, n’est toujours pas entré en son sein depuis sa création le mois dernier.

L’envoyé du Conseil de la paix à Gaza, s’est efforcé de mettre en place un ensemble de mesures visant à améliorer la situation humanitaire à Gaza et à donner au comité national les moyens d’entrer dans la bande de Gaza avec une certaine légitimité, ont expliqué les diplomates arabes.

Toutefois, il a eu du mal à convaincre le gouvernement israélien de coopérer, Jérusalem insistant pour que seule l’aide vitale soit autorisée dans les zones où le Hamas est toujours présent. La quasi-totalité des 2 millions d’habitants de Gaza vit dans ces zones.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit se rendre à Washington du 18 au 22 février, un voyage qui coïncidera avec la réunion prévue du Conseil de la paix.

Le président américain Donald Trump (à droite) serrant la main du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe, à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (Crédit : Alex Brandon/AP)

Il n’a pas pu assister à la cérémonie de signature à Davos en raison du mandat d’arrêt international dont il fait l’objet.

Alors que Netanyahu a exprimé son opposition à l’inclusion par l’administration Trump du Qatar et de la Turquie au sein du conseil d’administration du Conseil de a paix pour Gaza, les diplomates arabes ont émis l’hypothèse qu’il n’aura d’autre choix que d’assister à la réunion de Washington, car ne pas le faire alors qu’il se trouve là-bas serait considéré comme un camouflet pour le président américain.

Le président américain Donald Trump et Netanyahu doivent se rencontrer à la Maison Blanche la veille de la réunion du Conseil de paix, a déclaré l’un des diplomates arabes au courant de l’organisation.

read more: