Regev-Yochay: « Les experts ont peur de parler des vaccins en raison de menaces »
'Les menaces proférées à l'encontre de Sharon Alroy-Preis sont préoccupantes', a déclaré la directrice de l'unité d'épidémiologie des maladies infectieuses de l'hôpital Sheba
De nombreux experts de la santé ont peur de donner des interviews aux médias au sujet des vaccins COVID-19 en raison des menaces concrètes posées par les militants antivaccin, a déclaré dimanche une responsable du plus grand hôpital d’Israël.
Les commentaires de la professeure Gili Regev-Yochay, directrice de l’unité d’épidémiologie des maladies infectieuses de l’hôpital Sheba, intervenaient après que la directrice des services de santé publique du ministère de la Santé, Sharon Alroy-Preis, a reçu une protection rapprochée en raison de multiples menaces de mort.
« Les menaces proférées à l’encontre de Sharon Alroy-Preis sont préoccupantes », a déclaré Mme Regev-Yochay au site d’information Ynet.
« Cela commence par de l’incitation et ça se termine bien pire. Nous avons déjà eu un Premier ministre qui a été assassiné », dit-elle, en faisant référence à l’assassinat d’Yitzhak Rabin en 1995 par un extrémiste de droite.
« Il y a des gens qui ne veulent pas aller parler aux médias de la vaccination des enfants ou en général, par peur », dit-elle, alors que le pays va commencer à vacciner les enfants âgés de 5 à 11 ans dans les prochaines semaines. « Il y a des gens qui n’expriment pas leurs opinions, et c’est une honte ».
Regev-Yochay dit qu’elle aussi a reçu « des malédictions et des moqueries ».
« On me traite de nazie, d’empoisonneuse d’enfants, ce genre de choses, principalement autour des vaccins. Ce n’est pas comparable à ce que vit Sharon. Je pense que c’est choquant et que cela ne peut pas rester sans réponse ».
Par ailleurs, le tribunal de première instance de Tel Aviv a rejeté une plainte pour diffamation déposée par un groupe de médecins contre un haut fonctionnaire du ministère de la Santé qui les avait traités de « négationnistes du coronavirus ».
La plainte portait sur un commentaire de Sharon Alroy-Preis à l’encontre d’un groupe de médecins appelé le Conseil d’urgence public israélien pour la crise du Covid-19, qui a dénoncé avec véhémence la politique d’imposition de restrictions et dont les publications ont gagné la faveur des militants anti-vaccination.
Le tribunal a rejeté l’action en justice d’un montant de 150 000 shekels, mais a exprimé l’espoir que « le discours entre les professionnels chargés de lutter contre la pandémie de COVID-19 sera professionnel, respectueux et pertinent ».