Réunion ministérielle sur Parcoursup : boycott d’organisations étudiantes à cause de la présence de l’UNI

'C'est un guet-apens', l'UNI est une organisation 'antisémite', 'fasciste', a lancé Ryad Rani, représentant de l'Union syndicale lycéenne

Le ministre français chargé de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, à l'occasion du lancement d'un programme de recherche sur l'antisémitisme dans les établissements d'enseignement supérieur, le 29 avril 2025. (Crédit : X / Philippe Baptiste / utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Plusieurs organisations étudiantes ont boycotté mercredi la concertation organisée au ministère de l’Enseignement supérieur sur Parcoursup en raison de la présence d’un élu du syndicat UNI, qualifiant cette organisation d’ « antisémite » et de « fasciste », ont constaté des journalistes de l’AFP.

Le délégué national de l’UNI, Rubens Strachan, a lui rejeté auprès de la presse ces accusations d’antisémitisme, des « aberrations », et qualifié son organisation de « gaulliste ».

« C’est un guet-apens », l’UNI est une organisation « antisémite », « fasciste », a lancé Ryad Rani, représentant de l’Union syndicale lycéenne (USL), après le discours d’introduction de cette « concertation flash » du ministre Philippe Baptiste.

« Notre départ » est dû à la présence de « l’UNI qui a attaqué certains de nos militants », « qui fait des saluts nazis dans nos universités », a affirmé Suzanne Nijdam, présidente de la première organisation étudiante La Fage.

Tous ont réitéré leur demande d’être reçus par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Manon Moret, de l’Unef, a estimé une nouvelle fois que le gouvernement n’avait « rien compris de ce qui se passe dans ce pays ».

La porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, a appelé à rejoindre « massivement » la manifestation samedi à Paris et la grève le 5 novembre et réclamé à nouveau la mise en place de 10 mesures, évaluées à 10 milliards d’euros, dont l’abrogation de la sélection viar Parcoursup.

« Ils sont venus porter leurs idées d’extrême gauche », a fustigé M. Strachan dans la cour du ministère, pendant que les autres organisations criaient « siamo tutti antifascisti ».

Toutes ces organisations étudiantes ont des élus au Cneser, instance consultative du ministère de l’Enseignement supérieur.

« On a des syndicats étudiants qui sont représentatifs. L’UNI en fait partie. Il n’y a aucun jugement sur la pertinence des positions de l’UNI de la part du ministère », a réagi auprès de la presse Philippe Baptiste, refusant de classer politiquement l’UNI.

La réunion, présentée comme une « plénière » d’ouverture de la concertation sur Parcoursup par le ministère, s’est poursuivie avec des représentants d’organisations syndicales (Unsa, Snalc, CFDT entre autres), des représentants d’établissements de l’enseignement supérieur, des conseils régionaux et des parents.

Philippe Baptiste les a invités à travailler sur la « transparence », la « lisibilité » de Parcoursup, ainsi que sur la création de places dans les universités, notamment en Ile-de-France pour les bacheliers professionnels et technologiques, et leur a demandé d’indiquer pour chaque mesure à quelle échéance elle serait réalisable.

Il souhaite des mesures « concrètes », « hiérarchisées ». Quant à la suppression du lycée d’origine dans les candidatures, il a souligné « la complexité » d’une telle mesure.

Les trois groupes de travail devraient se réunir pendant « une dizaine de jours », selon le ministre.

« Notre question, c’est comment on améliore tout ce qu’il y a autour de Parcoursup », a rappelé à l’issue de la réunion Gilles Roussel, ancien président d’université, qui préside cette concertation. « On doit essayer de faire des propositions pour la campagne à venir ».

La prochaine campagne de Parcoursup ouvre en novembre et les premiers voeux pourront être formulés début 2027.

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