Réunion prévue entre l’Iran, l’Arabie, la Turquie et le Pakistan à Téhéran
L'Iran affirme que la réunion de l'Accord de La Mecque, qui se tiendra à Téhéran, portera sur 'l'expansionnisme sioniste'
De hauts responsables saoudiens, turcs et pakistanais, dont les pays sont liés par un accord de défense commune, doivent se rendre lundi à Téhéran pour des entretiens sur la sécurité régionale, ont indiqué des responsables iranien et saoudien.
« Le ministre saoudien de la Défense, Khalid ben Salmane, le commandant de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, et le directeur des services de renseignement turcs, Ibrahim Kalin, participeront à cette réunion », a déclaré à la télévision d’État un adjoint au secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Bagheri.
Le vice-ministre saoudien chargé de la diplomatie publique, Rayed Krimly, a confirmé que le ministre de la Défense du royaume se rendrait lundi à Téhéran à la tête d’une délégation.
« Cette visite s’inscrit dans le cadre des efforts constants déployés par les pays signataires de l’accord de défense commune de La Mecque en faveur d’une désescalade entre les parties impliquées dans la crise actuelle », a-t-il écrit sur le réseau social X.
Selon le ministère saoudien des Affaires étrangères, le ministre de la Défense, le chef des services de renseignement turcs et le chef d’état-major pakistanais rencontreront à Téhéran le président iranien Massoud Pezeshkian ainsi que Mohsen Rezaei, président du Conseil de sécurité nationale.
Cette réunion, a déclaré l’Arabie saoudite, vise à « apaiser les tensions entre les parties à la crise actuelle et à encourager le dialogue et les solutions diplomatiques ».
L’ordre du jour de la réunion de lundi n’a pas encore été fixé, a indiqué Esmaïl Baghaei, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, mais « parmi les questions les plus importantes qui menacent notre sécurité régionale figurent l’expansionnisme du régime sioniste, l’évolution de la situation en Palestine occupée et dans la région environnante, ainsi que le Liban ».
L’un des thèmes les plus importants de la réunion sera « l’agression militaire américaine et celle du régime sioniste, ainsi que leurs conséquences pour la sécurité de toute la région », a déclaré Baghaei.
Il a ajouté que « le simple fait que les pays de la région cherchent à mettre en place, ou du moins à trouver, des mécanismes de sécurité rationnels fondés sur leurs propres intérêts et préoccupations est une chose positive ».
Cette rencontre intervient alors qu’Israël et les États-Unis ont multiplié les menaces contre la République islamique et que les négociations entre Téhéran et Washington sont dans l’impasse.
« La réunion quadripartite à Téhéran pourrait constituer une étape importante et efficace dans la construction d’une sécurité régionale durable, et nous espérons que cette initiative contribuera à l’édification d’une région stable », a ajouté Bagheri.
Il a précisé que le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, y représenterait l’Iran.
La guerre au Moyen-Orient a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington.
Un cessez-le-feu en avril a mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d’accord en vue de mettre définitivement fin au conflit a été conclu en juin, mais a volé en éclats en juillet.
Ces derniers jours, les attaques contre des navires se sont multipliées dans le détroit d’Ormuz, désormais au cœur du conflit entre Téhéran et Washington.
L’Iran revendique le contrôle de cette voie maritime stratégique, par laquelle transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant la guerre. Washington impose en retour un blocus des ports iraniens.
En l’absence d’une solution diplomatique, le conflit s’est étendu à l’ensemble de la région, notamment au Yémen, où l’Arabie saoudite et le groupe terroriste chiite yéménite des Houthis, soutenu par la République islamique d’Iran, s’affrontent.